L'un des deux grands objectifs de la petite filiale en France du géant chinois du commerce en ligne Alibaba est de développer son système de paiement par téléphone portable Alipay, a souligné vendredi son responsable Sébastien Badault.

Les touristes chinois ne peuvent payer avec leur cartes de crédit en France et sont contraints de circuler avec de grandes quantités de cash, ce qui fait d'eux des cibles privilégiées des voleurs et braqueurs.

Alibaba veut leur permettre de faire leurs achats avec son application de paiement Alipay par téléphone portable, déjà utilisée par 500 millions de personnes en Chine, a expliqué M. Badault sur Radio Classique. "L'idée à terme, c'est de leur permettre que Paris ou n'importe quelle ville de France soient des villes +cashless+", pour que les touristes chinois "puissent aller dans n'importe quel supermarché, dans n'importe quel centre commercial, et payer avec Alipay", a déclaré M. Badault.

Le rôle de la petite filiale française (une quinzaine de salariés) est aussi de convaincre des entreprises françaises de vendre leurs produits en Chine via sa plateforme de vente en ligne, a indiqué M. Badault. Mais Alibaba ne se voit pas concurrencer Amazon ou les autres sites de vente en ligne sur le marché français.

"On ne va pas aller concurrencer Amazon aux Etats-Unis ou en France, on préfère aller attaquer des pays (en) Asie du Sud-Est ou l'Inde", a-t-il dit. "Ce que nous savons faire, c'est travailler sur les pays en voie de développement", a-t-il dit. "Allons là où on est fort, on verra ensuite comment les choses évolueront".

Le chiffre d'affaires du groupe chinois, coté à la Bourse de New York, s'est envolé de 56 pour cent à 50,18 milliards de yuans (7,4 milliards de dollars) d'avril à juin 2017, premier trimestre de son exercice décalé.

Le groupe anticipe une hausse de 45 à 49 pour cent de ses ventes sur l'exercice en cours. (AFP)

 

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