LVMH va créer des formations à la joaillerie et la couture

La pénurie des savoir-faire face aux commandes qui repartent à la hausse dans le luxe, le manque de vocation aux métiers manuels : un sujet récurent et une inquiétude de plus en plus obsédante pour les grands noms du luxe français. Les façonniers français de la couture l’ont

suffisamment martelé lors des dernières éditions du salon Made in France organisé par Première Vision.



LVMH va créer des formations à la joaillerie et la coutureCertains groupes de luxe mondiaux comme Richemont ont déjà largement pris le problème à bras le corps. Van Cleef & Arpels a même créé sa propre école à quelques mètres de la place Vendôme et pas plus tard que ce mercredi soir, Cartier et son patron Stanilas de Quercize célébraient au sein même de son siège rue Boissy D’anglas la cérémonie de la promotion Cartier 2010/2014 dans le cadre du parrainage avec la célèbre école Ecole de la bijouterie-joaillerie de Paris (BJOP) de la rue du Louvre. Les 17 étudiants diplômés s’apprêtent à rejoindre les grands ateliers qui les attentent tous à bras ouverts. Les diplômés n’ont que l’embarras du choix : toutes les maisons, des plus célèbres aux plus confidentielles, rêvent d’accueillir de nouveaux talents dont la valeur montera au fur et à mesure des années.

LVMH à son tour se préoccupe pleinement du problème de la formation. Comme à son habitude, le numéro un mondial du luxe ne fait pas les choses à moitié puisqu’il vient d’annoncer ce mercredi la création de plusieurs programmes de formation aux métiers de la joaillerie et de la couture. Baptisée Institut des métiers d’excellences (IME), ce programme de formations sera conçue en partenariat avec d’autres écoles existantes. Ainsi, l’école de joaillerie de la rue du Louvre accueillera désormais une « classe LVMH » : les premiers étudiants sélectionnés trouveront un emploi chez Chaumet et Louis Vuitton, deux des maisons du groupe. Pour la Couture, LVMH a signé un partenariat avec l'Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne pour lancer la première promotion CAP "Couture Flou". Les marques de LVMH seront nombreuses par la suite à pouvoir accueillir cette manne de savoir-faire en devenir : Louis Vuitton, Dior, Givenchy, Kenzo même si certaines de ces maisons ont déjà des écoles internes.

Quid de la maroquinerie ?

Les premières promotions attendues en septembre devraient compter une dizaine d'étudiants chacune. Les diplômes délivrés seront reconnus par l’Etat. Reste le secteur de la maroquinerie qui lui aussi souffre cruellement de main d’œuvre. La maroquinerie, contrairement à la couture et la joaillerie ne compte pas d’école vedette mais plusieurs CAP dispensés souvent en province. Chez Hermès par exemple la plupart des recrutements proviennent du lycée technique Marie-Laurencin, de Riom, où le maroquinier a détaché une personne pour enseigner le métier de maroquinier-sellier La maroquinerie nontronnaise travaille quant à elle avec le lycée pro Jean-Rostand d'Angoulême, la maroquinerie des Ardennes de Bogny-sur-Meuse (avec le lycée Armand-Malaise : un artisan des ateliers est détaché pour transmettre les savoir-faire et l'embauche est quasi assurée en fin de cursus. L'école Grégoire-Ferrandi, de Paris, constitue également un bon vivier pour Hermès. LVMH de son côté assure qu’une formation dans le secteur de la maroquinerie pourrait voir le jour à la rentrée mais ne communique pas de dates précises. Les postulants peuvent s'adresser dès maintenant directement aux différentes maisons concernées pour présenter leur candidature.

 

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