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Lacoste défilera à Paris

Lacoste retourne à ses racines. La marque de mode française déplace son défilé à travers l'Atlantique, de New York à Paris.

Après la Fashion week de New York, pendant laquelle la marque a présenté une collection inspirée de l'espace, avec des influences urbaines et vintage pour l'Automne-Hiver 2017-2018, Lacoste a annoncé qu’elle transférera son défilé à Paris, pour sa collection SS18, à l’occasion du 85ème anniversaire de la marque.

Cela fait 13 ans que la marque française organise son défilé lors de la Fashion week de New York. « Cet événement illustre le désir de la marque de capitaliser son héritage et met en évidence la nature même de son ADN, à savoir l'élégance française, sans effort », a écrit l'entreprise, dans un communiqué de presse.

La date exacte du défilé pendant la Paris Fashion Week et le lieu n'ont pas encore été révélés.

Photo : Lacoste

D'habitude, c'est lorsqu'il prépare ses défilés que le créateur Louis Verdad a du mal à dormir. Mais ces derniers temps, l'élection de Donald Trump lui a aussi donné des insomnies, dit-il. "Je suis né à Chicago mais j'ai grandi et passé toute ma vie au Mexique, avec des parents qui sont du Mexique. Je ne peux pas changer la nature de mon sang", a déclaré dimanche soir à l'AFP ce designer de 36 ans, en marge de la Semaine de la mode new-yorkaise.

Verdad, qui a débuté en faisant des robes de débutantes pour les jeunes filles hispaniques d'Atlanta, est devenu célèbre en 2003 grâce au complet porté par Madonna pour la cérémonie des récompenses de la chaîne musicale MTV, qui avait donné lieu au fameux baiser sur la bouche avec Britney Spears. Depuis, le créateur mexicain, aux créations sensuelles sans être outrageusement sexy, a habillé des vedettes comme Christina Aguilera, Milla Jovovich, Eva Longoria, Paula Abdul, Cher, Oprah Winfrey, Paris Hilton ou Cate Blanchett. Et il est maintenant comme un poisson dans l'eau dans le monde glamour de la mode, à New York comme à Los Angeles où il est basé.

Mais les temps sont durs pour les Mexicains aux Etats-Unis, y compris pour Verdad, détenteur d'un passeport américain. Après de violentes diatribes contre les immigrés mexicains pendant la campagne, Donald Trump a ordonné la construction d'un mur le long de la frontière mexicaine, et a promis d'expulser des millions d'immigrés mexicains sans-papiers.

Des dizaines de milliers de Mexicains ont manifesté dimanche à Mexico, à Gualajara et dans d'autres villes du Mexique contre ce projet de mur. Après son défilé à la Fashion Week dimanche, tout en couleurs discrètes, avec beaucoup de tweed, ceintures marquées et larges jupes plissées, Verdad s'est dit "très affecté par la situation politique actuelle". C'est notamment parce que la génération des "millenials", née juste avant les années 2000, est revenue régulièrement dans le débat pendant la campagne électorale qu'il a pensé sa collection pour de jeunes clientes, a-t-il fait valoir. "Même si moi je n'ai pas de problème avec la loi, ca me fait mal de voir ces gens souffrir à cause de tout ce qui se passe, ca me met en colère", a indiqué le créateur.

Pourtant, malgré l'arrivée au pouvoir de Trump, Verdad se veut optimiste. "En tant qu'artiste, on trouve quelque part de la beauté dans ce chaos". Fier de ses racines latines, Verdad sent qu'il doit maintenant travailler "pour avoir une voix, pour être sûr que les gens comprennent qu'on est important, qu'on compte et qu'on sert à quelque chose. Pour moi, cela veut dire faire une belle collection, pour que les gens te respectent". "Nous ne sommes pas seulement des immigrés, nous sommes des créateurs de tendance, des meneurs", a-t-il insisté. "C'est un bon moment, pour nous latinos, pour nous faire entendre dans le monde de la mode", a-t-il ajouté.

