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Défilés parisiens: le miroir de Chanel, les personnages de Vetements

L'été promet d'être brillant au vu des collections de haute couture présentées mardi à Paris, version art déco chez Chanel, orange chez Armani Privé. Alexis Mabille habille des reines du bal acidulées, Julien Fournié des audacieuses sexy. Au milieu de ces défilés de haute couture, Vetements joue les trublions avec un défilé de prêt-à-porter de personnages stéréotypés: une policière, une secrétaire, un SDF, un punk...

Les reflets de Chanel

"Miroir, qui est la plus belle?" Pour le défilé haute couture de Chanel, Karl Lagerfeld avait choisi de reconstituer sous la verrière du Grand Palais un décor de glaces à facettes rappelant l'escalier de la rue Cambon, siège historique de la maison.

Défilés parisiens: le miroir de Chanel, les personnages de Vetements

La collection printemps-été 2017 commence par des variations autour du célèbre tailleur en tweed Chanel, dans des tons pastels. La taille est haute, accentuée par une large ceinture. Un petit chapeau porté sur l'arrière de la tête complète le look, pour une allure Jackie Kennedy. Pour contre-balancer le côté classique, des escarpins argentés, et un bracelet de perles autour du pied. Suivent des robes corolles fifties, de longues robes fourreaux et des silhouettes années 30, avec une profusion de plumes. Certaines jupes ont une forme ovoïde mettant en valeur les hanches. Cristaux, perles, sequins sont omniprésents.

Le défilé s'achève dans une abondance de volants rose poudré avec Lily-Rose Depp en robe de mariée, au bras de Karl Lagerfeld, sous les yeux du chanteur sud-coréen G-Dragon et de la chanteuse et actrice française Cécile Cassel.

Défilés parisiens: le miroir de Chanel, les personnages de Vetements

Les princesses d'Alexis Mabille

La femme aura des allures de reine du bal cet été pour Alexis Mabille. "Un baisemain c'est très bien mais un diadème en diamants dure toute la vie", cette phrase de Marilyn Monroe dans "Les hommes préfèrent les blondes" sert de fil rouge au défilé auquel assistait la ministre de la Culture, Audrey Azoulay.

Pour l'été prochain, le créateur a dessiné des robes fourreaux, bustiers et patineuses aux couleurs éclatantes (orange vif, jaune pétant, rose ou vert émeraude). Le tulle, omniprésent, apporte une touche de légèreté aux silhouettes parées d'un voile, à la manière de jeunes mariées pop.

Des corps et des strass

Acidulé et sexy, le vestiaire de Julien Fournié met en valeur le corps féminin, avec des bustiers, des micro-shorts et des brassières. Souvent près du corps, les robes sont ornées de paillettes, donnant une touche glamour à des tenues à l'esprit balnéaire présentées au sein de l'oratoire du Louvre, temple protestant situé en plein coeur de Paris.

Julien Fournié vient de recevoir l'appellation "haute couture", un label juridiquement protégé dont ne peuvent se prévaloir que 15 maisons (dont Chanel, Dior, Jean Paul Gaultier...) consacre des créations faites à la main, aux mesures de la (riche) cliente.

Vetements pour tous

L'iconoclaste griffe Vetements, qui présentait sa collection de prêt-à-porter pour l'hiver prochain, continue à célébrer non sans ironie les cultures populaires, le kitsch et le quotidien. Nouveau chéri du monde de la mode, le créateur Demna Gvasalia -par ailleurs à la tête de Balenciaga- a fait défiler une galerie de personnages au Centre Georges Pompidou. Dans le monde de Vetements, la Parisienne porte un trench coat beige, un jean slim et un casque de scooter. Pour la secrétaire, un tailleur-jupe, un chemisier décolleté et des ongles verts nacrés.

Défilés parisiens: le miroir de Chanel, les personnages de Vetements

Le hooligan est vêtu d'un bomber XXL, un pantalon de survêtement et une écharpe de foot aux couleurs criardes, le vagabond a un pull en laine effiloché aux couleurs du drapeau européen, un grand manteau qui se ferme à l'aide d'une écharpe et un sac de couchage siglé Vetements. Une grand-mère à l'air perdu est habillée d'une ample parka, un chemisier en soie dans une jupe plissée couleur anis, sac en bandoulière.

Armani: 50 nuances d'orange

La collection Armani Privé évoque les couleurs d'un soleil couchant. Le couturier Giorgio Armani décline toutes les nuances d'orange dans son vestiaire, qui fait la part belle aux vestes en soie jacquard aux épaules marquées, aux motifs floraux, portées avec des pantalons noirs. Des silhouettes soyeuses évoquent l'Orient, leurs paillettes brillent dans la nuit. Les actrices Nicole Kidman et Isabelle Huppert -qui vient d'être nommée aux Oscars-, étaient au premier rang. (AFP)

Photo: Catwalkpictures

Cottweiler et Gabriela Hearst, lauréats du Woolmark International

La marque britannique Cottweiler et la créatrice basée à New York, Gabriela Hearst, ont été désignés comme lauréats respectifs du prix International Woolmark, pour les vêtements masculins et féminins.

