"On veut travailler" : à Lyon, les indépendants restent mobilisés

Lyon - Un millier de commerçants et indépendants du Rhône se sont réunis pour un troisième lundi consécutif de manifestation à Lyon afin d’alerter sur la situation de leurs établissements, fermés depuis le reconfinement.

A l’appel de plusieurs organisations comme l’UMIH (Union des métiers de l’industrie hôtelière), la FNH (Fédération nationale de l’habillement) ou encore des Toques blanches, une association de restaurateurs lyonnais, les manifestants se sont élancés depuis la place Bellecour vers la préfecture avec comme slogan commun “On veut travailler”.

Restaurateurs, coiffeurs, patrons de discothèques, artistes de cirque… Drapés de noir jusqu’au masque, tous ont convergé vers la préfecture de région.”J’ai jamais vu autant de patrons manifester”, constate l’un d’entre eux.

C’est le cas du chef étoilé Christian Têtedoie, 59 ans, et 170 salariés sous sa coupe, qui voit le travail de toute une vie menacé par les dettes. “Il y a un moment où cela va devenir un vrai souci et les banques ne vont plus nous suivre. […] On a une perte sèche qui est trop importante”, s’inquiète le restaurateur.

Pour Anne Delaigle, représentante du collectif “Au nom des indépendants”, “on a protégé les plus faibles” sur le plan sanitaire tandis “qu’on laisse les plus gros s’en sortir sur le plan économique”. La styliste redoute une société post-Covid où on “n’achètera plus que des produits fabriqués en Chine sur Amazon”.

L’enjeu du “Black Friday”

Le député LREM du Rhône Bruno Bonnell qui a fait le déplacement pour écouter les doléances des indépendants avant leur manifestation dit “comprendre ce désespoir et ces réelles angoisses” mais considère ces fermetures comme “une question de fraternité, de solidarité nationale”. “Il n’y a pas de catégories de personnes qui sont punies par rapport à d’autres”, ajoute l’élu.

Alors que le Premier ministre a laissé entrevoir la possibilité d’une réouverture le 1er décembre pour certaines boutiques dans la perspective des fêtes, les commerçants souhaitent pouvoir accueillir les clients dès le 27 novembre, au moment du Black Friday.

“Ca fait un week-end de plus avant les fêtes, il y a une vraie différence, c’est précieux”, plaide Jean-Sébastien Veilleux, président de la fédération nationale de l’habillement (FNH) pour Auvergne-Rhône-Alpes. Une demande qui rejoint celle de huit associations de commerçants de moyennes et grandes villes dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État.

Fanny Hemmerlin, responsable du “Mouvement Carré nord Presqu’île”, une association de commerçants du centre- ville de Lyon, s’interroge elle sur les conditions de la réouverture en décembre: “A quoi bon si la population est toujours confinée ? Il ne faut pas non plus de limite territoriale comme à l’issue du premier confinement, notre zone de chalandise est de 130 kilomètres.” (AFP)

Crédit : JEFF PACHOUD AFP

 

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