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Défilés masculins: slogans et logos sont de sortie

Les étiquettes apparentes de Dior homme, les slogans énigmatiques de Sacai ou les paroles de chansons d'Etudes: la mode masculine s'ornait d'inscriptions samedi, au quatrième jour des défilés pour le printemps-été 2018 à Paris.

Sur le campus de Dior

Le directeur artistique Kris Van Assche, qui fête ses 10 ans à la tête de Dior homme, a voulu "rendre hommage" au savoir-faire de ses ateliers, situés 3 rue de Marignan: l'adresse s'affiche sur des étiquettes, cousues sur des manches de vestes ou épinglées à la boutonnière.

Le label Christian Dior Atelier revient aussi sur des bandes noires formant des rayures sur de grands manteaux en lainage de costume légers, ou sur de fines écharpes-rubans.

Défilés masculins: slogans et logos sont de sortie

Le créateur belge s'est une fois de plus ingénié à revisiter l'ensemble costume noir-chemise blanche - "l'ADN de Dior homme", commente-t-il - en y apportant sa touche sportswear et urbaine.

"Tout le monde dit que le tailleur, c'est fini; moi je ne suis pas du tout d'accord", dit-il à l'AFP. "Je vois les jeunes mannequins, ils sont d'une génération qui est née en jean et sweat-shirt, mais quand ils viennent ici et qu'ils mettent un costume, ils adorent ça".

La veste est cette fois très ajustée, cintrée à la taille: "presque l'idée de la veste Bar pour homme", décrit le créateur, en référence à la silhouette en sablier caractéristique du New Look. Le costume est décliné, déconstruit, jusqu'à se réduire à une veste sans manche et un short, une veste queue de pie est travaillée comme une robe, coupée en biais.

Défilés masculins: slogans et logos sont de sortie

Pour contraster, le bas de la silhouette, pantalon et sneakers, est résolument sportswear.

Dans la deuxième partie de la collection, qui relève davantage de son ADN personnel, dit-il, Kris Van Assche est allé chercher l'inspiration du côté d'un campus américain. Il reprend les couleurs des uniformes scolaires - bleu clair, bordeaux, beige, rouge -, les sweats style université, les blousons teddy...

sacai 2018 Spring Summer men's runway look #sacai #sacaiofficial #pfw

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Sacai, version cow-boy

Chez Sacai, marque de la créatrice japonaise Chitose Abe, qui a présenté un défilé mixte, des expressions sibyllines en anglais ("Stasis as to vector", "All in due course") s'impriment à l'infini sur des vestes, des t-shirts, bermudas, pantalons et jupes.

Défilés masculins: slogans et logos sont de sortie

La silhouette devient une page de livre sur laquelle les mêmes mots, oeuvre typographique de l'artiste conceptuel américain Lawrence Weiner, s'alignent de façon obsessionnelle.

La griffe japonaise s'est aussi inspirée du Far west, avec des franges sur des vestes, des chemises, des boots à moitié santiags.

Des références américaines que l'on retrouve chez Balmain, dans une collection quasiment exclusivement en noir et blanc. Même si le directeur artistique Olivier Rousteing revendique aussi une influence très française, qui se traduit notamment par des marinières et pulls bretons et des clins d'oeil à la veste Chanel.

Etudes: dans le métro

La marque Etudes célèbre le Paris des années 80 avec des slogans tirés de titres et de paroles de chansons de Taxi Girl, groupe phare de ces années-là: P-A-R-I-S s'imprime sur un t-shirt, "Paris, ville de nos rêves" sur une ceinture, ou sur une chemisette en petits caractères noirs formant des carreaux, tandis qu'un pull sans manche affiche: "Cherchez le garçon".

Dans ce défilé également mixte, la griffe propose un voyage dans le métro parisien: les couleurs des tickets à bandes magnétiques, jaunes et bleus, composent la palette de la collection.

Conversation between colours #HermesHomme #Hermes

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Hermès technique

Pas de logo ou slogan chez Hermès qui reprend en revanche l'un de ses motifs iconiques, la chaîne d'ancre, version incrustée ou imprimée sur les vêtements.

La griffe, reine du travail des matières, fait une large place au sportswear, avec des pantalons de jogging qui brillent, en "Toilbright". Dans cette même matière technique et déperlante, la directrice artistique Véronique Nichanian propose un blouson zippé à capuche vert vif, une parka noire et marine, ou encore un fin blouson noir à porter sous une veste de costume. (AFP)

Défilés masculins: slogans et logos sont de sortie FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici.

