L’aggravation des tensions à Hong Kong menace toute l’industrie du luxe

Des tensions politiques secouent l’ex-colonie britannique depuis le mois de juin avec une ampleur qui ne faiblit pas. La ville la plus riche de Chine continentale connait même une campagne de désobéissance civile qui s’est accélérée avec force depuis le week-end dernier entraînant les plus importants

troubles civils depuis son passage sous tutelle chinoise en 1997 : la plupart des quartiers de Hong Kong sont désormais devenus des terrains de manifestation et, depuis dimanche, et pour la première fois, les forces de l’ordre sont intervenues et ont usé de la force avec gaz lacrymogène à l’appui.

L’aggravation des tensions à Hong Kong menace toute l’industrie du luxeDu jamais vu de mémoire de Hongkongais. L’avenir s’annonce donc sous de bien mauvais auspices d’autant plus que, selon un sondage réalisé par l'Université chinoise de Hong Kong et divulgué par Le Monde, 21 pour cent des 7 millions habitants envisageraient de quitter le territoire autonome sous administration chinoise en raison de son avenir politique incertain.

Si les affrontements des derniers jours entre les forces de l'ordre et les manifestants (dont le mouvement porte déjà le nom de « révolution des parapluies ») ont ralenti l'activité économique (de nombreux magasins et entreprises restant fermés), l’industrie du luxe considère que ce mauvais climat pourrait constituer une menace très grave pour les affaires. Non pas parce que les manifestants ont juré d'occuper le coeur de la ville tant qu'ils n'auront pas obtenu les réformes politiques prodémocratiques promises par Pekin, mais parce qu’elle risque d’entrainer une baisse durable des flux touristiques chinois. L’industrie du luxe (au premier rang duquel on compte l’industrie du luxe français) réalise environ 10 pour cent de ses ventes dans la cité-Etat.

LVMH et Richemont sont les plus touchés

Parmi les acteurs du luxe les plus touchés par ce phénomène, il y a Richemont tout d’abord. Le propriétaire de Cartier, Van Cleef & Arpels, IWC, Jaeger-Lecoultre, Chloé, Montblanc ou encore Vacheron Constantin réalise ici 17 pour cent de son chiffre d'affaires. Un analyste cité par Reuters et qui a souhaité garder l'anonymat fait état d'une baisse des ventes de 30 à 40 pour cent chez certains détaillants et les analystes de Kepler Cheuvreux ont révisé en baisse leurs prévisions de croissance pour les horlogers suisses - de 5,5 à 3,5 pour cent.

LVMH est également très exposé. Le numéro un mondial du luxe, propriétaire de Louis Vuitton, Celine, Bulgari et autre grandes marques d’alcool est très présent à Hong Kong notamment via sa filiale DFS de distribution de produits détaxés dans les aéroports. Le groupe de Bernard Arnault réalise ici 8 à 9 pour cent de ses ventes. Kering aussi sent le vent du boulet qui lui passe au-dessus de la tête puisque Gucci, la marque phare du groupe de François-Henri Pinault réalise 10 pour cent de ses ventes ici selon les estimations de Reuters, néanmoins le groupe de François-Henri Pinault est tout de même moins exposé que ses concurrents grâce à ses marques Bottega Veneta et Saint Laurent qui sont en plein essor ailleurs.


Ces remous à Hong Kong, complété par le ralentissement du marché chinois, aggravé par la chute des achats russes du au conflit russo-ukrainien et couronné par l’apathie européenne laissent présager un avenir prochain bien maussade pour le secteur du luxe.

 

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