Défilés parisiens: une ode à la liberté de la presse sur les podiums

La mode a célébré la liberté de la presse samedi à la Fashion week parisienne, où deux marques ont présenté des vêtements couverts de slogans issus d'une campagne du New York Times en réaction aux attaques de Donald Trump contre les médias.

La griffe japonaise Sacai a imprimé 19 phrases issues de cette campagne publicitaire sur la recherche de la vérité, "The Truth is Hard", lancée par le quotidien américain en février dernier, sur le dos d'un t-shirt et d'un sweat à capuche.

Donald Trump a annoncé mercredi ses prix "Fake News" très controversés et dénoncés par avance par deux sénateurs de son propre camp effarés par ce spectacle et par les "assauts" présidentiels répétés contre la presse. La créatrice à la tête de la marque, Chitose Abe, portait elle-même un t-shirt frappé du logo du journal et la phrase "Truth. It's more important now than ever". ("La vérité n'a jamais été aussi importante").

Défilés parisiens: une ode à la liberté de la presse sur les podiums

"Je trouve que le New York Times a raison, c'est la raison pour laquelle je voulais collaborer avec eux et les soutenir", a expliqué la créatrice japonaise à l'AFP après la présentation de sa collection mixte automne-hiver 2018, dans les anciens bâtiments du journal Libération. "C'est aussi un message sur l'importance de la tolérance et de la nécessité d'accepter tout le monde, de la bonté", a-t-elle ajouté.

Le message du New York Times a aussi séduit la jeune marque française Etudes, qui a imprimé le logo du journal sur des écharpes de sa collection, inspirée par la "scène underground". Les créateurs Jeremy Egry et Aurélien Arbet ont indiqué à l'AFP n'avoir pas voulu envoyer "un message politique, mais être évidemment pour la liberté d'expression".

Le 'New Look' de l'homme

Plus tard dans la journée, le directeur artistique de Dior homme Kris Van Assche a présenté sa version masculine du "New Look". Le tailleur Bar de 1947 imaginé par Christian Dior sert d'inspiration à des vestes de costumes, dont les tailles sont très appuyées et les manches affinées.

"Monsieur Dior pour ces vestes Bar s'inspirait beaucoup de l'homme, des vêtements d'officiers et donc finalement l'exercice de remettre cela sur des vêtements d'homme n'était pas si compliqué que cela", a expliqué le créateur belge à l'AFP. "On vit une époque où les gens disent le tailleur c'est fini, tout doit être loose, baggy, oversized... Dans cette période où tout est un peu brouillé, entre le streetwear et le haut de gamme, je pense qu'il est important de vraiment insister sur l'ADN de la marque, ce qui nous différencie des autres, donc le tailleur", a-t-il ajouté.

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Mais dans cette collection intitulée "Forever Young" transparaît toutefois aussi l'univers du streetwear, de la jeunesse et du clubbing des années 1990, l'époque où Kris Van Assche était adolescent. Pour le décor, le créateur explique s'être inspiré de sa chambre d'ado, éclairée par une barre de spots de toutes les couleurs, où il avait l'habitude d'écouter de la musique à fond. Dans le vestiaire, des jeans, des polos, des baskets type Converse et des chaussures type Doc Martens, des bandanas, des motifs de tatouages tribaux s'impriment sur des chemises ou se déclinent en bijoux. (AFP)

Photos: Sacai AW18 & Etudes AW18 © Catwalkpictures.com