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D’après l’Oxfam, les riches ont tiré profit de la Pandémie

By Herve Dewintre

25 janv. 2021

Business

Parfois critiquée pour son manque de transparence et pour ses prises de parole orientées politiquement (notamment pour ses liens avec le gouvernement britannique travailliste), parfois pointée du doigt pour sa culture de l’impunité (l’association a couvert des délits graves - parfois même des crimes - de ses membres, notamment à Haïti et en Afrique), parfois blâmée pour son imprécision, son racolage et ses partis pris, il n’en reste pas moins vrai que les prises de parole de l’Oxfam – vaste ONG confédérant 20 organisations caritatives à travers le monde – sont toujours très écoutées.

Il faut dire que cette entité (fondée en Angleterre en 1942 pour agir contre la famine causée par le blocus anglais contre l’occupation nazie en Grèce) a le sens de la formule. En 2017, l’ONG, financée en partie par l’Union Européenne, avait déclaré que les huit hommes les plus riches détiennent autant de richesses que les 3,7 milliards de personnes les plus pauvres ; en 2015 surtout, l’organisation avait clamé que les 1 pour cent des plus riches détenaient autant de richesse que les 99 pour cent restant. Pourtant démentie par des économistes qui affirment que les calculs effectués par l’Oxfam étaient incorrects, cette affirmation spectaculaire est néanmoins restée dans les esprits.

Les milliardaires français tirent leur épingle du jeu

Dans son rapport annuel sur les inégalités publié ce lundi, à l'occasion de l'ouverture - en ligne - du Forum économique mondial de Davos, l’ONG martèle de nouveau des conclusions qui ne passeront pas inaperçues : s’appuyant sur les données de Forbes et du Crédit Suisse, l’Oxfam prétend que les personnes les plus riches de la planète sont non seulement sorties indemnes de la pandémie, mais qu’elles en ont aussi tiré profit. L’organisation non gouvernementale précise également que les milliardaires français, au premier plan desquels figurent Bernard Arnault, président du puissant groupe de luxe LVMH, ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu : ils auraient gagné près de 175 milliards d’euros entre le 18 mars et le 31 décembre dernier, dépassant ainsi leur niveau de richesse d’avant la crise. C'est la troisième plus forte progression, après les États-Unis et la Chine. Sur cette même période, les 1000 personnes les plus riches de la planète se seraient enrichies de 3 900 milliards de dollars. Sans surprise, l’Oxfam propose de taxer ces richesses, sous la forme d’une augmentation de l’impôt sur la fortune, de taxes sur les transactions financières accolées à des mesures d’éradication de l’évasion fiscale.

Ces affirmations seront renforcées par un autre constat, fourni celui-ci par l’OMS : l’organisation mondiale de la santé s’est inquiétée ce lundi du fossé vaccinal qui se serait creusé entre les riches et les pauvres. À l'occasion de sa conférence de presse bihebdomadaire, le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, citant une nouvelle étude de la Chambre de commerce internationale, a affirmé que le nationalisme vaccinal pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 9 200 milliards de dollars. Près de la moitié de ce montant serait perdu pour les pays riches. « Au moment où nous parlons, les pays riches déploient des vaccins tandis que les pays les moins développés du monde regardent et attendent. Chaque jour qui passe, le fossé se creuse entre les nantis et les démunis » déclare le chef de l’OMS qui conclut : « Tant que nous n'aurons pas mis fin à la pandémie partout, nous n'y mettrons pas fin».

Credit: Gucci