A part Verdad, d'autres créateurs latinos sont présents à cette Semaine de la mode, comme le Cubain Narciso Rodríguez, la Chilienne María Cornejo, le Colombien Edwing D'Angelo ou le Dominicain Fernando Rodríguez, co-fondateur de Monse et co-directeur créatif chez Oscar de la Renta, avec son épouse coréenne Laura Kim. (AFP)

Une jeune mannequin trisomique qui lance sa ligne sportswear, ou de la lingerie étudiée pour les femmes ayant eu un cancer du sein: la Fashion Week de New York a aussi été l'occasion dimanche de défier quelques canons de la mode.

Madeline Stuart, la jeune mannequin trisomique qui avait défilé sous les bravos à New York en septembre 2015, est revenue présenter sa première collection. Pour les débuts de sa marque "21 Reasons Why", cette Australienne de 20 ans a présenté une ligne sport et décontractée en lycra - avec collants, jupes et hauts barrés de messages comme "Supermannequin" ou "Je suis la Fashion Week". "C'est (une ligne) dans laquelle tout le monde peut être confortable et se sentir bien dans sa peau", a expliqué à l'AFP Rosanne Stuart, la mère de Madeline.

Le nom de la marque est une référence au 21e chromosome, dont l'anomalie est à l'origine de la trisomie, mais aussi à la volonté de voir le monde gagner en diversité, et au souhait partagé d'avoir 21 ans, a-t-elle expliqué. Elle a souligné que la collection avait été entièrement créée par sa fille ainsi qu'elle-même.

Madeline entend continuer à imprimer sa marque dans la mode: elle devait participer à un défilé lundi, travailler comme mannequin à Los Angeles et Londres, et espère montrer bientôt sa collection à Denver et à la Semaine de la mode de Paris. Madeline a aussi récemment obtenu un visa de travail américain, la "seule personne à souffrir d'un handicap mental" à avoir réussi à en obtenir un, a souligné sa mère.

Le défilé de Madeline s'inscrivait dans une série de présentations originales organisées dans une galerie d'art du quartier de Lower East Side. Avant "21 reasons Why", les invités avaient assisté à un autre défilé fort en émotions, consacré à des femmes ayant été atteintes d'un cancer du sein. Seize femmes, d'âges et d'origines ethniques diverses, ont présenté de la lingerie et des tenues d'intérieur signées AnaOno, qui conçoit des vêtements spécialement pensés pour les femmes ayant eu une mastectomie ou une opération du sein.

Certaines participantes ont dévoilé avec fierté leur poitrine reconstruite ou les doubles mastectomies subites, sous les encouragements du public, lors d'un défilé destiné à améliorer la connaissance de la maladie et à encourager la recherche. (AFP)

C'est une collection très incarnée, à forte personnalité, qu'a présentée dimanche le couturier français Joseph Altuzarra, autour du thème du pouvoir, inspiré par le personnage de Lady Macbeth. L'intrigante inventée par William Shakespeare a servi de base à celui qui fréquente la Fashion Week de New York depuis 2008, de même que la peinture nord-européenne de la Renaissance, a-t-il expliqué après le défilé.

Outre l'ambition et le pouvoir, apparents chez Lady Macbeth comme chez la noblesse représentée par les grands peintres de la Renaissance, le designer était aussi intéressé par les visages multiples de ces femmes, également vulnérables.

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"Nous voulions quelque chose qui soit en retenue, très habillé", mais qui dégage aussi de "l'émotion", a expliqué Joseph Altuzarra. Ce mélange de formalisme et de puissance était à l'oeuvre sur les nombreux manteaux et capes de la collection.

Ils combinaient laine, col imposant, souvent en fourrure, et une multitude de perles et boutons qui transcendaient l'allure. Autre exemple, les tailleurs portés avec pantalon ou jupes assortis, tout en rayures noir et noisette ou écarlate en motif pied-de-poule qui créaient la "tension" voulue par le couturier.

La femme Altuzarra apparaît, cette saison, sage et volcanique à la fois, servie par une mode très visible mais sans forfanterie. (AFP)

Le créateur néerlandais Sander Lak a imprimé un peu plus la jeune empreinte de sa marque Sies Marjan dans le paysage de la mode avec sa nouvelle collection très colorée aux formes savantes, présentée dimanche à New York.

