Le numéro un mondial du luxe LVMH a poursuivi sur sa lancée au troisième trimestre, avec des ventes en progression de 10%, malgré les craintes d'un ralentissement en Chine pesant sur le secteur en raison des tensions commerciales avec les Etats-Unis.

Premier du CAC 40 à présenter son chiffre d'affaires trimestriel, le groupe de Bernard Arnault a annoncé mardi avoir engrangé 11,38 milliards d'euros de ventes, soit 10% de croissance publiée comme de croissance organique sur un an. Cette "performance poursuit les tendances enregistrées au premier semestre et à laquelle tous les groupes d'activité ont contribué", souligne dans un communiqué LVMH, qui tiendra mercredi une conférence téléphonique avec les analystes financiers du secteur.

Ce chiffre d'affaires trimestriel est conforme aux consensus compilés par les agences Factset et Bloomberg, qui tablaient respectivement sur 11,42 et 11,26 milliards d'euros.

La croissance organique des ventes du groupe affiche cependant un léger ralentissement, après avoir progressé de 13% au premier trimestre et de 11% au deuxième trimestre.

Sur les neuf premiers mois de l'exercice, LVMH a engrangé 33,1 milliards d'euros de ventes, soit une croissance organique de 11%.

LVMH a perdu il y a quelques jours son titre de plus grosse valeur du CAC 40. Il avait ravi en mai 2017 cette place de première capitalisation boursière au géant Total, qui est repassé devant à la faveur notamment des inquiétudes qui pèsent sur l'ensemble du secteur du luxe, en lien avec un possible ralentissement de la Chine dans le cadre de l'escalade des tensions commerciales avec les Etats-Unis.

L'Asie (hors Japon) est le premier marché de LVMH et représente 31% des ventes totales du groupe. Cette zone géographique compte près de 1.200 boutiques et regroupe plus de 31.000 salariés.

Au cours du troisième trimestre, la division Mode et Maroquinerie, locomotive de LVMH grâce au mastodonte Louis Vuitton, a vu ses ventes bondir de 14% (en données organiques), à 4,45 milliards d'euros.

"renforcer notre avance sur le marché"

LVMH ne communique pas les performances financières de ses marques, mais indique que Louis Vuitton "est toujours portée par le succès de ses lignes iconiques en maroquinerie" et que le prêt-à-porter et "les souliers en particulier connaissent une forte dynamique".

Le groupe souligne également que Christian Dior "réalise une excellente performance" et évoque une "énorme résonance" du premier défilé du célèbre créateur Hedi Slimane pour la maison Céline, le 29 septembre dernier.

Deuxième pilier du groupe, l'activité Distribution sélective (Sephora et DFS) voit son chiffre d'affaires totaliser 3,219 milliards, en progression modérée de 5%, en raison notamment de l'arrêt des concessions aéroportuaires à Hong Kong.

Du côté des Vins et Spiritueux, les ventes atteignent 1,3 milliard d'euros (+7%), LVMH faisant état de "volumes de champagne stables sur la période. Les cuvées de prestige connaissent une performance particulièrement bonne tandis que la politique de hausse de prix se poursuit". Le cognac Hennessy voit pour sa part ses volumes augmenter de 4%.

La division Parfums et Cosmétiques a engrangé 1,53 milliard d'euros de chiffre d'affaires (+10%) sur le trimestre, le groupe saluant notamment le succès des parfums "Joy" et "Sauvage" de Christian Dior.

Quant aux Montres et à la Joaillerie (Bulgari, Tag Heuer, Chaumet ou encore Hublot), les ventes progressent de 10%, à 1,04 milliard d'euros.

Le géant du luxe ne donne pas de perspectives chiffrées pour l'exercice en cours, mais souligne que "dans un contexte géopolitique et monétaire incertain, il continuera de faire preuve de vigilance et poursuivra sa stratégie centrée sur l'innovation et une expansion géographique ciblée dans les marchés les plus porteurs".

LVMH dit "compter sur le dynamisme de ses marques et le talent de ses équipes pour renforcer encore en 2018 son avance sur le marché mondial du luxe". (AFP)