En faillite, Zac Posen licencie l’ensemble de ses salariés

La mode n’est pas un long fleuve tranquille, et Zac Posen, créateur chéri de la mode des années 2000 l’a appris cette semaine à ses dépens. House of Z, société du label éponyme du créateur prodige, a indiqué dans un communiqué publié ce vendredi 1er novembre, que l’entreprise cessait définitivement toutes ses activités tout en procédant à une cession de ses actifs. Le site de la marque a d’ores et déjà été désactivé. Zac Posen a informé lui-même l’ensemble de ses collaborateurs - 60 personnes dont les artisans de son atelier newyorkais – de leur mise au chômage immédiate.

Pas de repreneurs

House of Z, soutenu par la société de capital-risque Yucaipa Cos. cherchait un partenaire financier depuis plusieurs mois. Depuis le mois d’avril, la société de private equity fondé en 1986 par le milliardaire américain Ron Brukle et spécialisé dans les fusions acquisitions (notamment dans le domaine des chaines de supermarchés et de restaurations rapides) cherchait à vendre sa participation dans le label de mode. Aucun repreneur sérieux ne s’est manifesté.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre : suite à un examen stratégique et financier approfondi de l’entreprise de Zac Posen, le conseil de gérance s’est déclaré officiellement déçu du résultat. Le couperet est tombé, House of Z doit cesser ses activités. Cela concerne l’ensemble des collections pilotés par Zac Posen : celles de sa ligne principale mais aussi celles conçues en partenariat avec Brook Brothers, avec Delta Airlines et GE. Le créateur concevait 14 collections par an.

Une ascension rapide, une débâcle fulgurante

L’ascension de Zac Posen fut rapide. Son premier défilé en 2001 valut au jeune homme qui n’avait alors que 21 ans l’intérêt des grands groupes de luxe. Yves Carcelle, président de LVMH Fashion Group, Sidney Toledano, CEO de Christian Dior S.A., et Dominico De Sole, président et CEO de Gucci Group lui firent les yeux doux. Tres connecté au reseau mondain et artistique de Manhattan, soutenu par Naomi Campbell, le jeune créateur cumule les prix et les amitiés. Nathalie Portman, Rihanna, Beyonce, Jennifer Lopez, Cameron Diaz, raffole de ses créations. La décennie lui appartient.

2012 marque un tournant décisif – et peut-être fatal - dans la carrière du créateur qui se met dès lors à conjuguer mode et divertissement. Juge dans l’émission Project Runway pendant six saisons, il devint alors une figure populaire de la télévision tout en activant dans le même temps plusieurs partenariats fructueux avec diverses enseignes dont Brooks Brothers. Devenue peu lisible, la marque de l’ancien cheri des tapis rouges, tout en gagnant en popularité, ne séduit plus les afficionados de mode haut de gamme. Aujourd’hui âgé de 39 ans, le créateur déclare sa profonde tristesse de devoir clore une épopée qui aura duré presque 20 ans et invoque pour justifier cette débâcle, les temps difficiles auxquels sont confrontés les créateurs de mode. Parmi ces difficultés, figure la fermeture de Barneys New York. Néanmoins, le créateur promet de rebondir et de mettre le temps de ce recul forcé à profit pour refonder « une nouvelle communauté ».

Crédit photo : White One - by Xavi Menos

 

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