Burberry déçoit. L'enseigne de luxe britannique a publié ces derniers jours son rapport d’activité pour la période de 13 semaines écoulées. Ce rapport fait état de ventes au détail de 479 millions de livres, contre 478 millions l’année derniere à la même période. A taux de change courant, c’est une évolution quasi-nulle : un ralentissement du rythme de la hausse des ventes d’une année à l’autre qui a entrainé une chute du titre en bourse ; les ventes étaient pourtant conformes aux prévisions mais les investisseurs espéraient mieux. La morosité des ventes devrait perdurer dans les deux ans qui viennent, le temps que l’enseigne réussisse sa refonte des boutiques et son repositionnement vers le très haut de gamme avec son nouveau directeur de la création Riccardo Tisci.

L’enseigne est également sous le feu des critiques en ce qui concerne sa gestion des invendus. La valeur de ces invendus a augmenté de 50 pour cent en seulement de deux, et sextuplé depuis 2013. Dans son rapport annuel, la maison de luxe indique avoir détruit en 2017 des produits d’une valeur totale de 31 millions d’euros – dont 11 millions de cosmétiques et de parfums - au nom de la protection de la marque. Cette destruction équivaut à la disparition de 20000 trenchs de la marque. La presse britannique affirme que plus de 100 millions d’euros de produits Burberry ont été détruits au cours des cinq dernières années.

Une gestion des invendus qui suscite des critiques

Burberry justifie ces destructions en mettant en avant la protection de la marque. Cette pratique est en effet relativement répandue. L’enseigne H&M a essuyé les mêmes critiques quelques semaines auparavant apres avoir admis la destruction par le feu de 60 tonnes d’habits depuis 2013, soit douze tonnes de vêtements par an.

Les marques de luxe et les enseignes de fast fashion ont les mêmes méthodes mais déploient des arguments différents. H&M a répondu aux critiques en indiquant que le fait de bruler les vétements constituaient « un absolu recours », Burberry clame de son coté que ces destructions sont plus efficaces dans la lutte de la protection intellectuelle que l’action qui consisterait à écouler le stock à bas prix.

Ces arguments n’ont pas convaincu tout le monde. Ainsi, lors d’une assemblée nationale, un des actionnaires aurait demandé pourquoi les invendus n’ étaient pas tout simplement offerts aux investisseurs privés de la société. Le porte parole sur l’environnement du parti d’opposition des Libéraux démocrates a quant à lui estimé que le recyclage serait une bien meilleure pratique pour l’environnement. Le groupe britannique, par la voix de son porte-parole, assure cependant travailler de manière responsable notamment en ce qui concerne la récupération de l’énergie, la réduction et la revalorisation des déchets.