Selon Tom Ford, l'ancien système de la mode était efficace et se rétablira

« Le système de la mode est dirigé par le consommateur », a déclaré Tom Ford, cinq jours avant son défilé, lors d’un Live Instagram avec la journaliste du New York Times, Vanessa Friedman. Le créateur et homme d’affaires remet en doute ce qu’il se murmure actuellement dans le secteur de l’habillement à propos du renoncement des pré-collections et de la mise en place de deux collections seulement par an. « Nous avons formé le consommateur à penser qu’il y a quelque chose de nouveau tous les deux mois », dit-il.

Toutefois, il garde à l’esprit la mode responsable, à la fois en tant que créateur et en tant que président du Council of Fashion Designers of America. Tom Ford, qui est devenu vegan il y a quelques années, a félicité Stella McCartney, son ancienne camarade de chez Gucci, pour son engagement précoce et durable en faveur du développement durable. Il considère l’intemporalité et la qualité comme des facettes importantes de la durabilité. « Mes vêtements et ce que je conçois ne sont pas destinés à être jetés », a-t-il déclaré. « Quand j’ai quitté Gucci et YSL, j’ai dû laisser mes archives derrière moi. » Depuis, il rachète les pièces à un coût considérable.

Les défilés de mode physique et en direct ne peuvent pas être remplacés

Debout dans son atelier vide de Los Angeles, entouré de machines à coudre, l’attention tournée vers son prochain défilé numérique, il a reconnu qu’il n’y avait pas de remplacement pour le défilé de mode physique. « La mode, c’est le moment Instagrammable, et pour cela, vous avez besoin d’une convergence de personnes, de célébrités. Les show en direct sur un calendrier sont très efficaces. » Il pense également que des tendances sont créées lors des discussions entre les participants alors qu’ils vont et viennent d’un show à l’autre. « J’espère que les vrais défilés de mode reviendront », a-t-il déclaré, ajoutant que septembre semble prometteur. Il manque « l’électricité » qui ne peut être capturée dans un film. « C’est comme l’expérience en direct d’une pièce de théâtre. »

Cela fait trente-cinq ans que Ford crée et il avoue que cela lui plait toujours. Cependant, avec le modèle actuel des Fashion Weeks, consistant à télécharger des shows ou des lookbooks, Ford, comme beaucoup d’entre nous, a dû maîtriser de nouvelles méthodes de communication. Cela était d’ailleurs son tout premier Instagram Live. Aujourd’hui, il peut via Zoom, examiner une chaussure tenue face caméra dans son usine italienne, inspecter les corrections via un PDF, mais rencontre des difficultés avec ce qui est pour lui le plus grand défi : rassembler des looks pour une présentation. Il s’est toujours permis de jouer avec la collection jusqu’au jour du défilé. « Si vous pensez à une bonne idée deux jours avant le show, vous devez l’inclure. Vous ne pouvez pas attendre la saison prochaine. Vous n’en voudrez plus la saison prochaine. »

Mais malgré sa passion, sa créativité a souffert pendant la pandémie, et il s’est laissé absorber par les chaînes d’information en continu, CNN et MSNBC. « Tout le monde a ressenti une certaine dépression », admet-il. « Il a été difficile de se sentir créatif avec toute cette agitation. »

Le mouvement Black Lives Matter a changé l’industrie de la mode

Malgré cette année difficile, quelques points positifs sont apparus et resteront, dit Ford. Les professionnels de la mode n’ont pas besoin de voyager autant qu’ils le pensaient. C’est une mesure d’économie et de protection de la planète. Dans le cadre de son rôle au sein du CFDA - qui a publié ce mois-ci le rapport sur l’état de la diversité, de l’équité et de l’inclusion dans la mode - Ford assiste aux changements radicaux induits par le mouvement Black Lives Matter dans l’industrie, et il n’imagine pas un retour aux anciennes méthodes. Il a pris des mesures pour rééquilibrer le conseil en veillant à représenter à la fois la diversité raciale et de genre, et le CFDA agit désormais comme une sorte d’agence de talents pour les marques à la recherche de talents auparavant sous-représentés. « Nous devons maintenir cela », a-t-il déclaré. « La mode a tellement pris de la culture noire. À bien des égards, nous devons beaucoup à la communauté noire. »

La journaliste Jackie Mallon is également enseignante et auteur de Silk for the Feed Dogs, un roman qui se situe dans l’industrie internationale de la mode.

Cet article a initialement été écrit pour FashionUnited.com. Il a été traduit et édité en français par Julia Garel.

Crédit : photos du CFDA.com

 

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