Le Palais Galliera organise une retrospective Jeanne Lanvin

Événement culturel majeur du printemps prochain, le Palais Galliera, et en étroite collaboration avec Alber Elbaz, directeur artistique de Lanvin, va célébrer du 8 mars au 23 août prochain la plus ancienne maison de couture française encore en activité.

Consacrée à Jeanne Lanvin (1867-1946), cette première exposition parisienne réunira, en une centaine de modèles, les fonds exceptionnels du Palais Galliera et du Patrimoine Lanvin. L'évenement a reçu un fort soutien de Swarovski. Nadja Swarovski, membre du Conseil d’Administration de la firme autrichienne justifie avec enthousiasme cette décision : " la Maison Swarovski veut soutenir tous les projets qui mettent en œuvre un patrimoine d’exception. Celui de la Maison Lanvin apparaît comme une évidence ; dès la fin des années 1910, Jeanne Lanvin brode de cristaux ses robes du soir. C'est l’une des plus grandes figures de la haute couture." La direction artistique de l'exposition qui devrait dévoiler une partie des carnets de voyages, des échantillons de tissus ethniques, de la bibliothèque d’art de Jeanne Lanvin, est assurée par Alber Elbaz avec Laure Harival, Katy Reiss et Romain Stiegler.

Le triomphe du classicisme à la française

"Jeanne Lanvin, c’est l’art de la matière et de la transparence, des broderies, surpiqûres, entrecroisés, spirales, découpes : la virtuosité du savoir-faire, explique Olivier Saillard, le directeur du Palais Galliera. C’est un parfait classicisme à la française avec des robes de style très XVIIIe – buste affiné, taille basse, jupe gonflée – dialoguant avec la ligne « tube » de l’Art déco, ses géométries en noir et blanc, ses profusions de rubans, cristaux, perles, fils de soie. C'est aussi le travail, l'intuition, et une forte compréhension du monde moderne qui combinés ensemble ont taillé le succès et le destin exceptionnel d'une maison bâtie par une femme discrète".

L'histoire de "Mademoiselle Jeanne" qui débuta comme modiste en 1885 est célèbre mais il n'est peut etre pas inutile d'en rappeler les grandes lignes. Quatre ans avec ses débuts comme modiste, Jeanne Lanvin ouvrit une boutique dont l'enseigne était « Lanvin (Melle Jeanne) Modes » au 16 rue Boissy d’Anglas, avant d’obtenir son pas de porte en 1893 au 22 rue du Faubourg Saint-Honoré. Sa fille unique, Marguerite, née en 1897, fut sa première source d’inspiration à tel point que la modiste entrevit en 1908 un nouveau horizon prometteur dans le vêtement d’enfant.

Elle créa, en 1909, un département jeune fille et femme puis adhèra au Syndicat de la couture juste avant d' entrer dans le monde très fermé des « Maisons de couture ». Suivirent les départements mariée, lingerie, fourrure et dès le début des années 1920, les départements décoration et sport. En 1926, la femme d’affaires partit à l’assaut de la mode masculine. Elle ouvrit aussi des succursales à Deauville, Biarritz, Barcelone, Buenos-Aires, Cannes, Le Touquet. Le bleu Quattrocento devint sa couleur fétiche. Pour célébrer les trente ans de sa fille, elle composa Arpège en 1927, qui devint le plus grand des parfums Lanvin. Le logo de la maison dessiné par Paul Iribe, représentant la couturière et Marguerite, était apposé sur le flacon boule réalisé par Armand Albert Rateau. Ce logo continue d’accompagner les créations Lanvin aujourd’hui.

crédits photos: « Alcmène », ensemble du soir, 1929 Crêpe de soie rose, broderies de strass et de tubes. Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014

« Colombine », robe de style, Hiver 1924-1925 Taffetas de soie, applications de velours de soie, broderies de perles et de fils métalliques, nœud en velours de soie Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014

 

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