(publicité)
(publicité)
Enquête sur les réserves des Galeries Lafayette du boulevard Haussmann

Les réserves situées au sous-sol du bâtiment principal des Galeries Lafayette situées boulevard Haussmann (comprenant trois magasins : Lafayette Coupole, Maison et Homme) représentent-elles un danger pour le personnel de cette célèbre et luxueuse institution parisienne? Le CHSCT en est persuadé. La direction des Galeries Lafayette beaucoup moins.

Le CHSCT (le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail constitué dans tous les établissements occupant au moins 50 salariés) est en conflit ouvert avec la direction du grand magasin depuis le 15 juin. Ce jour là, les membres du CHSCT ont voté en faveur de la réalisation d’une expertise afin d’identifier les risques, pour le personnel, de travailler dans les réserves des Galeries Lafayette.

Construit au début du XXe siècle, l’immeuble du boulevard Haussmann présente des caractéristiques récurrentes aux immeubles anciens. Mais pour les représentants du personnel, le problème le plus important n’est pas tant la vétusté des lieux que le manque « criant » de place. "La question du manque de place est cruciale tout comme l'est celle du surstockage, explique David Pereira, membre du CHSCT et délégué du personnel au magazine L’Express. Ceci se pose de façon encore plus aiguë lors des périodes de pic d'activité comme les soldes, les 3J où les fêtes de fin d'année. Sans parler de l’ouverture du dimanche qui va drainer encore plus de marchandises alors que les réserves sont déjà saturées et impraticables."

La société les Galeries Lafayette se pourvoit en cassation

Deux accidents du travail ont déjà eu lieu dans les réserves. Dans les deux cas, le premier en 2012, le second en 2016, il s’agit, d’après le représentant du personnel cité par L’Express, de démonstratrices non salariées qui ont chuté d’un escabeau en voulant attraper un vêtement. Ces accidents ont conduits aux licenciements pour inaptitude des personnes concernées. Le constat dressé par le CHSCT est sévère : objets entassés et situés en hauteur, cabines d’essayage transformées en réserves sauvages, câbles électriques qui trainent, sorties de secours entravées.

Du coté de la direction, on met en avant le fait qu’une première expertise a été réalisée en 2010. Cette expertise a donné lieu à des aménagements qui rendent inutile un nouvel état des lieux. Au passage, le CHSCT a été poursuivi en justice pour usage abusif du droit à l’expertise. Cependant le 12 septembre dernier, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a donné raison au comité d’hygiène des Galeries Lafayette et a ordonné une nouvelle enquête, en se basant sur les preuves photographiques fournies par les membres du CHSCT. Des documents qui d’après le juge des référés, démontrent un « risque grave » pour les employés.

Cette première victoire du CHSCT n’a pas découragé la direction qui a décidé de se pouvoir en cassation. Cependant, le jugement étant exécutoire, l’enquête aura bien lieu malgré tout. Elle débutera le 23 octobre et durera 45 jours. Elle permettra de dresser un examen complet des 10000 mètres carrées dédiés aux réserves.

Crédit photo : Galeries Lafayette, dr