La semaine de la mode milanaise tire à sa fin. Si cette édition consacrée aux collections de prêt-à-porter automne/hiver 2009 a constitué une belle page de publicité pour le secteur textile italien, la manifestation a été marquée par le désistement d'une dizaine de créateurs et de maison de mode. Le président de la Chambre de la mode milanaise, Mario Boselli, a expliqué ces défections par "la prudence" des acheteurs du secteur, qui sont "moins nombreux" que d'habitude à avoir confirmé leur venue à Milan car "ils cherchent à faire des économies". Mario Boselli a néanmoins tenu à souligner que "tous les grands noms de la mode étaient présents" dans le calendrier des collections femme.

Alors qu'elle accueillait 95 défilés il y a un an, la manifestation milanaise n'a présenté que 79 cette année. Plusieurs marques n'étaient pas au rendez-vous, comme La Perla ou AB Soul, faute de moyens. Quelques semaines avant le coup d'envoi de la Fashion Week italienne, la faillite de la société Ittiere, l'un des fleurons du luxe italien semble avoir donné le ton. La société, propriétaire de Gianfranco Ferre et producteur des lignes Versace sport, Just Cavalli ou Galliano, qui emploie 1 800 personnes en direct et en fait vivre des milliers d'autres, s'est placée sous administration judiciaire début février, endettée à hauteur de 300 millions d'euros.

Malgré les turbulences économiques, pas de grise mine sur les podiums milanais, la femme de l'hiver prochain a les épaules carrés comme pour faire face à la crise : épaulettes chez Fendi, épaules structurées aux millimètre chez Versace ou aux formes architecturales à la Elsa Shiaparelli chez Dolce & Gabbana (photo).

Michele Tronconi, président de la Fédération du textile et de la mode italienne constate que le secteur textile italien a été bouleversé par le ralentissement économique : «depuis un mois et demi, toutes les commandes sont bloquées, la situation est explosive», s'alarme . La filière a demandé fin février l'intervention de l'État. Elle réclame un fonds de garantie facilitant l'accès au crédit et des mesures d'incitation à la consommation, comparables à celles dont bénéficient l'auto et l'électroménager. «Le textile et l'habillement constituent le deuxième secteur manufacturier en Italie. Il faut le protéger, exhorte Valeria Fedeli, secrétaire générale du syndicat Filtea-Cgil. La mobilisation continue jusqu'à ce que nous obtenions des résultats.» Le textile et l'habillement emploient 500 000 personnes en Italie et pèsent 54 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont près de 10 milliards d'euros de rentrées nettes de devises pour le pays.

Photo: Dolce & Gabbana A/H 2009-10

 

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