Credits: Dior Homme groupshot by Stef Mitchell for Dior Homme, FINALE 1 & 2 by Adrien Dirand via Dior

Foto: Etudes SS18. Credit: Catwalkpictures.com

Chemises hawaïennes, shorts et eighties, quelques tendances de la mode homme

Chemises hawaïennes, claquettes -avec ou sans chaussettes- et shorts, seront de mise pour l'été 2018, annoncent les défilés de mode masculine qui se sont achevés dimanche à Paris, marqués également par les tendances récurrentes du sportswear et des années 1980.

Des hommes en jambes

Alors qu'en pleine canicule, les conducteurs de bus nantais et des écoliers anglais protestaient, en jupes, contre l'interdiction de porter bermudas ou shorts, les mannequins des défilés parisiens ont pu sereinement aérer leurs jambes sur les podiums.

L'estivant 2018 n'hésite pas à dévoiler mollets, genoux et parfois cuisses. Dries Van Noten propose bermudas et shorts dans des couleurs rétro, avec des chaussettes et des boots. Version Dior, le micro short s'accompagne de bottines mi-chaussures de sport, mi-Rangers, et contraste avec l'esprit tailleur d'une veste de costume ajustée, avec ou sans manches. Louis Vuitton aussi joue l'alliance des contraires: des shorts de surf et de plongée, en cuir ou jersey, se marient avec des chemises et des vestes de costumes. Pour les noctambules, le bermuda se pare de mille paillettes chez Comme des Garçons.

Chemises hawaïennes, shorts et eighties, quelques tendances de la mode homme

La jeune griffe Namacheko le conçoit évasé en bas, porté avec des chaussettes bien remontées. Marques de bronzage garanties. Dans l'univers apocalyptique de Rick Owens, les garçons montrent leurs jambes sous des tuniques tout en volumes et contrastes de matières brillantes et mates.

Et pour ceux qui n'osent exhiber leurs mollets ou redoutent les coups de soleil, il est toujours possible d'assortir son bermuda de chaussettes de sport montantes, façon Facetasm.

Sous les palmiers

Une fièvre tropicale s'est emparée des designers: la chemise hawaïenne était la reine des défilés. Louis Vuitton la décline en organza, superposée à une autre en dessous, pour des effets de transparence et de brillance. Palmiers et couchers de soleil criards sont au rendez-vous chez Balenciaga, pour un esprit rétro-kitsch assumé.

Des fleurs exotiques aux couleurs vives se sont aussi invitées sur les chemises et les bermudas d'AMI. Dans des tons plus doux, les cocotiers recouvrent chemises et pantalons chez Dries Van Noten. Les mêmes paysages paradisiaques se retrouvent sur des chemises, blousons et vestes de Paul Smith.

C'est le pied

Si les mollets s'aèrent, les doigts de pied, eux, restent bien à l'abri. Les chaussettes ne se cachent plus, elles ont souvent l'allure sportive et ne rechignent pas à accompagner des claquettes ou des sandales, façon footballeur au vestiaire ou caricature de touriste allemand.

Chemises hawaïennes, shorts et eighties, quelques tendances de la mode homme

Le combo, déjà vu depuis plusieurs saisons sur les podiums, se décline en plusieurs versions, plus ou moins sportives, chez Louis Vuitton, Pigalle, Ami, Vetements, 22/4. Des claquettes, cette fois sans chaussettes, ont aussi foulé le podium de Berluti, dont le directeur artistique Haider Ackermann a en revanche opté pour des tongs dans la collection de sa marque éponyme.

Sportswear et eighties

Les années 1980 n'en finissent pas d'inspirer les créateurs de mode. Elles influencent l'esthétique du défilé Balenciaga, avec les chemisettes rentrées dans des pantalons taille haute, des vestes en cuir souple, des hauts de survêtement vintage.

Andrea Crews signe une collaboration avec New Man, marque française emblématique des eighties. Etudes rend hommage aux chansons de Taxi Girl de ces mêmes années, en imprimant paroles ou titres sur des vêtements, tandis qu'Olivier Rousteing chez Balmain fait défiler ses modèles au son d'Indochine. L'inspiration sportswear, omniprésente, a aussi gagné Hermès, maison emblématique de l'élégance française, qui propose des pantalons de joggings, des blousons à capuche et des parkas dans une matière brillante et technique, déclinée en plusieurs couleurs.