Annoncés lors d'une réception à Paris, les lauréats ont été choisis par les jurys de chaque sélection, dont Victoria Beckham, la directrice artistique de Lanvin, Bouchra Jarrar, et le directeur artistique de Hood By Air, Shayne Oliver.

Les deux gagnants recevront 100 000 dollars australiens, pour soutenir le développement de leurs marques, et recevront le mentorat de l'industrie. En outre, ils recevront la certification Woolmark pour leur collections gagnante et la possibilité d'être vendus dans les grands magasins et les boutiques dans le monde entier, comme Harvey Nichols, Lane Crawford, David Jones, Hudson’s Bay Company, Boutique 1 et mytheresa.com. Toutes les collections des finalistes seront également disponibles pour l’achat en gros via Ordre.com.

Cottweiler, la marque britannique masculine conçue par Ben Cottrell et Matthew Dainty, a étonné les juges par sa façon dont ils ont infusé les codes fétiches de culte et de tribu dans le monde de la laine, avec des détails utilitaires, comme les capuches rembourrées, les poches cargo détachables, et des ourlets élastiques.

L'utilisation technique de la laine a également impressionné le jury, la collection capsules étant axée sur l'utilité et mettant en valeur des couches de base de laine mérinos pure et des couches intermédiaires coupe-vent ajoutées à des vêtements imperméables matelassés, en utilisant des tissus mélangés de laine de 18,5 microns à 19,5 microns.

Un des juges pour hommes, Shayne Oliver, directeur de création de Hood By Air, a déclaré : « Cottweiler semble avoir dépassé le fait de vouloir impressionner et sont très détendus et confiants pour eux-mêmes et ce qu'ils montrent. Ils savent où aller avec ce financement et il leur donnera l’étincelle pour atteindre le niveau qu'ils méritent. »

« Le tricot n'est pas ce que vous pouvez associer à notre marque », admet Dainty, la moitié de Cottweiler. « Nous voulions donc créer quelque chose qui avait l'apparence de ce que nous faisons, mais les propriétés de la laine mérinos et du cahier des charges qui nous a été donné.

Cottweiler et Gabriela Hearst remportent le prix international Woolmark

Dans la catégorie féminine, Gabriela Hearst, née en Uruguay et élevée dans une ferme de moutons, a été félicitée pour son innovation technique et son savoir-faire de qualité. Sa ligne capsule présentait des silhouettes élégantes, avec des trenchs revisités, une jupe plissée et une robe de soirée associée à une veste utilitaire de baseball, avec une écharpe contiguë, un veston réversible et un pantalon de cycliste.

« Nous avons choisi Gabriela parce que nous pensons qu'elle nous a touché à tous les niveaux : une passion pour la laine, son histoire et les utilisations variées de la laine », explique Natalie Massenet, présidente du British Fashion Council, qui faisait partie du jury. « J'ai appris beaucoup à l'entendre parler des processus et du fait que la laine ne se froisse pas. Elle a fait un très bon travail avec différentes longueurs, de robes de soirée à des trenchs et costumes pantalon et nous pensons qu'elle aura un énorme avenir et sera un grand porte-parole pour la laine ».

En commentant sa victoire, Gabriela Hearst, a déclaré : « En tant que créatrice, c'est un immense honneur d'être reconnue et je ne peux pas attendre pour promouvoir plus de laine mérinos dans le monde puisque je crois que c'est le fil de l'avenir ».

Plus de 75 créateurs, de plus de 60 pays, ont été sélectionnés pour le prix de cette année, avec des finalistes représentant six régions différentes à travers le monde. Les finalistes féminines étaient Toton (Asie), Macgraw (Australie et Nouvelle-Zélande), Faustine Steinmetz (Îles Britanniques), Tim Labenda (Europe), Nachiket Barve (Inde, Pakistan et Moyen-Orient) et Gabriela Hearst (USA).

Dans la catégorie masculine, les finalistes étaient Munn (Asie), Ex Infinities (Australie et Nouvelle-Zélande), Cottweiler (Îles Britanniques), Tonsure (Europe), Bounipun (Inde, Pakistan et Moyen-Orient) et Rochambeau (USA).

Photo : courtoisie de Woolmark

Qu’espérer des débuts de Raf Simons chez Calvin Klein

La Fashion week de New York peut se targuer de proposer l’événement le plus couru : les débuts de Raf Simons pour Calvin Klein. Presque universellement reconnu comme une combinaison parfaite - à un moment où l’association de créateurs aux maisons est devenue de plus en plus risquée car le plus souvent elle ne fonctionne pas – le mix Calvin Klein-Raf Simons est un des plus beaux exemples de synergie entre la créativité et le corporate.

Le créateur ultime

Le belge qui se considère comme un créateur autodidacte de vêtements pour hommes, diplômé en design industriel et mobilier, a célébré le vingtième anniversaire de son entreprise éponyme l'année dernière. Il a construit sa réputation sur une esthétique éternellement jeune - en dépit du fait que Raf Simons approche des cinquante ans - en proposant des vêtements à l'esprit rebelle des sous-cultures d'adolescents : le punk underground, la techno et la musique New Wave, ainsi que des influences d'art contemporain.

