The Fairyland for Fashion (Texworld) : bilan d’une session dynamique

The Fairyland for Fashion, soit l’ensemble des salons de Texworld axés sur les tissus et la confection, a enregistré un bon niveau d’affluence avec 13 929 visiteurs, une augmentation de 2,35 pour cent par rapport à février 2018. Parmi les premiers pays visiteurs, la France, suivie de l’Espagne, du Royaume-Uni et de la Turquie. La zone Amériques était aussi bien représentée, tout comme l’Asie.

La 44e édition de Texworld Paris, où se sont regroupés 699 fabricants de tissus provenant de 20 pays, était placée le signe du développement durable. « Dès 2009 nous avons mis en place une série d’animations pour promouvoir les matières écologiques et accorder une place visible au développement durable. Nous faisons partie d’un groupe mondial né en Allemagne, pays très sensible au développement durable. En pionnier, il y a 10 ans, nous avons senti que cette notion était en train d’interroger fondamentalement le monde. Nous avons été un des premiers à sauter le pas. Nous avons donc mis en place un parcours et des forums spécifiquement dédiés à cette conception de croissance. Je me réjouis de cet engouement si fortement ressenti cette session », a souligné Michael Scherpe, président de Messe Frankfurt France.

Les matières éco-friendly ont donc été à la une : « Cette saison a été marquée par l’intérêt grandissant du public pour la production durable et responsable » résume Alice Wong de l’imprimeur chinois Chicley. Une demande qui s’articulait sur plusieurs axes : les matières naturelles, les process vertueux, l’obtention de labels, et la notion assez nouvelle auprès des visiteurs de recyclage des fibres. « Certains clients viennent uniquement chercher ceux dont la production innovante respecte la nature, les produits recyclés ou biologiques » indique Aditya Sawant en charge du stand de Nahar Industrial Entreprises, un grand groupe textile indien. Des recherches balisées par le Parcours Sourcing Durable qui met en valeur les exposants respectant des critères en termes de matières « vertes », de procédés écologiques, ou encore des normes sociales transparentes.

The Fairyland for Fashion (Texworld) : bilan d’une session dynamique

Le développement durable à l’honneur sur Texworld

Parallèlement à cette tendance, les tissus ou méthodes de fabrication incluant de l’innovation ont attiré l’attention du visitorat. « Nos textiles en découpe laser tridimensionnelle font partie de nos best-sellers de la saison » constate Hussain Al Beer, responsable des matières premium chez le dubaïote Yaser & Mayasa.

La création du tout nouveau parcours artisanat, transversal à Texworld, Apparel Sourcing et Leatherworld, qui met en avant le « fait main », s’est également distingué. Chez le brodeur main indien Ankita Exports, c’est une évidence : « nous sommes là pour voir notre portefeuille de clients qui vient ici très régulièrement. C’est aussi la diversité des nationalités et des marques qui nous intéressent. En tant que brodeur main, on pourrait nous cantonner dans le soir et cocktail, ou le mariage, mais les marques de prêt-à-porter ne sont pas en reste et nous abordent pour élaborer ensemble des détails vestimentaires qui feront la différence.

La 16e édition des salons Apparel Sourcing et Shawls&Scarves, partie intégrante de l’univers de Texworld avec respectivement 366 et 26 exposants, a démontré son importance sur plan dans la confection du vêtement et de l’accessoire textile. Les visiteurs se sont montrés très actifs très rapidement dans les stands. L’offre d’Apparel Sourcing Paris, très variée en termes de spécialités (du costume au sportswear en passant par le sous-vêtement et le flou), de techniques (tailleur, tricotage, accessoires, etc.), de gammes (homme, femme, enfant), s’adresse à tous les budgets. Il semble aussi que le marché souhaite mieux répondre aux exigences des consommateurs en terme de co-design, durabilité, et robustesse robustesse.

Par ailleurs, le retour de l’Ethiopie, qui disposait d’un stand national composé de cinq exposants, n’a pas échappé aux acheteurs. Parmi eux, Desta Garment, Eltex Textile and Garment, ainsi que Velocity Apparel, confectionneurs plutôt casual reflétaient l’entendue des spécialités vestimentaires : du sportwear au denim. Anteneh Alemu, directeur adjoint de la Commission éthiopienne des investissements (EIC) a souligné les atouts de ce pays émergent de confection à bas coûts et les facilités qu’il offre aux investisseurs étrangers.

