Hermès a cumulé les records en 2016 mais reste prudent pour 2017

Ventes, bénéfice, marge: le groupe de luxe Hermès a cumulé les records en 2016 mais préfère jouer la prudence pour l'exercice en cours en raison d'un contexte qu'il juge toujours "très incertain".

Le sellier-maroquinier du Faubourg Saint-Honoré a annoncé mercredi avoir franchi pour la première fois le cap du milliard d'euros de bénéfice net, et a fait état d'une rentabilité opérationnelle à "son plus haut niveau historique". "Nous étions forcément prudents sur cette année qui s'est passée presque mieux qu'on ne l'aurait pensé. Notre politique de changes nous a aidés", a résumé le président Axel Dumas.

Le groupe avait déjà annoncé début février des ventes annuelles record à 5,2 milliards d'euros (+7,4 pour cent de progression organique sur un an), portées par l'activité phare du groupe, la Maroquinerie et la Sellerie, qui a contribué pour moitié au chiffre d'affaires total. Aux côtés des modèles emblématiques Birkin et Kelly, les sacs Constance, Halzan et Lindy ont remporté un franc succès, ces lignes ayant pu être produites "à un rythme soutenu" par les quinze manufactures françaises qui fournissent la totalité de la maroquinerie maison.

"Près de 600 personnes ont été recrutées l'an dernier, essentiellement dans la production et la vente, dont plus de 400 en France", a tenu à souligner le dirigeant du groupe qui comptait un total de 12.834 salariés à fin décembre, dont 7.881 dans l'Hexagone. En 2016, toutes les zones géographiques ont été en croissance. Le résultat opérationnel courant a progressé de 10 pour cent pour atteindre 1,69 milliard d'euros, pour une marge opérationnelle qui s'est établie à 32,6 pour cent - soit conforme aux prévisions du groupe qui avait annoncé qu'elle serait "légèrement supérieure à celle de 2015", soit 31,8 pour cent.

Ambitieux mais prudents

A la Bourse de Paris, le titre Hermès perdait 0,69 pour cent à 10H10 (9H10 GMT) à 425,50 euros, dans un marché en repli de 0,78 pour cent. Pour le CM-CIC, Hermès "reste en capacité de surperformer durablement un marché du luxe en accélération notable depuis le deuxième semestre 2016. Nous attendons +9 pour cent de croissance des ventes en 2017, et l'équilibre des métiers devrait être meilleur qu'en 2016", selon l'analyse publiée mercredi matin.

Derrière la Maroquinerie, les autres divisions du groupe ont effet connu des sorts divers l'an dernier: les Vêtements et Accessoires ont terminé l'année sur un petit +0,2 pour cent, tandis que les Soies et Textiles se sont repliées de 0,8 pour cent, pénalisées par les suites des attentats en Europe, mais aussi le ralentissement des ventes en Grande Chine au premier semestre. Les Parfums ont vu pour leur part leurs ventes progresser de 8,5 pour cent, mais l'Horlogerie affiche un recul de 3,2 pour cent en raison d'"un marché toujours difficile et une base de comparaison élevée en fin d'année". Concernant 2017, Hermès ne fournit pas de perspectives chiffrées mais confirme "à moyen terme, malgré les incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires, son objectif de progression de chiffre d'affaires à taux constants ambitieux".

Le groupe "entre en 2017 avec une base solide", mais il reste "prudent face aux incertitudes globales qui nous entourent et au monde très incertain", a résumé Axel Dumas. Il a ajouté que l'objectif d'Hermès était de "rester dans cette continuité de stratégie, de valeurs et de prudence: on reste prudents mais nos objectifs de ventes sont ambitieux par rapport au marché", a souligné M. Dumas. (AFP)

Photo: Hermes Facebook

 

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