Qu’espérer des débuts de Raf Simons chez Calvin Klein

Sa carrière très réussie chez Jil Sander a été sa première expérience en prêt-à-porter féminin. Et cela a marché comme sur des roulettes. Son rôle le plus récent chez Christian Dior a éloigné la maison de son image d'opulence associée aux vieilles maisons de couture parisiennes et a imposé une nouvelle fraîcheur, grâce à l’emploi exigeant d'une palette de couleurs et de détails qui sont devenus instantanément reconnaissables. Chaque saison a montré que Raf Simons peut assembler les motifs de la maison pour créer un nouvel arrangement captivant mais en ne perdant jamais sa propre signature. Par conséquent, les espoirs sont déjà très élevés, pour son défilé en tant que directeur de création de Calvin Klein, car il doit superviser tous les aspects de la création, comme les licences, le marketing mondial et de la communication.

La marque ultime

Calvin Klein est un des plus grands noms de la mode américaine, l'un des trois grands du vingtième siècle, avec Donna Karan et Ralph Lauren. Bien que le nom continue d’inspirer un énorme respect, il n'a pas réellement fait parler de lui, pendant une longue période. Les collections des défilés n'ont pas été convoitées et les recettes proviennent des ventes de jeans, de l’entreprise indéfinissable White Label, des sous-vêtements et des parfums, domaines relevant de l'ancien directeur de la création, Kevin Carrigan, qui avait travaillé avec la société pendant 18 ans mais qui a démissionné deux jours après la nomination de Raf Simons. Les prix de Calvin Klein atteignent à peu près toutes les sommes imaginables et, selon le site Web de PVH, la société a « 65 licences et similaires, dans le monde entier ». Raf Simons est à l'épreuve comme jamais auparavant.

Dans les années 90, les looks de Calvin Klein, à l'avant-garde de la sobriété avec ses robes épurées, dans une palette contenue, ont été le symbole du luxe et de l’affirmation américain. Toujours à la pointe du marketing, Calvin Klein a lancé la brindille, Kate Moss, étendue sur un canapé avec Mark Wahlberg, sur des panneaux publicitaires partout dans le monde et lui a apporté la gloire. Dans le milieu des années 90, ses vidéos publicitaires pour les jeans et les parfums ont capturé l’air du temps. Les défilés et la publicité seront deux domaines qui bénéficieront presque certainement du savoir-faire de Raf Simons. Nous avons eu un aperçu dans la campagne publicitaire, postée hier, de sa nouvelle ligne By Appointment, avec entre autres Milly Bobby Brown, de la série à succès Stranger Things .

Qu’espérer des débuts de Raf Simons chez Calvin Klein

Le challenge ultime

Le site web de Raf Simons déclare : « le message le plus important que Raf Simons veut communiquer est la fierté dans l'individualité ». Le respect de sa vision singulière poussera certainement chaque rédacteur en chef et journaliste à venir à New York, pour cette Fashion week. Bien qu'elle soit une ville débordante de richesse, avec un calendrier de mode qui semble croître chaque saison, New York est encore accusée d'être trop commerciale pour être vraiment excitante. Il manque le talent de pionniers européens, comme Demna Gvasalia à Paris, qui a été embauché chez Balenciaga, ou de Jonathan Anderson de Londres chez Loewe. Nous savons que Raf Simons combinera ses collections prêt-à-porter hommes et femmes, dans un défilé, quelque chose que la maison n'a jamais fait auparavant. Alors que les préparatifs de la semaine de la mode commencent, l'attente de ce défilé menace d’enflammer Manhattan.

Pour reprendre les mots de Steve Shiffman, PDG de Calvin Klein, « l'arrivée de Raf Simons en tant que directeur de création représente un nouveau chapitre pour Calvin Klein. Les contributions exceptionnelles de Raf ont façonné et modernisé la mode telle que nous la voyons aujourd'hui et, sous sa direction, Calvin Klein renforcera sa position de leader mondial de la marque de lifestyle. »

Qu’espérer des débuts de Raf Simons chez Calvin Klein

Le retrait du superflu et la précision de la coupe et de la couleur sont au cœur de la vision de Calvin Klein qui inspirera certainement le créateur Raf Simons. Et avec ses inspirations éternelles de boy scouts, d’uniformes scolaires et de culture de la jeunesse, il pourrait même sauver l'esthétique américaine de son image commerciale, qui a perdu sa stature emblématique, à l’époque intouchable. Mais comment l'approche judicieuse de Raf Simons pourra s’allier à la dynamique commerciale de la société mère PVH, lui qui avait reproché à Dior son rythme effréné et la pression du calendrier de la mode, comme raison de son départ.

Photos : Raf Simons Facebook, Calvinklein.us et Millie Bob Brown Facebook page

Par Jackie Mallon, professeure universitaire de plusieurs programmes de mode à New York et auteure Silk for the Feed Dogs, un roman dans l'industrie de la mode internationale.

