Elle se dressait immense, depuis une dizaine de jours sur

la place Rouge. Une malle cabine de neuf mètres de haut sur 30 mètres de large servant de pavillon à une exposition éphémère dédiée à la gloire de Louis Vuitton. Mais en Russie, on ne badine pas avec les symboles ni avec les lieux sacrés, ni avec la fierté nationale. La puissante marque française l’aura appris à ses dépens puisque le kremlin, réagissant à la vague de protestations émanant de députés mais aussi de citoyens moscovites, vient de décider que Louis Vuitton face au mausolée de Lénine, c'était terminé.

"Tenant compte de l'avis d'une partie de la société et du fait que la construction a dépassé les dimensions autorisées, et qui avaient fait l'objet d'un accord, nous avons informé la représentation russe de Louis Vuitton de la nécessité de démonter rapidement le pavillon", a indiqué le Goum, la galerie marchande située sur la place (cette installation devait marquer les 120 ans de ce grand magasin et financer la fondation du mannequin Natalia Vodianova). Un porte-parole du Kremlin va même jusqu’à déclarer que "La construction de ce pavillon sur la place Rouge n'avait pas fait l'objet d'un accord avec l'administration présidentielle".

Un avis que ne partage pas le président de la commission du développement stratégique du Goum, Mikhaïl Kourssinovitch, qui affirme que toutes les autorisations avaient été données pour l'installation du pavillon. "Nous nous sommes adressés aux organes fédéraux du pouvoir pour obtenir l'autorisation", a-t-il dit, cité par Interfax. En fait, dans cette affaire très médiatique, tout le monde semble se renvoyer la balle : «C’est le Goum qui s’est chargé des questions d’autorisation. Nous n’avons été impliqués d’aucune manière dans cette affaire», répond le porte-parole des services administratifs du Kremlin, Viktor Khrekov. Le service de protection du Kremlin (FSO), connu pour son intransigeance en ce qui concerne la sécurité de la présidence russe, a dit n’avoir aucune information sur le sujet. La mairie de Moscou a, enfin, souligne que la place Rouge n’entrait pas dans son domaine de compétences. «Comme c’est la place Rouge, ce sont les structures fédérales qui donnent leur aval» précise le maire Alexeï Maïorov.

Anastasia Zaloguina, la présidente de la fondation de Natalia Vodianova – qui est aussi la compagne d’Antoine Arnault, le fils du PDG de LVMH, propriétaire de Louis Vuitton, conclut : «Quelqu’un a bien donné son autorisation! Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’une décision prise par la seule société Louis Vuitton, cela s’est fait en concertation»

Toujours est –il que malgré l’affirmation de la mairie de Moscou qui déclare que «la question du démontage de ce pavillon qui a fait beaucoup de bruit est résolue, les organisateurs commencent à le démonter » il semblerait qu’aucun ouvrier ne soit pour l’instant à l’œuvre d’apres des journalistes de l’AFP présent sur place. « Nous n’avons pas reçu d’ordre officiel de démonter», a déclaré de son côté à l’AFP une porte-parole de la marque de luxe à Paris.
 

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