(publicité)
(publicité)

Le 15 mars 2017, le nouveau président américain Donald Trump a annoncé son projet de taxe aux frontières, qui porte le nom de « border adjustment tax ». Si cette mesure vient à être votée et mise en place, l’ensemble des produits importés aux États-Unis seraient taxés de 20 %. Il s’agit ici d’un parfait exemple de protectionnisme agressif visant au pays de relocaliser son économie. En France, les grands groupes du luxe s’alarment et craignent une baisse considérable des exportations vers les États-Unis, tandis que LVMH vient d’annoncer le rachat de Christian Dior couture.

Les groupes français du luxe tremblent

Même s’il n’a pas encore affiché ses ambitions précises, Donald Trump portera préjudice à tous les produits « made in France » avec l’application de cette taxe. En effet, les appellations d’origine contrôlées ne peuvent pas être délocalisées. Le leader Français du luxe LVMH réalise 26 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis, tandis que Kering enregistre 22 % de ses ventes en Amérique du Nord versus 18 % pour Hermès. Face à cette mesure, les groupes du luxe n’ont qu’une option : augmenter les prix de leurs produits. Cela aura un impact direct sur l’offre disponible aux États-Unis. Et pour les spiritueux, c’est la même chose.

LVMH compte racheter Christian Dior couture

Le groupe LVMH a récemment annoncé le rachat de Christian Dior couture pour 6,5 milliards d’euros. Avec cette opération, Groupe Familial Arnault voit sa participation au sein de LVMH se renforcer, pour d’atteindre 100 % du capital de Christian Dior, qui gardera tout de même 41 % du capital de LVMH. Pour rappel, LVMH possède plus de 70 marques, dont Louis Vuitton, Bulgari et Moët & Chandon. L’opération état entièrement financée par des titres Hermès, LVMH sortira totalement du capital du sellier avec ce rachat.

Les marchés applaudissent le rachat

Alors que les marchés attendaient depuis longtemps cette simplification de la structure de LVMH, le rachat de Christian Dior Couture a été accueilli chaudement : l’action LVMH a bondi de 4% pour se placer en tête du CAC40, tandis que le titre Dior a progressé de 12 %. D’un autre côté, Hermès a perdu du terrain en vue d’une vente massive des titres : le sellier affiche une chute brutale de 4 %. D’après les analystes de Barclays, il s’agit d’une excellente acquisition pour LVMH étant donné la solidité de la marque Christian Dior.

Coup de frein pour le marché mondial du luxe

D’après le courtier spécialisé IG Markets qui permet notamment de suivre le cours du Dow Jones, le marché mondial du luxe subirait un ralentissement continu depuis 2012. Cela serait expliqué par des facteurs conjoncturels ainsi qu’un marché de plus en plus complexe : transferts de clientèle sous l’effet des taux de change, turn-over important des directeurs artistiques et dirigeants et plans de restructuration multiples. En plus de ces difficultés, l’année 2016 fut particulièrement éprouvante pour ce secteur, en raison des crises géopolitiques diverses, de la menace terroriste ainsi que des vagues entraînées par le Brexit et du ralentissement de la Chine.