Haute couture: le Dior féérique de Maria Grazia Chiuri

Un bal masqué, un labyrinthe: la magie imprègne la première collection de haute couture pour Dior de Maria Grazia Chiuri, qui a fait défiler lundi une série d'éblouissantes robes longues de contes de fées.

Les premières silhouettes, noires et monacales, s'accompagnent de masques légers en forme d'hirondelle, de papillon ou d'araignée. Parfois de capuches, pour ajouter au mystère. Le tailleur Bar et sa taille très marquée, emblématique du New Look de Christian Dior, est revisité, avec de longues jupes culottes.

Haute couture: le Dior féérique de Maria Grazia Chiuri

Les mannequins zigzaguent dans un labyrinthe végétal, où flotte une odeur d'herbe fraîchement coupée, non loin d'un arbre magique où pendent des cartes de tarot, clin d'oeil à la superstition légendaire du fondateur de la maison. Le décor, spectaculaire avec ses jeux de miroirs, est installé dans le jardin du musée Rodin où la maison organise un bal masqué dans la soirée. Dans cette collection printemps-été très "soir", les signes astrologiques sont brodés sur des robes bustiers. Les fleurs si chères à Christian Dior sont enserrées dans le tulle d'une robe et d'une pèlerine, évoquant un herbier. Une robe de cocktail écrue à franges, sur laquelle ont été brodées des fleurs en raphia, a nécessité 1.900 heures de travail.

Une robe de 1949 à la jupe de pétales brodés de paillettes est réinterprétée façon 2017 avec du tulle plissé, dans des nuances de rose pastel. Pour accompagner les robes de bal dans ce songe d'une nuit d'été, le modiste britannique Stephen Jones a imaginé des coiffes de plumes, des couronnes de fleurs et de branchages.

Haute couture: le Dior féérique de Maria Grazia Chiuri

Aux pieds, des chaussures à petits talons pour plus d'aisance: "la haute couture doit être magique, mais aussi portable. Et confortable: si vous allez à un bal, vous voulez danser", explique à l'AFP Maria Grazia Chiuri, nommée en juillet chez Dior pour succéder à Raf Simons.

Egalité des droits

L'ancienne directrice artistique de Valentino où elle travaillait en tandem avec Pierpaolo Piccioli, a dédié cette collection de haute couture à Franca Sozzani, rédactrice en chef de Vogue Italie et figure du monde de la mode décédée en décembre.

Première femme à occuper ce poste chez Dior, l'Italienne a multiplié les références aux codes du fondateur de la maison, qui fête cette année ses 70 ans d'existence. Tout en apportant sa touche personnelle, son goût pour une féminité raffinée, l'histoire et les symboles.

Haute couture: le Dior féérique de Maria Grazia Chiuri

La créatrice avait fait ses débuts chez Dior en septembre avec une collection de prêt-à-porter combative, inspirée par l'univers de l'escrime et autour du slogan "We should all be feminists", imprimé sur des t-shirts. Un mot d'ordre reprenant le titre d'un roman de l'auteur nigériane Chimamanda Ngozi Adichie.

"Je suis contente de voir que des hommes et des femmes trouvent important de parler de l'égalité des droits, parce que nous avons probablement pensé à tort que c'était quelque chose d'acquis", estime la créatrice, mère d'une fille et d'un garçon. "Quand j'étais jeune, je pensais que peu à peu, tout le monde comprendrait que c'est normal. Mais vous vous réveillez un jour, et vous réalisez que ce n'est pas le cas, et qu'il y a un problème, qui est mondial", explique-t-elle.

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Plus tôt dans la journée, la maison Schiaparelli a célébré une féminité flamboyante nourrie d'esthétisme pop. Le directeur artistique Bertrand Guyon a apposé sur des tenues d'une grande fluidité des motifs en forme de homard, de coeur ou de cadenas, emblématiques de cette maison au style empreint de fantaisie.

Chez la Néerlandaise Iris Van Herpen, la féminité est minérale: les robes (noires, grises ou écru) s'apparentent à des plaques de givre, des écailles de sirène ou des créatures marines. La créatrice joue de la transparence et des illusions d'optique. (AFP)

Photos: Julia Perie, Dior SS17

Haute Couture et savoir-faire (II) : les plissés de l’Atelier Lognon

Depuis 1945, la maison plisse les tissus avec les mêmes gestes et techniques. Un savoir-faire qui a intégré les métiers d’art de la maison Chanel depuis 2013 et que de nombreuses griffes recherchent toujours.

