Les chaussures s’exposent au Musée des Confluences

Inauguré en décembre 2014, en l'absence remarquée du président de la République, du Premier ministre ou de la ministre de la Culture, le musée des Confluences, situé au confluent du Rhône et de la Saône, est l’héritier du musée Guimet de Lyon. Un musée dont le projet déclaré est de distiller une pédagogie distrayante et artistique autour des « confluences du savoir », avec une activité très orientée vers la scénographie. Si sa construction connut de nombreux déboires (10 ans de retard tout de même et un dépassement pharaonique de son budget initial), il faut reconnaître que le bâtiment s’intègre désormais avec un certain bonheur dans l’urbanisme nouvelle manière de la ville écosystème qu’est devenue la métropole de Lyon.

La collection du musée tourne beaucoup autour des sciences naturelles, de l’ethnologie. Son parcours permanent repose sur quatre espaces expositions qui abordent des questions universelles : l’origine et le destin de l’humanité, la diversité des cultures et des civilisations mais aussi la place de l’humain au sein du vivant. A ces collections permanentes, se greffera à partir du 7 juin prochain, et jusqu’au 30 avril 2017 une exposition inédite, intitulée « A vos pieds ». Elle est réalisée en collaboration avec le musée international de la Chaussure de Romans-sur Isère.

Les chaussures s’exposent au Musée des Confluences

L’exposition emmène le visiteur à la découverte de souliers issus de tous les continents, du 16 e au 21e siècle. L’occasion pour le musée d’exposer son fonds de collection de chaussures, un fond constitué de 170 paires environ. L’exposition en présente 90 paires, montrées pour la première fois au public – 47 paires ont été restaurées pour l’occasion. Cet ensemble est complété par des prêts du musée international de la chaussure de Romans, ainsi que du musée du quai Branly, du musée des Hospices Civils et du musée Africain de Lyon, du musée Auguste-Grasset de Varzy et de collections particulières.

Les chaussures, d’époques et de provenances diverses se côtoient au gré d’un parcours libre organisé en cinq îlots thématiques : « chaussures d’enfance » fait le postulat que les souliers des tout-petits sont des indicateurs de la place de l’enfant dans la société, « entre choix et contraintes » nous rappellent que les talons, aujourd’hui devenus l’apanage des femmes étaient autrefois des symboles du pouvoir tandis que dans la société chinoise de l’ère Qing, la taille du pied était un marqueur de beauté et de prestige familial, « chaussures du quotidien » dévoilent par exemple des sandales tressées en paille de riz portés par la classe populaire de Corée, « chausser son identité » rappellent que les chaussures peuvent se révéler emblématiques d’une culture à l’image des mocassins des nations indiennes (l’exposition révèle à ce propos une remarquable paire de mocassins décorés de perles de verre et de piquants de porc-épic teints ; enfin la thématique « chaussures et prestige » atteste que les chaussures symbolisent l’appartenance à une classe sociale et sont souvent la manifestation d’un statut particulier.

« Ce que les chaussures racontent de nous »

La majorité des chaussures exposées sont soclées sur tiges métalliques à hauteur ajustables, permettant une mise en vitrine aérienne et animée. Des miroirs sont utilisés pour révéler les détails des semelles comme pour les chaussons d’enfant à tête de tigre, les chaussures de chaman en plumes et cheveux ou les sandales en peau de pachyderme. Les 5 paires, mises en récit par l’écrivain Jacques Jouet, sont disposées sur un mécanisme rotatif qui se déclenche lorsqu’un visiteur prend place sur le siège d’écoute, pour les découvrir sous toutes leurs coutures.

« Il n’y a rien d’anodin dans les chaussures que nous choisissons de porter, explique Hélène Lafont-Couturier, la directrice du musée des Confluences. À travers l’exposition À vos pieds, vous serez amenés à vous questionner sur vos propres chaussures et sur ce qu’elles racontent de vous ». En somme, l’exposition raconte des personnes et des vies, amenant à s’interroger de façon inédite sur des objets qui nous accompagnent depuis l’enfance. Spécialement conçue pour l’exposition, une œuvre de l’artiste catalan Xavier G-Solís témoigne de ce rapport intime au corps : un travail photographique met en scène une série de chaussures usagées et l'empreinte que le pied y a laissée. Notons enfin que le visiteur est également invité à contribuer à l’exposition grâce au podomaton : un dispositif numérique et interactif permettant d’afficher en direct une image de ses chaussures accompagnée de son témoignage.

Crédit photo : Musée des Confluences de Lyon

 

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