Paris Fashion Week: les défilés se dérouleront sur fond de sécurité renforcée

Après Londres et Milan, Paris accueille à partir de mercredi les défilés de prêt-à-porter masculin, suivis de la haute couture, spécificité française, jusqu'au 29 janvier, dans un contexte de sécurité renforcée après les attentats qui ont frappé la capitale. La mode homme, en pleine expansion, se déclinera en cinquante défilés sur cinq jours, pour donner le "la" des tendances de l'automne-hiver: les plus grands noms comme Louis Vuitton, Hermès, Dior, Saint Laurent ou Valentino côtoient les jeunes créateurs, dans un programme officiel qui fait la part belle aux designers japonais. Les shows de Londres et Milan ont notamment mis en vedette les manteaux ou blousons en peau lainée (Tom Ford, Burberry), les bombers, les franges, les motifs géométriques noir et blanc. Versace allonge les pulls transformés en sortes de mini-jupes, tandis que vestes et manteaux se portent croisés dans la collection mixte et minimaliste de Prada.

Une capitale de la mode en alerte

Le monde de la mode rejoindra une capitale française en alerte, avec un dispositif de sécurité antiterroriste maximal et un déploiement exceptionnel des forces de l'ordre, deux semaines après les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché casher qui ont fait 17 morts. L'industrie de la mode a largement exprimé son soutien à la liberté d'expression et son effroi sur les réseaux sociaux. Et Karl Lagerfeld a jugé que ces événements étaient "très mauvais pour l'image de Paris" dans le Women's Wear Daily. Pour rassurer acheteurs, journalistes et célébrités du show-biz venus d'Europe, d'Asie et des Etats-Unis, la Fédération française de la couture, organisatrice de l'événement, a donné des conseils de vigilance aux maisons de mode. Son président exécutif Stéphane Wargnier les a notamment enjointes à "renforcer le contrôle des cartons d'invitation à l'entrée en l'assortissant d'un contrôle d'identité", à "opérer un contrôle des sacs" et à éviter les attroupements aux entrées des salles de défilés.

La semaine de la haute couture qui, à la différence du prêt-à-porter, se tient exclusivement à Paris, deux fois par an, prendra la relève des défilés hommes à partir de dimanche, en 24 shows étalés jusqu'au 29 janvier. Luxe réservé à de richissimes happy few dans le monde, travail à la main et sur mesure, la haute couture est une appellation juridiquement protégée, décernée par les autorités françaises en fonction de critères précis. Seules une quinzaine de maisons bénéficient de cette appellation: la dernière en date est celle d'Alexandre Vauthier. D'autres ont le statut de membres correspondants ou invités, ce qui leur permet de participer au calendrier de la couture.

Dotée de ce prestigieux label, la Maison Margiela et son nouveau directeur artistique John Galliano, ont fait jaser en choisissant, de façon inédite, de montrer en primeur leur défilé haute couture à Londres. C'est donc là-bas que le couturier a fait son retour après avoir été exclu du monde de la mode pour des propos antisémites. La collection, rencontre très attendue entre le couturier au style flamboyant et une maison au style minimaliste et expérimental, a séduit de nombreux invités au rendez-vous londonien. Mais elle en a dérouté d'autres, comme la femme d'affaires libanaise Mouna Ayoub, cliente des maisons de haute couture, qui s'est dite "un peu perplexe" face à une collection dans laquelle elle "n'a pas vu Galliano", "à part dans les manteaux". Conséquence de sa présentation londonienne, la collection "artisanale" de Margiela sera visible à Paris, mais hors calendrier officiel, uniquement sur rendez-vous. Les regards seront aussi braqués le 28 janvier sur le défilé de Jean Paul Gaultier, qui a annoncé à l'automne qu'il arrêtait le prêt-à-porter, pour se concentrer sur la haute couture. (AFP)

 

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