Entre les mains des artisans de l’Atelier Lognon, le tissu plat peut prendre quantités de formes différentes. Un métier que Gérard Georges Lognon, arrière-petit-fils d’Émilie qui a fondé la maison en 1853, qualifiait d'« ennoblisseur de tissus ». Si quatre générations se sont succédées à la tête de l’atelier, personne n’a cependant pris la suite de Gérard Georges qui est parti à la retraite sans successeur. C’était sans compter sur Chanel et sa filiale Paraffection dédiée aux métiers d’art qui a repris la société en 2013 pour mieux pérenniser son savoir-faire tout en l'ancrant dans le 3e millénaire. Depuis, celle-ci a quitté les quartiers chic de Paris pour rejoindre la Manufacture des Allumettes à Aubervilliers (93) aux côtés du bottier Massaro et du chapelier Michel (toutes deux également rachetées par Chanel).

Haute Couture et savoir-faire (II) : les plissés de l’Atelier Lognon

Plus de 3 000 plissés différents

Plis couchés, plats ou creux, plis ronds, plis souples pour des effets de drapé, accordéon, plis Watteau désignant une succession de plis creux évasés dans le bas, plissé soleil aux intervalles très étroits allant en s’élargissant, plissé Fortuny inspiré du chiton grec, sans oublier les plis fantaisie, fleurs, paon, pyramide, ruban, origami, la technique utilise toujours un moule en carton kraft unique ou motif (environ 3 000 en stock) dont les plus anciens datent de 1900. Les étapes de réalisation n’ont pas changé depuis le début du siècle. Il faut d’abord bien repasser et mettre à plat le tissu (soie, crêpe, tulle, mousseline, organza, velours, mais aussi d’autres matières comme le cuir ou le polyester), le placer de façon parallèle et au bord du moule en carton, l’enrouler dans celui-ci puis l'enfourner dans une étuve entre 85 et 100°C pendant une durée allant de 1 heure à 1heure 30 selon les tissus. Laissez ensuite une journée à l’ensemble pour refroidir afin que le tissu prenne définitivement le pli et démoulez. La magie opère !

Un patrimoine unique

Si Lognon est depuis ses débuts le complice de la mode avec des liens tissés avec Gabrielle Chanel, Christian Dior, Nina Ricci, ou encore Hubert de Givenchy, ceux-ci se poursuivent aujourd’hui avec les studios de création de haute couture et de prêt-à-porter. Aux côtés de ses clients historiques, l'Atelier accueillent aussi des noms plus contemporains comme Vanessa Bruno, Claudine Ivari ou Christine Phung, mais comptent aussi parmi ses fidèles l’Opéra de Paris. Enfin, Lognon travaille beaucoup avec les studios de création des maisons de luxe. Quelle que soit la demande, plusieurs centaines de sacs en agneau, un décor de vitrine horlogère ou une robe Couture, les artisans-plisseurs sont toujours prêts à relever de nouveaux défis. « C’est un endroit à part avec des plissés innovants et exclusifs que d’autres maisons ne possèdent pas, explique la créatrice Christine Phung qui a fait réaliser de nombreuses pièces par l’atelier. Bien sûr c’est plus cher que chez d’autres mais c’est un privilège d’avoir sa collection réalisée à la main avec ce type de savoir-faire. »

Haute Couture et savoir-faire (II) : les plissés de l’Atelier Lognon Gérard Georges Lognon confiait avoir appris sur le tas. La transmission se fait en pratiquant et chaque génération apporte son lot d’innovations. « C’est une progression dans le temps, racontait l’artisan avant sa retraite. La plie existe depuis bien longtemps avec avant nous les Grecs et les Romains. » Et son histoire n’a pris une ride !

Lire la partie 1: Haute Couture et savoir-faire (I) : la calligraphie de Nicolas Ouchenir

Photos: Collection Christine Phung, ©Atelier Lognon

La maison Schiaparelli a célébré lundi une féminité flamboyante nourrie d'esthétisme pop tandis que la jeune Iris Van Herpen a dessiné des silhouettes tout en transparence et très organiques, avant la première collection de haute couture de Maria Grazia Chiuri chez Dior, pour le printemps-été prochain.

Chez Schiaparelli, le directeur artistique Bertrand Guyon a apposé sur des tenues élégantes et d'une grande fluidité des motifs en forme de homard, de coeur ou de cadenas, emblématiques de cette maison au style empreint de fantaisie. Le vestiaire se compose de smokings, de tuniques flottantes semblables à des kimonos, de mini-robes portées avec des cuissardes de couleur vive (jaune, orange, rouge et rose) et de capes légères dessinant une silhouette à la fois féminine et conquérante.

Les détails et les accessoires abondent: rubans dans les cheveux, pendentifs en forme de cages... Le graphisme est omniprésent, faisant écho aux oeuvres de Cocteau comme retravaillées avec la palette pop du photographe de mode Guy Bourdin. Après une parenthèse de 60 ans, Schiaparelli a fait son retour sur les podiums en 2013. La maison a été rachetée en 2007 par l'homme d'affaires italien Diego Della Valle, du groupe Tod's.

Elle vient juste de se voir décerner l'appellation "haute couture", label juridiquement protégé qui récompense un travail sur mesure et à la main, et rejoint dans ce cercle fermé 14 autres maisons (dont Chanel, Christian Dior, Givenchy, Jean Paul Gaultier, Maison Margiela, Giambattista Valli...).

