Zurich - Les exportations horlogères suisses se sont accrues de 2,4 pour cent en 2019 à 21,7 milliards de francs suisses (20,3 milliards d'euros) grâce à la Chine et aux Etats-Unis qui ont amorti la nette baisse à Hong Kong, a annoncé mardi la fédération horlogère suisse.

Depuis le début des manifestations dans l'ancienne colonie britannique, les exportations de montres suisses ont reculé mois après mois pour terminer l'année 2019 en baisse de 11,4 pour cent par rapport à l'année précédente, selon les relevés de la fédération horlogère.

Les exportations de montres ont toutefois augmenté de 8,6 pour cent vers les Etats-Unis, le deuxième plus gros marché après Hong Kong, et de 16,1 pour cent vers la Chine, a-t-elle détaillé.

Les autres marchés en Asie ont également contribué à amortir le repli à Hong Kong, les exportations bondissant de 19,9 pour cent vers le Japon et de 14,6 pour cent vers Singapour.

L'évolution a été plus contrastée vers les marchés européens, où une partie des achats de montres dépend des touristes asiatiques. Les exportations n'ont progressé que de 0,2 pour cent vers la France, comme vers l'Allemagne, et enregistré une baisse de 4,2 pour cent vers l'Italie. Elles ont par contre augmenté de 10,8 pour cent vers le Royaume-Uni.

« Hong Kong a pesé sur les chiffres de 2019 », a déclaré Jean-Daniel Pasche, le directeur de la fédération horlogère suisse, lors d'un entretien avec l'AFP.

Le Royaume-Uni et les grands marchés en Asie « ont confirmé leur bonne tenue », a noté M. Pasche, qui garde un oeil sur la situation en Chine, le troisième plus gros marché pour l'horlogerie suisse, avec le coronavirus qui touche le pays.

« Pour le moment, on ne peut pas encore apprécier la situation », a reconnu le patron de la fédération horlogère, soulignant que les épidémies constituent toujours une « menace » pour le secteur, susceptible d'affecter les ventes dans le pays mais aussi les flux touristiques dont dépendent fortement les fabricants de produits de luxe.

Décembre : bond en Chine

Sur le seul mois de décembre, les exportations de montres ont grimpé de 5,8 pour cent, portées par un bond de 49,4 pour cent vers la Chine avec les stocks constitués par les détaillants en prévision du Nouvel an chinois.

Les exportations vers Hong Kong ont elles continué de chuter, accusant une baisse de 20,7 pour cent. Les exportations vers les Etats-Unis ont pour leur part continué sur leur lancée, affichant toujours un rythme de croissance soutenu, en hausse de 9,5 pour cent.

Le secteur a terminé l'année sur une note « solide », a commenté Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux, interrogé par l'AFP, la Chine affichant une croissance « très forte ».

« Mais il est peu probable que cela perdure en janvier et février dans la mesure où le commerce de détail et le moral des consommateurs vont être affectés par le coronavirus », a-t-il ajouté.

Pour 2020, il table sur une croissance des exportations horlogères de l'ordre de 4 pour cent, reconnaissant que son estimation est peut-être « un peu trop optimiste » si le secteur devait connaître une baisse marquée sur le début d'année.

Après avoir terminé en nette baisse lundi face aux inquiétudes pour la croissance en Chine, l'action Swatch Group reprenait de la hauteur, regagnant 0,59 pour cent à 254,90 francs suisses à 13H08 GMT. Richemont, le numéro deux mondial du luxe, remontait de son côté de 0,43 pour cent à 73,98 francs suisses.

Après avoir culminé à 22,2 milliards de francs en 2014, les exportations horlogères suisses avaient connu deux années de creux. La demande avait fléchi avec l'introduction de mesures de lutte contre la corruption en Chine interdisant les cadeaux extravagants, ce qui avait pesé sur les ventes de produits de luxe, et la Révolution des parapluies à Hong Kong, qui avait perturbé les flux touristiques. Elles avaient ensuite redémarré sans retrouver leur pic. En 2018, elles s'étaient accrues de 6,3 pour cent à 21,2 milliards. (AFP)

 

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