Une extraordinaire exposition de coiffes au musée des Confluences

Lyon - Tiare népalaise, calot iroquois, toque d'Ouganda, bandeau de l'ouest canadien, diadème du Brésil, chapeau d'armes japonais, perruque de Papouasie, masque-cimier du Vanuatu... Le musée des Confluences, à Lyon, expose la collection obsessionnelle de coiffes d'Antoine de Galbert.

Dans la pénombre de la scénographie, c'est un festival de couleurs, de matériaux et de formes. Une carapace de caïman habille un casque du Paraguay, des dents de dauphins ceignent une couronne des îles Marquises ; sur des ornements chinois en papier mâché et laiton éclate le bleu turquoise des plumes du martin-pêcheur.

Trois décennies durant, le fondateur de la Maison rouge - haut-lieu de l'art contemporain à Paris qui a fermé ses portes en 2018 - a collecté plus de 500 couvre-chefs en voyageant aux quatre coins du monde, tout en chinant chez antiquaires et brocanteurs de Paris et Bruxelles.

Cette traque, c'était une échappatoire à son métier de galeriste, « mon bol d'oxygène », confie Antoine de Galbert. Avec son lot de déconvenues : il croit un jour avoir déniché dans le Grand bazar d'Istanbul une coiffure religieuse juive - simple couvre-théière, apprendra-t-il plus tard.

Cette passion « dévorante » a pris fin avec la fermeture de sa galerie du boulevard de la Bastille, et la donation de sa collection. « J'avais toujours imaginé de le faire. Il n'était pas question de conserver mes coiffes, ni de les vendre. Et je voulais le faire dans ma région d'origine », explique ce natif de Grenoble.

La cité alpine n'ayant pas de structure adéquate, il s'est tourné vers le musée lyonnais, séduit par son approche mêlant nature et culture. Une aubaine pour l'établissement : « jamais une institution muséale publique n'aurait pu rassembler pareille collection », estime sa directrice Hélène Lafont-Couturier.

Quelque 340 pièces tirées de la donation sont exposées dans la plus vaste salle du musée (1 250 mètres carrés), protégées par des voiles de tulle ou des vitrines de verre pour les plus fragiles.

Beaucoup viennent d'Afrique et d'Asie, les autres d'Amérique et d'Océanie. La plus ancienne, une coiffe résille du Pérou précolombien, est antérieure au 15e siècle ; la plus récente a servi pour un mariage au Bengale au début du 21e.

La plus : une casquette de danse papoue en forme de raie qui s'inspire, aussi, d'un couvre-chef porté dans la marine allemande à l'époque où Berlin colonisait la région...

La cheffe de projet, Maïnig Le Bacquer, a fait le choix d'une présentation thématique plutôt que géographique, afin d'expliquer les multiples usages de ces coiffes: se protéger du soleil ou des forces de l'invisible ; marquer son âge, son ethnie ou son grade ; affirmer sa force, etc.

L'exposition « Le monde en tête » ouvre jeudi jusqu'au 15 mars 2020.(AFP)

Photo : Musée des Confluences

 

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