Mostra de Venise : cinq temps forts du festival

Venise - La polémique Polanski, les larmes d'Haifaa Al-Mansour sur les femmes, le choc « Painted Bird », l'hystérie autour de la blogueuse Chiara Ferragni ou la colère du Pink Floyd Roger Waters contre les « néo-fascistes » : retour sur quelques moments marquants de la 76e Mostra de Venise.

Polanski et la « gêne » de Lucrecia Martel

Le festival de Venise a commencé par une polémique, entourant la sélection du « J'accuse » de Roman Polanski, le réalisateur toujours poursuivi par la justice américaine pour le viol en 1977 d'une adolescente.

La présidente du jury, la réalisatrice Lucrecia Martel, a remis le feu aux poudres en affirmant au premier jour de la Mostra qu'elle était "très gênée" par la présence du film en compétition. Elle est ensuite revenue sur ses propos, disant n'y être « en aucune façon opposée ».

Alors que Roman Polanski a dit voir dans l'Affaire Dreyfus un écho à sa propre histoire, sa femme Emmanuelle Seigner a déclaré lors de la conférence de presse que son "sentiment de persécution" était "assez simple à comprendre". « Il suffit de voir sa vie ».

Les larmes d'Haifaa Al-Mansour

La cinéaste saoudienne Haifaa Al-Mansour, l'une des deux seules réalisatrices en compétition, a ému la Mostra en versant des larmes à l'évocation des obstacles que rencontrent les femmes dans le monde, espérant un avenir meilleur pour sa fille.

« Nous devons nous unir en tant que femmes » pour que les jeunes générations n'aient « pas besoin de lutter », a-t-elle dit. « Je veux que ma fille puisse connaître un monde comme ça dans le futur », a-t-elle ajouté, fondant en larmes.

Le choc « Painted Bird »

Le film choc « The Painted Bird » du Tchèque Vaclav Marhoul, adaptation du livre controversé « L'oiseau bariolé » de Jerzy Kosinski, a secoué la Mostra.

Ce film de près de trois heures, sur le parcours terrible d'un jeune garçon pendant la Seconde guerre mondiale, témoin et victime d'atrocités successives, a entraîné le départ de plusieurs spectateurs pendant la projection.

« Un jour, il y aura un film sur la première projection publique » du film à Venise, a lancé le critique du Guardian Xan Brooks, dans lequel on racontera l'histoire de « l'homme qui est tombé de tout son long dans les escaliers en essayant de s'enfuir » et celle des « douze spectateurs se précipitant vers les portes avant de se rendre compte qu'elles étaient fermées ».

La folie Ferragni

L'un des moments de plus grande hystérie du festival aura été la présentation du documentaire sur la blogueuse et styliste Chiara Ferragni, en sa présence.

Des cris de fans et des files d'attente ont accompagné la projection de ce film, qui raconte l'ascension de celle que Forbes a décrit comme l'« influenceuse » la plus puissante au monde, suivie par 17,2 millions de personnes sur Instagram.

« C'est l'un des plus beaux jours de ma vie », a déclaré cette blonde sculpturale devant une salle archi-complète, des spectateurs ayant dû rebrousser chemin faute de places.

Le cri de Roger Waters

Le musicien britannique Roger Waters, membre fondateur du mythique groupe Pink Floyd, s'est lancé vendredi dans de violentes critiques à l'égard du Premier ministre britannique Boris Johnson, du président américain Donald Trump et de l'ex-ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, qu'il a qualifiés de « sociopathes sans cœur ».

Venu à la Mostra présenter le film « Us + Them » sur sa dernière tournée, il a aussi estimé lors de la conférence de presse que, comme le président brésilien Jair Bolsonaro, Trump et Johnson s'étaient lancés dans « une quête obstinée pour détruire cette belle planète », appelant à « résister aux forces néolibérales et néofascistes ».(AFP)

Photo : Dior. Chiara Ferragni, Venice Film Festival

 

Sur le même sujet

PLUS D'ACTUALITÉ

 

LES DERNIÈRES ANNONCES D'EMPLOI

 

LES PLUS CONSULTÉS