La filière du cuir s'organise pour réduire son impact environnemental

Paris - La filière française du cuir veut « aller plus loin » dans ses démarches environnementales en se fédérant autour d'« engagements clairs », pour mieux se différencier sur le marché mondial mais aussi contredire l'image d'industrie pollueuse qui lui est souvent accolée.

« Par essence, notre filière est une activité de recyclage puisque les peaux sont un déchet de l'industrie agro-alimentaire », a mis en avant jeudi lors d'un point presse Franck Boehly, président du Conseil national du cuir (CNC), rassemblant 9 400 entreprises qui interviennent depuis l'élevage des animaux jusqu'à la distribution de produits finis.

Le CNC vient de publier un Livre Blanc dressant un « état des lieux » des démarches environnementales mises en place par le secteur, pour mieux faire connaître les initiatives expérimentées et surtout celles à venir.

« Il est important de montrer que nos entreprises sont actives et engagées. On entend dire que la filière pollue, le tannage au chrome n'a pas bonne presse alors qu'il n'a pas d'impact sur la santé, qu'il n'y a plus aucun rejet dans l'eau, et que les tanneries respectent des régulations pointues », affirme M. Boehly.

Il évoque aussi le « mouvement vegan », et « la petite musique insistante qui laisse entendre que notre industrie n'est pas respectueuse de l'environnement ou des animaux », déplore le représentant du secteur qui pèse 25 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

« Une charte commune »

La filière dit dans son Livre Blanc « vouloir aller plus loin et poursuivre ses actions en faveur d'une industrie responsable », et appelle les métiers du cuir à « se structurer autour d'une charte commune, à partir d'engagements clairs et réalistes ».

Meilleure gestion de l'eau, réduction des déchets, filtration des émissions : le secteur a amélioré ses procédés au fil des ans, alors que les textes de loi français et les directives européennes se faisaient plus restrictifs. Mais des chantiers restent à mener, dont l'instauration d'une traçabilité des peaux au niveau mondial.

La France est en train de généraliser un marquage au laser des veaux dès la sortie des abattoirs, qui reste lisible après les traitements chimiques et mécaniques des peaux. Mais peu d'informations sont disponibles sur la provenance des 43 millions d'euros de peaux et cuirs importés en France l'an dernier.

Le recyclage reste aussi à inventer : « 420 millions de paires de chaussures par an sont commercialisées en France, dont un quart en cuir, vous imaginez le gisement ? Notre centre technique a aussi prouvé que le cuir a le même pouvoir calorifique que le bois. Transformé en granulats, il peut servir de chauffage », explique Franck Boehly. (AFP)

Photo : Unsplash

 

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