Flop des soldes d’été: «les soldes, ca ne sert plus à rien»

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les foules ne se pressent pas en boutique pour profiter des soldes d’été qui ont débuté le mercredi 27 juin dans la plupart des régions françaises et qui s’achèveront mardi 7 aout (sauf dans les départements frontaliers et les territoires d’outre-mer). “Le sentiment général, c’est que ce n’est pas génial” confie à l’AFP Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, la Fédération du commerce spécialisé, qui regroupe 260 enseignes. Malgré un taux de démarque en hausse, le panier moyen est à la baisse.

Evidemment, on peut toujours blâmer d’exceptionnelles circonstances extérieures: le foot, la chaleur etc. C’est d’ailleurs l’enseignement d’une étude de la chambre de commerce et d’industrie de Gironde qui pointe du doigt la météo instable, les orages, la coupe du monde de Football. Mais au fond, personne ne croit vraiment à la pertinence de ces explications. D’une part, parce que le e-commerce est aussi touché: si les grosses chaleurs était vraiment en cause, cela n’expliquerait pas le fait que les consommateurs se soient aussi détournés des sites internet. Le mondial? Certes, le match France-Argentine se déroulait pendant le premier samedi des soldes, mais un match même important, ne dure pas 24 heures et n’empêche pas les internautes de se connecter sur leurs sites préférés pour profiter des réductions proposés. Non, ces raisons, on le sent bien, ne tiennent pas la route. La vérité, crue et nue, c’est que les soldes d’été ne font tout simplement plus recette. Un phénomène à long terme, qui devrait s’accentuer. Le chiffre d'affaires s'annonce d’ores et déjà inférieur à celui de 2017.

Paris remercie les touristes, la province se lamente

Les soldes ne représentent plus un moment privilégié durant lequel les consommateurs peuvent réellement faire de bonnes affaires. Les remises commerciales sont pratiquées en flux continu. Il n’est pas rare que des ventes privées soient organisées juste avant les soldes, que ce soit dans les points de vente physique ou dématérialisée. Les consommateurs sont sollicités toute l’année. Céline Choain, spécialiste du secteur mode et distribution au sein du cabinet Kea & Partners, interrogée par BFM TV n’y va pas par quatre chemins : "les consommateurs sont perdus, ils ont l'impression de vivre des soldes permanents et considèrent que des rabais à -20 pour cent n'en sont plus: c'est presque devenu un fait acquis d'acheter avec de la décote".

Cette déroute n’est pas générale. Les grands magasins parisiens, boostés par la clientèle générale, s’en sortent bien. En province, ce n’est pas exactement la même musique : "Six commerçants sur 10 enregistrent une baisse de la fréquentation de leur boutique par rapport à l'année dernière, et 50 pour cent des commerçants déclarent un chiffre d'affaires inférieur ou très inférieur à celui des soldes d’été » affirme la CCI de Gironde. A Biarritz, les commerçants interrogés par France Bleu font part de leur dépit : il y a du monde dans les rues, mais personne en boutique : « les soldes, "ça ne sert plus à rien, résume une commerçante. Entre les promotions, internet, et les braderies, les soldes n'ont plus vraiment de sens, et n'attirent plus les clients ». L’année prochaine, sur décision gouvernementale, la durée des soldes va diminuer. Elles dureront quatre semaines au lieu de six actuellement. Cela suffira-t’il à changer les choses ? Rien n’est moins certain.

Crédit photo: galerieslafayette.com

 

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