Ce n'est que la troisième cuvée de l'ancien collaborateur du Belge Dries Van Noten, qui s'est lancé en février 2016. Dès son premier défilé, célébrités et références de la mode, Anna Wintour en tête, avaient fait le déplacement pour observer les premiers pas de ce trentenaire au regard rieur.

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Dimanche, la grande prêtresse du magazine Vogue était de retour dans un salon de l'hôtel Hilton pour découvrir une collection très maîtrisée et cohérente, bien que sans inspiration identifiée. "Je trouve ça très limitant d'avoir un mood board (collage d'images et de tous éléments qui inspirent le créateur), une muse et une inspiration", a-t-il expliqué à l'AFP.

Il a opté pour un processus plus organique, moins formel. "J'essaye de laisser les choses ouvertes aussi longtemps que possible", dit-il. "J'aime cette idée de laisser les matières, les couleurs et mon équipe décider de la direction que nous prenons", s'enthousiasme-t-il. Cette saison, le résultat est très coloré, plus encore que ne l'était la précédente collection, du jaune melon au vert menthe, en passant par le rose bonbon ou le bleu de cobalt.

Sander Lak voit dans cette livraison un mélange d'"opulence" et d'"aisance", évident dans ces robes et jupes, à la fois glamour et hyper féminines mais qui laissent aussi le corps libre de ses mouvements. Le choix de matières telles que la soie contribue à cette impression de départ très tapis rouge, tandis que des fermetures éclair et des boutons pressions dénotent un côté pratique, fonctionnel et moderne.

Autre exemple de ce mélange entre sophistication et naturel, cette robe faite d'un enchevêtrement de trois tissus différents, chacun de couleur distincte, qui se superposent ou se rejoignent. (AFP)

Les deux créateurs de la maison Public School ont fait défiler dimanche des mannequins avec des casquettes rouge "Make America New York", détournant le fameux slogan de campagne de Donald Trump, lors de la Fashion Week de New York.

La proposition symbolise tout à la fois l'identité new-yorkaise de le marque, fondée par deux enfants de la ville, Dao-Yi Chow et Maxwell Oxborne, et les valeurs de la capitale culturelle des Etats-Unis, ouverte sur le monde. "Make America Great Again", "rendre à l'Amérique sa grandeur", a été le slogan de campagne du candidat Donald Trump, qui continue à l'utiliser régulièrement depuis son investiture. Sur le côté de la casquette que portaient plusieurs mannequins, était brodé "44 1/2", laissant penser que Donald Trump, 45ème président des Etats-Unis, ne serait qu'un "demi" président.

It's a wrap! #PSNYFW17 #MakeAmericaNewYork

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Sollicités par l'AFP, les deux créateurs n'ont pas souhaité s'exprimer après le défilé. Autre manifestations du caractère politique de l'événement, il était intitulé "You're Welcome", contre-pied évident à la politique migratoire protectionniste du nouveau président. Plusieurs pièces, des sweats très sportswear, portaient une photo de l'ancien basketteur Michael Jordan avec, dans le dos, l'inscription "We Need Leaders" (nous avons besoin de leaders). C'était le grand retour de Public School à la Fashion Week de New York, après un an d'absence.

En septembre dernier, décidés à se concentrer sur la collection DKNY, dont ils avaient repris la direction artistique, Dao-Yi Chow et Maxwell Osborne, avaient passé leur tour. Depuis, le rachat de la marque à LVMH par le groupe G-III les a incités à renoncer, constatant que les nouveaux propriétaires ne partageaient pas la vision d'une montée en gamme de DKNY.

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Désormais recentrés sur leur propre maison, les deux créateurs ont proposé, pour la saison Automne/Hiver 2017, une collection qui s'est emparée du vêtement classique pour le détourner. Le costume Prince de Galles est ainsi devenu un ensemble pour femme composé d'une veste aux manches comme arrachées aux épaules, parée d'un corset, et d'un pantalon ample et confortable.

