Le Bon Marché met en scène un Paris “émergent”

La Goutte d’Or, Pigalle, Château Rouge. Autant de mots et de quartiers qu’on imagine totalement étrangers à la femme Rive Gauche. C’est pourtant bien mal connaître les qualités de la parisienne, le piquant de ses contradictions et l’agrément de ses parti-pris qui vont de l’inattendu au déraisonnable.

Figure incontournable de l’élégance parisienne, le Bon Marché Rive Gauche connaît la parisienne sur le bout des doigts. Il sait jusqu’où peuvent la mener ses prédilections changeantes, il connaît les instincts qui la portent naturellement vers les artistes de tout horizons. C’est pourquoi, après avoir exploré les cultures contemporaines du Brésil, du Japon ou de Brooklyn, le célèbre grand magasin a décidé de se tourner vers un Paris « émergent, insolite et secret » et de proposer une ballade dans la Capitale à la découverte de créateurs qui revendiquent le « Made in Paris ».

Pour cela, Le Bon Marché a invité Christian Louboutin le temps de l’exposition « Paris ! » qui se tiendra du 2 septembre au 15 octobre prochain. Au rez-de-chaussée, l’espace sous la verrière centrale accueillera une boutique éphémère et une exposition, plongera les visiteurs dans l’univers de Christian Louboutin qui a imaginé pour l’occasion une édition limitée – et exclusive - de souliers, de sacs et d’accessoires.

Le Bon Marché met en scène un Paris “émergent”

« On revient au respect du travail manuel, des matériaux, de l’environnement »

Pour cette exposition, le grand magasin a souhaité provoquer des rencontres inédites, en travaillant avec les créateurs qui ont choisi un quartier et s’en réclament. Pour les acheteurs du Bon Marché, les créateurs de Château Rouge, de la Goutte d’Or, de Pigalle, de la rue de Verneuil sont les dignes héritiers de ces ateliers d’artistes du XIXème ou du début du XXème siècle : on pense au bateau Lavoir à Montmartre, à La Ruche, à ces artisans à ces échoppes, à ces comptoirs qui faisaient de la ville un formidable atelier vivant. « Le parallèle est d’autant plus juste, affirme le porte-parole du grand-magasin, que certaines valeurs des siècles derniers reprennent vigueur : la vie de quartier, la transmission du savoir-faire, le respect du travail manuel, des matériaux, de l’environnement, le goût de la nature, du végétal. L’avenir, pour nombre d’entre eux, semblait tout tracé. Juriste, avocat, médecin, professeur. Pourtant, ils ont décidé de devenir créateurs, de se réaliser pleinement dans leur profession et d’offrir à ceux qui choisiront leurs créations quelque chose d’unique, une part d’eux-mêmes en quelque sorte ».

Ce n’est donc pas un Paris mythique, figure d’Epinal, qui s’installe au Bon Marché (et à La Grande Epicerie), mais un Paris cosmopolite et foisonnant. Un Paris « laboratoire de la modernité ». Plus d’une quarantaine de marques, très jeunes pour la plupart, sont mises en scène dans un décor de kiosques à journaux. Quelque exemples : la marque Maison Château Rouge, fondée en 2105 par deux frères, Youssouf et Mamadou Fofana. Le nom de label est un hommage au quartier du XVIIIème arrondissement, emblématique d’un Paris qui symbolise pour les deux créateurs, le « vivre ensemble ». Cette jeune marque propose un streetwear minimaliste, des jupes et des tops pour femme, des tenues urbaines coupées dans des wax achetés aux commerçants du quartier. Coté accessoires, le Bon Marché met notamment en vedette Fauvette et Louise Damas qui font atelier et boutique communs dans le Xème arrondissement. Fauvette propose des sacs, pochettes et accessoires, simples et épurés qui jouent avec les différentes finitions de cuir. Louise Damas crée des bijoux inspirés par ses héroïnes romanesques. Toutes leurs créations sont faites à la main, sous les yeux des visiteurs qui peuvent choisir couleurs et matériaux.

Le vestiaire masculin n’est pas négligé. On trouvera la marque homme Pigalle créée par Stéphane Ashpool dans le quartier qu’il affectionne et où il entraine une équipe de minimes au basket. Le jeune homme, leader du collectif Pain O Chokolat, donne au streetwear un esprit couture. Le Lauréat de l’ANDAM fashion Award a imaginé à l’occasion de cette exposition trois créations avec les prestigieuses maisons Goossens, Lemarié et Lesage. Autre marque masculine : GEYM (pour Go East Young Men) fondée en 2015 par Thomas Erber (à qui l’on doit le brillant showroom Cabinet de Curiosité) ; le directeur artistiques est Nao Okawa. La marque s’inspire de la phrase de la ruée vers l’or et met l’accent sur la combinaison de matières riches ou intelligentes qui composent des formes urbaines conjuguant style et liberté de mouvement.

Le Bon Marché met en scène un Paris “émergent”

Pour les dessous, Le Bon Marché a jeté son dévolu sur la lingerie Body & Clyde ainsi que sur la toute jeune marque Esquisse, créée cette année, et qui se consacre à un mono-produit : la culotte, découpée au laser dans des matières luxueuses, imprimée de palmiers, de fleurs ou d’hirondelles ; le tout dans une optique de développement durable.

Les grandes maisons ne sont évidemment pas oubliées : des créations exclusives enrichissent le propos de cette exposition. Dior habille sa pochette «Wallet on Chain» en agneau blush pink de badges célébrant la capitale. Moynat travaille avec le street ar- tist Mambo. Balenciaga créé un Shopping tricolore, Jérôme Dreyfuss colore de bleu, blanc, rouge les scratchs de ses baskets. Repetto imprime un plan de Paris sur ses ballerines, Inouitoosh une façade haussmannienne sur une étole. D’Estree s’inspire pour ses chapeaux des colonnes de Buren. Enfin, ultime concession au folklore parisien, Kitsuné décore un t-shirt d’une baguette tandis que des verres Baccarat s’ornent de tours Eiffel et que Dries van Noten propose un sweat shirt brodé d’une vue nocturne de la ville.

Crédit photo: Le Bon Marché Rive Gauche DR

 

Sur le même sujet

PLUS D'ACTUALITÉ

 

LES DERNIÈRES ANNONCES D'EMPLOI

 

LES PLUS CONSULTÉS