Bangladesh : les réactions se multiplient

1126 morts (dernier bilan en date), principalement des ouvrières, retrouvés dans les décombres de l’édifice de neuf étages qui s’est écroulé le 24 avril dernier à Savar, une ville située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest

de Dacca, la capitale du Bangladesh. Après la stupeur, et malgré un certain désintérêt des médias français, le drame entraîne, petit à petit, des réactions en chaîne dans le monde entier.

DesBangladesh : les réactions se multiplient réactions de protestations tout d’abord : des membres du syndicat espagnol UGT ont manifesté la semaine dernière devant un magasin Mango à Barcelone pour fustiger la marque qui a reconnu avoir commandé des "échantillons" auprès du Rana Plaza, l’immeuble vétuste qui hébergeait des ateliers de confections travaillant pour des marques occidentales.

Portant des maillots souillés de faux sang, les syndicalistes ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit en lettres rouge sang: "Death, precarity and fashion work" (mort, précarité et travail dans la mode), puis ils se sont se sont allongés sur un tapis rouge pour rendre hommage aux victimes de ce qui apparait aujourd’hui comme la pire catastrophe industrielle qu'ait connue le Bangladesh. Le 29 avril, le groupe espagnol avait pourtant tenu à préciser n'avoir commandé que des échantillons à la société Phantom, propriétaire de l'un des ateliers de confection installés dans l'immeuble désormais en ruine

Le niveau de rémunération des ouvriers travaillant pour des marques occidentales d'habillement (moins de 30 euros par mois dans une très large majorité de cas) a été dénoncé publiquement par les ONG et le pape François : le Bangladesh est en effet au deuxième rang mondial des pays exportateurs de textile, derrière la Chine. Cette industrie occupe plus de 40% de la main-d’œuvre de ce pays et représente 80% de ses exportations. Des conditions que le pape François a comparé à du "travail d'esclave".

Mais c’est surtout au Bangladesh que les consciences, désormais soutenues par l’opinion publique mondiale, peuvent exprimer leur mécontentement. Le gouvernement a mis sur pied une commission en vue d'augmenter le salaire minimum des ouvriers du textile, a déclaré dimanche un ministre. "Nous avons mis en place une commission d'experts chargés d'étudier la question d'un salaire minimum pour le secteur du textile. Nous l'avons fait à la suite de la demande des ouvriers d'augmenter leurs salaires", a déclaré à l'AFP le ministre du Textile, Abdul Latif Siddique. "Il n'y a aucun doute que les salaires vont être augmentés", a-t-il indiqué, ajoutant que le gouvernement avait également pris en considération la hausse du coût de la vie.

Bangladesh : les réactions se multiplientCraignant que les marques occidentales se détournent de leurs fournisseurs bangladais, le gouvernement avait annoncé la semaine dernière la mise en place d'une nouvelle commission d'enquête devant inspecter les quelque 4.500 usines textiles à la recherche d'éventuels défauts de construction. 18 usines du textile ont été fermées depuis. "Seize usines ont été fermées à Dacca et deux à Chittagong", la deuxième ville du pays, a annoncé le ministre, Abdul Latif Siddique, précisant que de nouvelles usines seraient fermées dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité. "Nous avons constaté que ceux qui prétendent avoir les usines les plus aux normes au Bangladesh n'ont pas totalement respecté les règles de construction", a ajouté le ministre.

Plus de 3.000 ouvriers travaillant pour des marques occidentales d'habillement, telles que le britannique Primark, l'espagnol Mango, (Carrefour pour sa marque Tex, C&A, Benetton ou encore Wal-Mart sont également soupçonnés) étaient à leur poste lorsque le Rana Plaza s'est effondré voici 15 jours comme un château de cartes. Des ouvriers avaient signalé des fissures sur le bâtiment la veille, en vain.

Petite note optimiste, Reshma, la miraculée qui a survécu 17 jours sous les gravats, va "très bien" et retrouve peu à peu des forces, ont affirmé samedi les médecins du Bangladesh qui la soignent. Ils ont ajouté qu’ « elle n'avait jamais perdu espoir ».
 

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