Le duo a aussi réinterprété la fameuse chemise à carreaux, l'un des incontournables du style américain, avec de nouvelle coupes et plus de longueur. Le velours, qui fait un retour en force cette saison chez de nombreux créateurs, a également été utilisé dans sa version la plus sage, côtelé et beige, pour une robe à l'allure contemporaine. (AFP)

Des mannequins qui jettent un sac poubelle aux photographes, les designers qui nettoient le podium en tenue d'éboueur: les Néerlandais de Maison the Faux s'en sont encore pris samedi sans ménagement aux codes du défilé.

Pour leur septième collection en trois ans, Jori Suk et Tessa de Boer ont, de nouveau, offert un spectacle qui ne correspond à rien de connu lors de la Fashion Week de New York, à part les iconoclastes de Hood by Air, qui ne sont pas de la fête cette année.

Samedi, il a beaucoup été question d'ordures: des bennes recouvertes de fleurs et roulées par les mannequins et des sacs poubelles déposés ou jetés avec fougue au pied des photographes. Pour pousser le jeu jusqu'au bout, les deux créateurs, habillés en éboueurs, sont venus balayer la scène après le défilé, sous les yeux des spectateurs dont beaucoup n'ont pas compris qui ils étaient réellement. Bien que nombre de créateurs s'interrogent actuellement sur l'avenir du défilé et lui préfèrent parfois d'autres formes, comme la présentation ou l'exposition, Maison the Faux n'a pas cherché, par cette mise en scène, à le délégitimer, assure Jori Suk.

"Nous adorons le défilé", explique-t-il à l'AFP. "Mais peut-être faut-il faire entendre une autre sonorité que celle de la perfection". Le titre de la collection, "Faux Cosmetic" se voulait une réflexion autour de la perfection apparente et de l'artifice. "Cette image est magnifique, mais en même temps tellement irréelle et inhumaine", ajoute Jori Suk. "La beauté est aussi cachée dans les imperfections", iniste-t-il.

Pour mieux illustrer son propos, les mannequins portaient tous un maquillage outrancier, qui inspirait plus un dérapage que de la vulgarité. Devant les photographes comme face à un miroir, une mannequin s'est remaquillée en appliquant du rouge à lèvre sur ses dents au lieu de ses lèvres, avec un sourire figé.

Les vêtements étaient souvent fait de pièces tenues entre elles par des fils assez lâches et d'un mélange de matières très différentes. Pour cette collection de sexe "neutre", ce qui signifie que tout peut être porté par tout le monde, tous les mannequins, hommes et femmes, ont remonté l'allée avec des hauts talons et beaucoup des cuissardes.

S'il s'amuse de la mode en général, Maison the Faux ne se veut pas accusateur, explique Jori Suk. Pour lui, "il est très important, à une époque comme celle-ci, d'envoyer un message positif, de faire sourire les gens". "Et nous ne présentons pas dans l'Amérique de Trump", dit-il, "mais dans un endroit où les gens peuvent être ce qu'ils ont envie d'êre". (AFP)

Combinaisons en nylon aux allures de Star Trek, patchées de cuir pour une touche d'art urbain: le directeur artistique de Lacoste, Felipe Oliveira Baptista, a choisi l'espace comme inspiration pour sa nouvelle collection présentée à la Fashion Week de New York.

"En des périodes comme celle-ci" où "ce n'est pas si facile au quotidien", "c'est bien de regarder à nouveau vers l'avenir, d'en chercher les aspects positifs et de se projeter en avant", a expliqué à l'AFP le designer d'origine portugaise, qui renouvelle le style de la célèbre marque au Crocodile depuis 10 ans. Pour sa nouvelle collection automne/hiver et hommes/femmes, M. Oliveira, 41 ans, explique avoir "fait une sorte de voyage cosmique" en allant jusqu'au musée de l'Espace de Moscou, "pour regarder dans le détail les vaisseaux spatiaux".

Il s'est aussi inspiré de ce monde de l'aviation dans lequel il a baigné enfant avec un père pilote, et qui a aussi marqué la fin de la carrière de René Lacoste, le champion de tennis qui lança la marque en 1933. Felipe Oliveira est revenu de Russie avec des créations qui remettent à l'honneur toutes sortes de nylon, mais lavées et travaillées pour garder le confort dont se targue la marque icône du sportif chic.

