Versace, Gap, Coach : ces marques qui ont subi la colère de la Chine

Pékin - Ces derniers mois, de nombreuses marques ou organisation étrangères se sont attirés les foudres de Pékin pour avoir touché à un sujet politiquement sensible en Chine. FashionUnited dresse le bilan.

Hong Kong tabou

Le joailler américain Tiffany & Co. a été contraint de retirer de son compte Twitter une publicité postée lundi et montrant un mannequin portant une bague à sa main droite, cette dernière cachant son œil droit.

Des internautes chinois y ont vu une allusion délibérée à une pose similaire, adoptée par les manifestants hongkongais pour rendre hommage à une femme heurtée en août par des projectiles lancés par la police.

Un porte-parole de la marque de luxe a souligné que la publicité avait été créée en mai, avant le début des manifestations, et qu'elle n'était « en aucun cas une déclaration politique de quelque nature que ce soit ».

Toutefois, en Chine continentale, les ventes du groupe new-yorkais ont augmenté de plus de 25 pour cent au deuxième trimestre, comme FashionUnited le rapportait en septembre dernier.

T-shirts controversés

Les marques de luxe Versace, Coach ou encore Givenchy ont dû présenter leurs excuses en août pour avoir mis en vente des T-shirts accusés d'affront à la souveraineté chinoise, en laissant entendre que Taïwan et Hong Kong ne faisaient pas partie de la Chine.

« Nous aimons la Chine et respectons résolument sa souveraineté territoriale nationale », avait alors réagi Versace, précisant que les vêtements incriminés avaient été « détruits ».

En mai 2018 déjà, l'enseigne américaine de vêtements Gap s'était attirée les foudres de Pékin pour avoir vendu un T-Shirt présentant une carte du pays amputée de plusieurs territoires, dont Taïwan.

Les marques peuvent difficilement se mettre à dos la clientèle chinoise, qui représentait l'an dernier 32 pour cent des achats de produits de luxe dans le monde, selon le cabinet Boston Consulting Group. Ce chiffre devrait atteindre 40 pour cent d'ici 2024.

Racisme

En novembre 2018, la maison de couture italienne Dolce & Gabbana avait suscité la polémique avec la publication sur Instagram de courtes vidéos jugées racistes par des internautes chinois.

Destinées à promouvoir un défilé, ces clips montraient une femme aux traits asiatiques, qui tentait maladroitement de manger une pizza ou des spaghettis avec des baguettes, sous la direction d'une voix masculine aux commentaires ironiques.

L'affaire s'était emballée après la diffusion sur internet d'une discussion en ligne du styliste star de la marque, Stefano Gabbana, où ce dernier utilisait des émojis d'excréments pour traiter la Chine de « pays de merde ».

Malgré ces aléas, le marché chinois continue de porter la croissance de certaines marques de luxe, Hermès en est un brillant exemple.(AFP)

Photo : Versace Facebook, photo par Steven Meisel

 

Sur le même sujet

PLUS D'ACTUALITÉ

 

LES DERNIÈRES ANNONCES D'EMPLOI

 

LES PLUS CONSULTÉS