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Les détaillants de chaussure en danger? La ville de Soissons montre l’exemple

By Herve Dewintre

4 avr. 2019

Business

Le conseil national du cuir est une confédération qui regroupe 20 entités -fédérations ou syndicats professionnels - depuis l’élevage jusqu’à la distribution des produits finis. Cette confédération anime l’ensemble de la Filière Française du Cuir qui représente 9400 entreprises aux savoir-faire souvent exceptionnels, maitrisés et reconnus à l’international. Ces entreprises enregistrent 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 10,6 milliards d’euros à l’export et salarient 130000 personnes réparties entre la tannerie-mégisserie, la chaussure, la maroquinerie, la ganterie, et la distribution d’articles de cuirs.

Une part importante de cette industrie est en danger: elle concerne les détaillants en chaussures. C’est du moins le message qu’a tenu à faire passer le CNC lors des dixièmes rencontres du cuir qui se sont déroulées à Soissons le 29 mars dernier. Dans un communiqué, la confédération interpelle les pouvoirs publics pour leur signaler les difficultés croissantes auxquelles sont en proie ces acteurs déterminants de la revitalisation des centres villes. Ces détaillants en chaussures représentent plus de 4000 entreprises, 5350 magasins, 145000 personnes salariées. Une écrasante majorité des détaillants en chaussures (87 pour cent plus précisément) exercent leur activité́ au cœur des communes.

« Depuis une dizaine d’année, tous subissent de plein fouet la désertification des centres villes, indique le CNC dans un communiqué. Ainsi, les détaillants en chaussures ont enregistré une baisse annuelle moyenne de l’ordre de 5 pour cent de la fréquentation de leurs points de vente pendant les dernières années et un repli de 5 pour cent de leur chiffre d’affaires pour la seule saison printemps-été 2018, poursuit la confédération en se basant sur les chiffres publiés par Le Journal du détaillant en octobre dernier.

Un urbanisme commercial déséquilibré

Sans même parler des mouvements ponctuels liés aux Gilets Jaunes, ces commerçants sont principalement victimes d’un urbanisme commercial qui profite de manière déséquilibrée à la périphérie des villes. Les commerçants des centres villes subissent globalement un niveau trop élevé́ des loyers, une vacance de logements, des problèmes d’accessibilité́ et de stationnement, auxquels s’ajoutent le manque de préservation du patrimoine et du bâti ainsi que l’éloignement des services publics et des professionnels de santé.

Dans ce contexte, P*hilippe Daquai, commerçant à Soissons depuis 28 années et Président honoraire de la Fédération des Détaillants en chaussures de France a présenté les propositions du Livre Blanc de la FDCF concernant la revitalisation des centres villes : le commerçant propose premièrement, d’institutionnaliser chaque année une semaine du commerce des centres villes à l’image de la fête de la musique, deuxièmement d’impliquer étroitement les commerçants des centres villes dans les décisions des commissions concernant l’urbanisme commercial, troisièmement d’attirer l’investissement vers les locaux commerciaux de petite taille et quatrièmement, de créer des zones franches au cœur de certaines villes et bourgs et enfin d’attirer l’investissement vers les locaux commerciaux de petite taille.

« Ces 4 propositions simples, qui ne demandent aucun financement de l’Etat, permettraient de participer à la redynamisation du commerce de centre-ville » affirme le CNC qui souligne également la démarche exemplaire initiée par la ville de Soissons pour développer le commerce de proximité. Cette commune de 63000 habitants a en effet alloué deux millions d’euros sur trois ans au Plan de soutien au commerce de proximité. Lancé en 2018, ce dispositif a permis de créer un office du commerce et de l’artisanat, lieu d’accueil et de conseil des professionnels et des consommateurs, et un poste de manager de cœur de ville, qui accompagne les commerçants et les porteurs de projets dans leurs démarches administratives. Il a mis en place une prise en charge à 50 pour cent de la taxe foncière sur la propriété́ bâtie (sous conditions), l’instauration d’un droit de préemption sur les fonds commerciaux, une taxe sur les locaux commerciaux vacants depuis plus de deux ans et une commission d’indemnisation, dès lors qu’un commerce est affecté par les travaux de rénovation du centre-ville.Cette action fait partie du projet global de requalification du centre-ville de Soissons « Cap sur un nouveau cœur de ville » qui a vu le jour dès 2014 et qui a été retenu dans le cadre du projet national « action cœur de ville » en raison de sa pertinence.

Crédit photo : cnc, dr