Pour un look à la fois urbain et vintage, il l'associe à des matières plus terriennes comme le coton, la laine ou le cuir, le tout dans des coupes amples et fluides avec des pantalons qui rasent la poussière.

Les couleurs sont tout en contrastes, du bleu métallisé et ocre-orange aux beige, lilas, kaki. Le thème terre/espace est aussi célébré par l'association de pantalons à la taille marquée et aux jambes évasées, à des chemises de laine à carreaux type bûcheron qui peuvent se porter aussi bien nouées à la taille que dénouées en robe.

Et le polo Lacoste, icône et valeur sûre du groupe depuis sa création il y a 84 ans? Il était aussi au défilé, assure Felipe Oliveira, mais discret cette fois, porté sous les chemises ou les combinaisons. (AFP)

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

Le créateur belge Raf Simons a dévoilé vendredi sa première collection Calvin Klein devant un parterre de célébrités à New York, rendant hommage à la diversité de l'Amérique pour l'un des défilés les plus attendus de la Semaine de la mode.

On ne comptait plus les vedettes venues assister au défilé du créateur flamand, considéré comme l'un des plus doués de sa génération: de la réalisatrice Sofia Coppola, une habituée des défilés Mark Jacobs, aux actrices Gwyneth Paltrow, Julianne Moore ou Naomie Harris, en passant par la grande prêtresse de la mode Anna Wintour, patronne du magazine Vogue. Pour cette première Fashion Week de l'ère Trump, Raf Simons, 49 ans, n'a pas hésité à multiplier les références au contexte politique particulièrement tendu qui prévaut en Amérique comme en Europe.

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

Il a évoqué le désormais fameux bandana blanc arboré en signe de tolérance et d'unité par de nombreux invités, auxquels Calvin Klein avait fait livrer des bandanas la veille pour les encourager à les porter jusqu'à la chanson de David Bowie, "This is not America", sortie en 1985 et diffusé à la clôture du défilé.

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

Raf Simons n'a fait aucune déclaration à l'issue du défilé, se contentant de saluer le public, son bras droit Pieter Mulier à ses côtés. Mais dans les notes distribuées aux invités, il a souligné avoir voulu rendre hommage à l'Amérique où il vit désormais à plein temps, loin des allers-retours entre Paris et Anvers auxquels il s'était habitué chez Dior. "Tous ces gens différents avec des styles différents, des codes d'habillement différents, c'est l'avenir, le passé, l'Art Déco, la ville, l'Ouest américain... c'est toutes ces choses là, et aucune à la fois. Il n'y a pas une seule époque, une seule chose, un seul look. C'est le brassage de tous ces personnages et de tous ces individus, exactement comme l'Amérique. C'est toute la beauté et l'émotion de l'Amérique".

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

Domination et déclin

De fait, la collection était un peu tout cela en même temps: parmi les points forts, le pantalon style uniforme de fanfare, avec liseré, porté avec chemises à poches plaquées, elles aussi inspirées du monde militaire, le tout décliné dans des couleurs vives et contrastées qui leur donnaient un air de liberté.

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

Liberté aussi pour les robes légèrement transparentes faites de fils de laine bi ou tri-colores et couvertes d'un voile de plastique. Ou encore pour des hauts unisexes au tronc tout de synthétique transparent, où seules les manches habillent vraiment, grâce à des rayures aux coudes style pulls de pompier. Mélange de modernisme et de classicisme, avec la série de manteaux mi-longs, déclinaisons de beige, aux épaules amples et à la coupe large, portés avec des bottes de cow-boy. Ou les costumes jacquard, qu'on imaginerait sans mal portés par les banquiers de Wall Street s'il n'étaient pas si amples.

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

Le tout dans un décor créé par l'artiste américain Sterling Ruby, exposé au MoMA ou au musée Guggenheim: les mannequins défilaient sous un plafond d'où pendaient boudins en tissus colorés, bouquets de fils de laine ou carrés de denim. Un artiste de mère néerlandaise qui cite pêle-mêle parmi ses influences les gangs, les graffiti, la violence, les monuments publics et la domination comme le déclin de l'Amérique...