Live from the #Schiaparelli #HauteCouture Spring/Summer 2017 show backstage. #PFW #live #paris #90thBD @torry_z

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Le programme des défilés de haute couture, spécificité parisienne, comprend aussi des membres "invités", qui n'en ont pas l'appellation officielle. C'est le cas de la Néerlandaise Iris Van Herpen, qui a aussi défilé lundi matin. Chez elle, la féminité est avant tout organique et minérale: les robes (noires, grises ou écru) s'apparentant à des plaques de givre, des écailles de sirène ou des créatures marines.

Pour la collection baptisée "Between the lines" ("entre les lignes"), la créatrice joue de la transparence et des illusions d'optique et fait appel à la soie et à des matières plastiques découpées au laser comme pour des griffures ondulées.

Spécificité parisienne, la Semaine de la haute couture va se voir succéder une trentaine de défilés jusqu'à jeudi. (AFP)

Jeunesse et décontraction, retour du logo: la mode masculine en quelques tendances

Des silhouettes d'adolescents, de la décontraction et des logos à gogo: quelques tendances marquantes de la Fashion week homme automne hiver 2017-2018 à Paris, qui s'est achevée dimanche après cinq jours de défilés automne-hiver.

Culte de la jeunesse

L'heure est à la dégaine d'adolescent. Le pull ample en maille aux manches interminables dans lesquelles l'ado complexé dissimule ses mains, vu notamment chez Raf Simons dans le passé, gagne du terrain. Chez Dries Van Noten, il se porte version jacquard avec un jean déchiré à revers et des boots, ou à motifs peau de vache avec une pantalon noir étroit. Chez Etudes, les manches des gilets en grosse maille descendent jusqu'au genou. Du côté du label américain Off-White, les jeunes se lovent dans d'immenses pulls en mohair.

PARIS COLLECTION mens FALL / WINTER 2017 “good morning” #facetasmtokyo #facetasm #fw2017

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Au défilé du japonais Facetasm, les mannequins portent des marques roses sur les joues qui évoquent une acné juvénile. Dior va chercher l'inspiration du côté des "candy boys", ces jeunes fêtards qui refusent de grandir, avec des accessoires en forme de nounours accrochés à la ceinture. A Milan, Dolce&Gabbana avait dédié son show à la génération connectée des "millenials", nés dans les années 1990 et 2000.

Le show du logo

Le logo, symbole de l'ostentation des années 1980, fait un retour remarqué. Parfois sous forme de clin d'oeil, comme au défilé Balenciaga, deux jours avant l'investiture de Donald Trump, où un logo "Balenciaga 2017" évoquait celui de la campagne de Bernie Sanders, rival malheureux d'Hillary Clinton à la primaire démocrate. Le directeur artistique, Demna Gvasalia, avait aussi carrément imprimé sur un sweat shirt un logo "Kering", groupe auquel appartient la griffe.

Jeunesse et décontraction, retour du logo: la mode masculine en quelques tendances

Dior version techno hardcore devient "HARDIOR", tandis que dans la collection Louis Vuitton, un double logo règne en maître: le monogramme LV se mêle au logo Supreme, marque streetwear new-yorkaise avec laquelle la griffe française signe une collaboration.

Des associations de marques qui tendent à se développer, comme l'illustrent les collaborations de The North Face avec les marques japonaises Junya Watanabe et Sacai. La référence étant la collection de l'iconoclaste label Vetements présentée en juillet dernier à Paris, réalisée uniquement sur la base de collaborations avec 17 marques, luxueuses ou streetwear.

La mode parle

Les slogans ne sont pas en reste, politiques parfois: chez Etudes, la main "Touche pas à mon pote" de SOS Racisme se retrouve en grand format sur un bomber. Un plus nihiliste et adolescent "Never Mind" s'imprime sur un pull à manches raglan noir et blanc.

"Visual pollution", "communism never happened", "massacre" sont quelques-uns des slogans choc de la marque chinoise Sankuanz, qui a frappé fort pour son premier défilé dans le programme officiel avec une collection apocalyptique comportant uniformes militaires et tenues de protection contre les risques chimiques. Chez Agnès b, un mannequin a brandi une écharpe "SOS Méditerranée", ONG portant secours aux migrants naufragés, lors d'un défilé où l'urgentiste Patrick Pelloux, le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le chanteur Rodolphe Burger et le comédien Vincent Dedienne jouaient les mannequins.

Mixité

La formule consistant à faire défiler en même temps hommes et femmes, adoptée par de nombreuses marques à Londres et Milan, a aussi fait des adeptes à Paris parmi les jeunes créateurs, mais aussi du côté de griffes comme Kenzo et Paul Smith. Des mannequins femmes étaient aussi présentes sur le podium de Berluti pour la première collection de Haider Ackermann. L'androgynie règne du côté d'Ann Demeulemeester, au vestiaire plein de romantisme.