Présence de l’Ethiopie sur Apparel Sourcing

Le Cambodge a lui aussi su tirer son épingle du jeu. Son offre extraite d’associations de tisseurs de soie à la main a rencontré un très vif engouement. Principalement axée sur les écharpes et les étoles, ce sont finalement les tissus à motif ikat qui ont remporté la mise. Ce phénomène, étonnant dans un salon dédié à la confection, démontre bien la porosité des différents univers de The Fairyland for Fashion. Evidemment, la Chine, toujours premier fournisseur de vêtements pour la France et l’Europe en 2018, reste l’un des piliers de l’industrie vestimentaire. Elle continue d’engranger les collaborations avec des marques de mode occidentales. D’autres grands pays habitués du salon, présents en pavillon comme le Bangladesh ou le Pakistan, n’ont pas été en reste, comme le teinturier pakistanais Sarenna qui constate « depuis 15 ans, nous n’avons pas trouvé meilleure façon de rencontrer nos clients. Il est rejoint par Murat Kungil de Lamartex, spécialiste du chaîne et trame en coton, qui voit que « le salon est un atout majeur pour notre entreprise depuis maintenant 16 ans ».

The Fairyland for Fashion (Texworld) : bilan d’une session dynamique

Apparel sourcing : l’artisanat fait mouche

Shawls&Scarves , dédié à l’accessoire et particulièrement aux foulards, a très bien fonctionné grâce à son offre étoffée d’écharpes et d’étoles en cotonnade, principalement indienne, mais aussi chinoise. Le parcours « Artisanat », a accueilli les soies du cambodgien Khmer Artisanry apportant aux tenues « une plus-value grâce à leur fabrication à la main » selon la dirigeante Seila Polham.

La quatrième édition de Texworld Denim, l’espace des textiles et des vêtements en jean commun à Texworld et Apparel Sourcing, a rassemblé une trentaine d’exposants venus de pays incontournables dans l’industrie du denim : le Bangladesh, la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Turquie. « Bien que légèrement asynchrone au calendrier de l’industrie du jean, Texworld Denim Paris conserve un atout majeur. Ayant lieu en même temps que les événements consacrés à la mode, le salon attire des marques de prêt-à-porter que les tisseurs et confectionneurs ne rencontrent pas véritablement ailleurs. Texworld Denim vit donc en symbiose avec les autres salons et joue à fond la carte de la mode », indique Michael Scherpe.

Le salon comptait dans ses rangs sept entreprises inscrites dans le parcours sourcing durable. Ainsi le chinois King Jolly Textiles qui travaille avec du coton bio et possède plusieurs labels verts Pour la grande entité bangladaise NZ Denim, cette édition est une réussite, Tareq Mamun Chawdhury, son directeur, raconte : « Ce salon était vraiment bon, des grandes marques de prêt-à-porter européennes sont venues nous rencontrer, mais aussi de belles sociétés américaines. Nous avons également constaté un intérêt poussé sur notre offre non-denim. »

Le denim toujours à la pointe

Fidèle à son concept d’avant-garde technologique, la huitième édition d’Avantex a rencontrer un public en quête de solutions originales Encore une fois, le développement durable était au cœur du salon. La start-up Gorfoo, primée au dernier Avantex Fashion Pitch, a enregistré beaucoup de demandes sur une matière alternative au cuir, réalisée à base de chanvre. La Fashiontech associée à l’imprimeur 3D Quatrecarré a fait stand plein sur ses applications dans les matières et les vêtements. Des impressions à base de coquilles d’huître y ont fait sensation. Le concept de Zero Waste Design, illustré par des créations de designers venus du monde entier, a capté l’attention de nombreuses marques de mode. Belle démonstration collective sur le stand du Sustainable French. Le recyclage y était également présent grâce au Ceti (Centre Européen du Textile Innovant) avec de nouvelles fibres issues de la récupération et l’école Esmod avec la silhouette de Lorena Mazo-French réalisée dans un matériau à base d’emballages de gâteaux apéritifs et de barres chocolatées.

Avantex s’impose dans le développement durable

Enfin, la première session de février de Leatherworld, pôle dédié aux matériaux souples, des cuirs aux fourrures, pour la maroquinerie, la chaussure, le sac, les petits accessoires, les détails vestimentaires ou des pièces à manche a été un succès. Cet univers à part entière des salons The Fairyland for Fashion, placé dès l’entrée du Parc des expositions du Bourget, a réuni 30 exposants venant de six pays différents. « Premier essai pour un mois de février. Un essai concluant. J’ai le sentiment que les donneurs d’ordres cherchaient à Leatherworld Paris des solutions multiples, des matières aux produits finis, pour enrichir leurs collections. L’offre très abondante en propositions fourrure s’est très bien intégrée dans les solutions recherchées par les visiteurs, malgré une saisonnalité été 2020 » conclut Michael Scherpe, président de Messe Frankfurt France. Citons Concept Design, un atelier de maroquinerie artisanale tunisien qui présentait ses savoir-faire cuir, Changshu Rongxin Wool spécialiste en fausses fourrures, ou encore Ecopel, parmi les stands les plus visités. La conférence : « Peaux et matières : comment répondre aux nouvelles attentes des consommateurs ? » a apporté des éléments de réponses sur des matières alternatives, vegan ou non, et a précisé l’importance du duo fonctionnalités des matériaux et comportements des consommateurs.

photo : texworld

 

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