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

Nouvelle énergie, nouvelle direction

Reste à savoir si ce nouveau souffle impulsé par Raf Simons, dont la collection sera disponible en magasin en août, permettra de doper les ventes de la marque américaine. Son propriétaire, le groupe PVH, espère voir les ventes au détail mondiales de Calvin Klein grimper à 10 milliards de dollars d'ici 2020, contre 8,2 milliards en 2015.

Interrogé sur la nouvelle collection, Imran Amed, fondateur du site spécialisé Business of Fashion basé à Londres et qui assistait au défilé, a estimé qu'elle représentait "une vraie prise de distances" avec le style décontracté chic jusqu'ici emblématique de Calvin Klein, célèbre surtout pour ses jeans, ses sous-vêtements et ses parfums.

Raf Simons célèbre chez Calvin Klein la diversité de l'Amérique

"Quand vous changez de directeur créatif, c'est en partie pour gagner une nouvelle énergie, une nouvelle direction, et j'ai l'impression qu'ils ont vraiment réussi cela aujourd'hui", a-t-il indiqué. M. Amed s'est aussi félicité que Calvin Klein ait, comme d'autres designers de cette Fashion Week, repris à son compte l'idée du bandana de la tolérance lancée par son site il y a une semaine. "Le monde de la mode était resté assez silencieux par rapport à tout ce qui se passe dans le monde, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe avec les réfugiés", alors qu'il a "une voix importante", surtout quand il s'exprime "de façon visuelle", a-t-il souligné. (AFP)

Photo credit: Fernanda Calfat / Getty Images North America / AFP

Ugg change d'image avec une nouvelle campagne

Ugg affiche une nouvelle image. La marque Ugg, du groupe Deckers Brands, fondée en Californie, lance sa campagne mondiale, clairement ancrée dans son héritage californien. La mythique chaussure en mouton retrouve ainsi ses racines et une ligne plus bohème urbaine.

En ce début de saison Printemps-Eté 2017, « Real » dévoile ainsi un collectif d’authentiques Californiens, au lifestyle incarnant l’esprit, la diversité et les valeurs de la marque. « Tout comme Ugg, ces artistes, musiciens, surfeurs, parfois au look excentrique, personnifient les codes de la marque Ugg de par leur style provocateur, avant-gardiste, libre, sensuel, positif et chaud », affirme la marque.

Sur fond de plages, reliefs et architectures, la campagne raconte l’histoire de 11 personnalités uniques qui représentent l’esprit de la marque, comme Tasya van Ree, Warm Brew, Hanalei Reponty, Sakae Patrick, Aleali May, Colleen Heidemann, Yasmina Jones, Haden McKenna, Daniel Hivner, etc. Sous la direction créative de Jess Wells, la campagne Ugg a été dirigée par le réalisateur et vidéaste brésilien Kauai Moliterno et photographiée par Frederic Auerbach.

La campagne célèbre la diversité et le lifestyle californien

« La campagne Printemps-Eté 2017 célèbre la diversité et le lifestyle californien », a déclaré Andrea O'Donnell, présidente de la marque Ugg. « Le collectif Ugg est un groupe éclectique de personnes qui représentent nos valeurs et notre héritage. En racontant leurs histoires, nous racontons la nôtre ».

Créée en 1978 par un surfeur de la West Coast des Etats-Unis, Ugg est une marque lifestyle globale reconnue pour son iconique botte Classic. Cette botte fut la d’ailleurs la première It shoe portée par des stars Hollywoodienne. Ugg conçoit et distribue aujourd’hui des chaussures, des vêtements, des accessoires et des articles pour la maison.

La marque Ugg comptabilise plus d’un milliard de dollars en ventes annuelles. Il existe 130 boutiques Ugg dans le monde, notamment à New York, San Francisco, Los Angeles, Paris, Londres, Tokyo, Shanghai et Pékin. Ugg est disponible dans plus de 1000 points de vente dans le monde entier.

Photo : Campagne UGG