Décontraction

Le costume sur le déclin? Pas pour Kris Van Assche, le directeur artistique de Dior homme, qui propose de le rajeunir en intégrant des codes de l'univers underground des rave parties, pour des hommes en quête d'une élégance moins sage. Balenciaga revisite aussi l'uniforme du businessman, avec des manteaux droits qui s'étirent en longueur et peuvent se porter les jambes à l'air, tandis que Yohji Yamamoto reformule le costume trois pièces, version cool et confortable.

Jeunesse et décontraction, retour du logo: la mode masculine en quelques tendances

"Le vêtement masculin, notamment dans les costumes, ne doit jamais être contraignant. Le confort, chez les hommes, est quelque chose qui passe avant tout", souligne Véronique Nichanian, directrice artistique de l'homme chez Hermès.

A noter côté couleur, un succès certain de l'orange. Les motifs tartan et prince de Galles continuent à séduire (Loewe, Kolor, Wooyoungmi). Les chemises se portent à moitié rentrées dans le pantalon, pour un côté faussement négligé, comme chez Ami. (AFP)

Photos: Catwalkpictures

Semaine de la haute couture: le Libanais Rabih Kayrouz ouvre le bal

Le créateur libanais Rabih Kayrouz, reconnu pour ses coupes architecturales au raffinement subtil, ouvre le bal dimanche soir de la Semaine de la haute couture, spécificité parisienne, qui verra se succéder une trentaine de défilés jusqu'à jeudi.

Cette semaine sera marquée lundi par la première collection de haute couture de Maria Grazia Chiuri, nouvelle directrice artistique de Dior. La maison fondée par Christian Dior, qui célèbre cette année ses 70 ans, organisera un bal masqué à l'occasion du défilé. Parmi les autres grands noms de la haute couture, qui prendront le relais de la Fashion week homme, en présentant leurs collections du printemps-été prochain figurent Schiaparelli, Chanel, Margiela, Jean Paul Gaultier... Ainsi qu'une série de maisons "invitées" même si elles ne respectent pas les conditions de l'appellation "haute couture".

C'est le cas du label Vetements, qui fera défiler mardi sa collection de prêt-à-porter pour l'hiver prochain. Tout comme Maison Rabih Kayrouz, qui présentait jusqu'alors sa collection en mars mais a décidé d'intégrer le rendez-vous de janvier. Avec l'objectif de gagner du temps et de ne plus faire de pré-collection. "En présentant deux collections, deux fois par an, au lieu de quatre fois par an, j'impose mon rythme. Et je donne la chance aux boutiques d'acheter ma collection plus tôt", a expliqué le styliste à l'AFP.

La collection présentée en janvier va ainsi être disponible plus longtemps à la vente, en étant livrée à partir du mois de juin au lieu de septembre, souligne-t-il.

Pont entre deux cultures

A une époque où le monde de la mode, bouleversé par les réseaux sociaux et la "fast fashion" des grandes chaînes, s'interroge sur la façon de présenter ses créations, Rabih Kayrouz pense que beaucoup d'autres maisons vont finir par adopter la même démarche.

Né au Liban, ce quadragénaire s'est formé à l'Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne, puis lors de stages chez Dior et Chanel. Il rentre ensuite dans sons pays natal: "c'était l'après-guerre, le pays était en pleine reconstruction, je voulais faire partie de cette nouvelle génération". A Beyrouth, de 1998 à 2008, il crée des pièces uniques pour la clientèle locale. Puis revient à Paris, où il ouvre sa maison, dans un ancien théâtre où a été créé "En attendant Godot" de Samuel Beckett. Il commence à présenter ses collections dans le programme officiel de défilés parisiens dès 2009.

Le créateur, dont la présentation de la dernière collection avait donné lieu à une chorégraphie de l'étoile de l'Opéra de Paris Marie-Agnès Gillot, est connu pour ses vêtements alliant rigueur et poésie, à la touche orientale épurée. L'une de ses sources d'inspiration est à chercher du côté de son amour de l'uniforme: "Il n'y a rien de plus noble qu'une personne dans son habit", dit-il. "Quand vous voyez un boucher avec son tablier qui commence à travailler, il y a une beauté dans la forme et dans le geste. Vous le rencontrez sans son tablier, vous ne le regardez pas de la même façon. Idem pour un médecin avec sa blouse blanche". "Il y a un côté très pratique et quelque chose de très protecteur: on est une autre personne quand on met un uniforme, et j'aime ce vêtement qui protège".

Rabih Kayrouz partage son temps entre Paris et Beyrouth et envisage sa mode comme "un pont entre ces deux cultures". "Je suis un amoureux du vêtement oriental, la façon dont il enveloppe le corps, les abayas, les caftans, les tuniques arabes. Ce qui est très beau, c'est qu'il repose sur les épaules", explique-t-il. "Le vêtement occidental, parisien, est plus taillé sur un corps, pas seulement sur l'épaule. J'aime bien ce contraste entre les deux", dit-il. "Le vêtement oriental est plus confortable, on va s'asseoir dedans, s'y lover. Un vêtement occidental est plus un vêtement de ville, plus rationnel, radical". (AFP)

Photo: Catwalkpictures

Défilés masculins: Dior rajeunit le costume, version rave party

Les défilés mixtes, comme ceux de Sacai ou Avoc samedi, sont de plus en plus courants pendant la Fashion Week masculine. Mais il n'y avait pas une femme en vue sur le podium de Dior homme, où le costume était roi, rajeuni, version techno hardcore. La silhouette imaginée par le directeur artistique Kris Van Assche joue les contrastes: en haut, une veste ajustée, aux manches trois-quarts, des gants de cuir.

