Les exportations horlogères en Suisse ont reculé de 6,2 pour cent en janvier, à 1,4 milliard de francs suisses (1,3 milliard d'euros), a annoncé mardi la fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), la décélération se tassant tout en restant dans le rouge.

Les exportations vers Hong Kong, le plus gros marché pour les fabricants de montres suisses, se sont repliées de 3,9 pour cent sur le mois écoulé, marquant une "accalmie" après "deux ans de spirale négative", a pointé la fédération dans un communiqué. Elles se sont par contre étoffées de 5 pour cent aux États-Unis, continuant sur la tendance positive entamée en décembre, et de 7,8 pour cent en Chine. "La Chine a connu son quatrième mois consécutif de croissance et offre ainsi des perspectives favorables pour l'année 2017", a estimé la FH.

En Europe, les exportations ont par contre de nouveau enregistré des replis marqués, chutant de 7,7 pour cent vers l'Allemagne et de 11,3 pour cent vers l'Italie. En France, la chute a atteint 27,1 pour cent. L'horlogerie, le troisième secteur d'exportations en Suisse, avait connu une longue phase de forte expansion mais a connu un net revers de fortune ces deux dernières années.

Les exportations de montres ont été minées entre autres par l'introduction de mesures de lutte contre la corruption en Chine, interdisant les cadeaux extravagants, par la Révolution des parapluies à Hong Kong qui y a fait fuir les touristes chinois ou encore par la chute du rouble qui a miné le pouvoir d'achat de la clientèle russe. Le secteur a également subi le contre-coup des attentats de novembre 2015 à Paris qui a fortement pesé sur les achats touristiques. Les experts s'interrogent cependant depuis quelques mois sur une stabilisation qui semble s'esquisser.

"La tendance négative a perdu un peu de vigueur ces trois derniers mois, mais elle est encore significativement orientée vers les chiffres rouges", a concédé la FH dans le communiqué. En janvier, le Royaume-Uni a de nouveau fait figure d'exception, les exportations horlogères y progressant de 0,9 pour cent sans toutefois connaître la même ampleur que les mois précédents.

Le Royaume-Uni a bénéficié d'un "effet Brexit" dans les mois qui ont suivi le référendum sur la sortie de l'Union Européenne, la chute de la livre permettant aux touristes de bénéficier de taux de change avantageux pour leurs achats de produits de luxe. En décembre, cet effet n'avait toutefois pas perduré, les exportations y enregistrant alors une baisse de 7,8 pour cent. (AFP)