Le bas du corps est très "streetwear", avec un pantalon large, au style de skater, suffisamment court pour mettre en valeur des chaussettes de sport blanches et des sneakers. "Plutôt que d'accepter cette idée que le tailleur est sur le déclin, que les gens ont envie de porter des sweat-shirts et des jeans, je revendique un nouveau tailleur, qui peut parler aux jeunes", a expliqué à l'AFP le créateur belge, qui fête cette année ses dix ans à la tête de Dior homme.

Défilés masculins: Dior rajeunit le costume, version rave party

Présentée au son d'une techno assourdissante, la collection commence dans une ambiance gothique et new wave chère à Kris Van Assche, avec une palette de noir, rouge, blanc, avant de plonger dans une atmosphère de rave party des années 1990 où émergent des couleurs acidulées. Le créateur a notamment été inspiré par les "candy boys", "des jeunes qui sortent toute la nuit et refusent de grandir". "Le passage à l'âge adulte, je l'ai toujours trouvé très touchant, ce moment où les garçons deviennent des hommes mais s'accrochent quand même à certains rêves pour ne pas complètement se fondre dans un carcan".

Défilés masculins: Dior rajeunit le costume, version rave party

Kris Van Assche, qui n'a pour sa part "jamais été un raver", a aussi collaboré avec l'artiste américain Dan Witz, dont les tableaux réalistes de mêlées d'hommes lors de concerts s'impriment sur un costume, un blouson, une parka. "C'est une collection qui revendique un savoir-faire tailleur", poursuit le créateur, jugeant que "la mode masculine est dans un terrain un peu glissant: il y a des grandes maisons qui ne défilent plus, des maisons qui mélangent l'homme et la femme, ça part un peu dans tous les sens".

Défilés masculins: Dior rajeunit le costume, version rave party

Hermès: retour du sac banane

Les vêtements mixtes, très peu pour lui: "Il n'y a rien de plus joli qu'une fille qui s'habille dans des vêtements masculins, le contraste m'intéresse. Si les vêtements homme deviennent féminins, on perd ce contraste". Hermès a présenté dans la soirée un défilé également exclusivement masculin, alliant luxe et confort. Un accessoire en vogue dans les années 1990 fait son grand retour: le sac banane. Prévu en différents formats, il peut se porter à la taille ou en bandoulière.

"Ce n'est plus ringard, c'est un accessoire hyper pratique et très moderne", commente la directrice artistique de la ligne homme chez Hermès, Véronique Nichanian. "Il permet d'avoir les mains dans les poches et de mettre son téléphone, son portefeuille, de se sentir léger", souligne-t-elle. La collection, qui comporte une série de vêtements masculins croisés assez haut, fait aussi la part belle à d'originaux pulls torsadés en peau lainée. Un dessin d'araignée robot revient en motif récurrent dans le vestiaire, comme un clin d'oeil un peu étrange.

Du côté de la marque japonaise Sacai, quelques silhouettes féminines ont défilé en même temps que les hommes. La collection oscille "entre excentricité et simplicité" en jouant sur les juxtapositions: un manteau de fourrure féminin fusionne avec un manteau militaire d'homme, un pull en laine s'associe à une robe de soirée...

La griffe, lancée par la créatrice Chitose Abe en 1998, a présenté une collaboration avec la marque de vêtements outdoor The North Face, portant sur 12 pièces. La mixité est de mise aussi chez la jeune marque française Avoc, qui a proposé un vestiaire androgyne et ample, inspiré des uniformes de travail. (AFP)

Photos: Catwalkpictures

Victoria’s Secret, propriété du groupe L Brands au même titre que Henri Bendel, Pink et Bath & Body Works, annonce son engagement pour lutter contre la destruction des forêts vierges et met en place un système de control de sa chaîne d’approvisionnement qui vise à éliminer la pulpe de bois dans ses tissus, incluant le modal, la rayonne et la viscose.

Sur son site web, la marque de lingerie annonce la suppression des tissus provenant de la déforestation dans ses collections et de la violation des droits de l’homme. Le groupe de mode s’ajoute ainsi à la liste des entreprises de textile et d’habillement qui souhaitent mieux contrôler leur production. « Notre politique d'approvisionnement en produits forestiers a été conçue pour réduire le risque pour les forêts en danger, en évitant les produits qui contribuent à la déforestation ou à la violation des droits de l'homme », a expliqué L Brands.

Selon le Rainforest Alliance Network, plusieurs labels comme Zara, Levi Strauss, Ralph Lauren ou H&M ont opté pour cette même politique de ne plus acheter de tissus issus de forêts vierges et menacées d’extinction.