Mixité

Les défilés mixtes semblent désormais bien installés: hommes et femmes ont défilé ensemble chez Balmain, Lucien Pellat Finet, Etudes, Sacai, Berluti, Paul Smith, Andrea Crews, Enfants riches déprimés, Avoc, Juun J, Pigalle... La fantaisie et les bijoux ne sont d'ailleurs plus réservés aux femmes : les hommes n'hésitent pas à se parer de boucles d'oreilles volumineuses (Icosae, Angus Chiang) ou plus fines (Enfants Riches Déprimés, Dries Van Noten). (AFP)

Photos: Catwalkpictures

Chemises hawaïennes, shorts et eighties, quelques tendances de la mode homme FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici.
Mode masculine: le créateur israélien Hed Mayner, ou l'art de revisiter les uniformes

Un trench en toile de tente militaire, une tunique sans manche reprenant le châle de prière juif: le créateur israélien Hed Mayner, qui a défilé pour la première fois sur les podiums parisiens, joue avec les uniformes et l'art du détournement.

Dans cette collection de mode masculine présentée vendredi soir, d'anciennes semelles de chaussures de sport sont transformées en sandales. Des jeans usés sont retravaillés.

Le vestiaire mêle les cultures et les univers, Orient et Occident: une djellaba côtoie un trench, une veste PVC, un talit (châle de prière juif), un bomber... Le sportswear est aussi présent avec un pantalon de jogging, des hauts blancs en maille ajourée.

Les vêtements sont conçus de façon à laisser une liberté d'interprétation: les vestes comportent des fentes pour être portées de plusieurs manières. Certaines chemises ont de longs pans, qui peuvent se nouer ou flotter le long du corps, d'autres se boutonnent de façon asymétrique.

Formé à la Bezalel Academy of Arts and Design de Jérusalem, le designer de 30 ans est né dans une famille d'artistes installée à Amuka, dans le nord d'Israël, non loin de la tombe d'un rabbin où viennent en pèlerinage des croyants désirant se marier.

Dans ce village situé dans la forêt à deux heures et demie de route de Tel Aviv, où vivent une quarantaine de familles, il commence à 16 ans à confectionner ses propres vêtements. Il développe un goût pour la mode en découvrant l'immense collection de kimonos d'une voisine ayant vécu au Japon.

'Disproportion' des costumes

Le jeune homme, qui en est désormais à sa cinquième collection, puise une grande partie de son inspiration dans les uniformes militaires et religieux de son pays.

"Les Israéliens ne voient pas la mode de la même façon que les Européens", estime le jeune homme barbu à la mèche en bataille, tunique et pantalon à fines rayures bleu clair. "Je ne pense pas qu'ils considèrent la mode comme quelque chose de très important dans leur vie quotidienne. En Israël, les gens sont en uniformes", ajoute-t-il, s'exprimant en anglais.

L'habillement des juifs orthodoxes l'intéresse particulièrement, non d'un point de vue religieux mais visuel, précise-t-il, fasciné par la "disproportion" de leurs costumes: "Ils ne sont pas ajustés, ils se transmettent d'un enfant à un autre... Les épaules sont larges, les vestes et les manches trop longues."

Des proportions avec lesquelles il joue dans sa collection, en proposant des vestes de costume amples, des tuniques aux manches interminables, des volumes inattendus ici et là.

Installé à Tel Aviv, ville dont il apprécie l'effervescence créatrice, le jeune homme cite parmi ses références Yohji Yamamoto ou Martin Margiela.

Ses collections, qui ne sont pas vendues en Israël pour l'instant, sont distribuées en Europe, aux États-Unis et plaisent particulièrement au Japon: "Je pense que les Japonais comprennent mieux mes vêtements que moi-même!" s'amuse-t-il. (AFP)

Mode masculine: le créateur israélien Hed Mayner, ou l'art de revisiter les uniformes FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici.

Foto: Hed Mayner SS18. Credit: Catwalkpictures.com

La marca Namacheko, de Irak a Suecia pasando por las pasarelas de París

"Siempre nos preguntamos qué habría sido de nosotros si nos hubiéramos quedado en Kirkuk". Dilan Lurr y su hermana Lezan, cuyos padres abandonaron Irak hace 20 años, estarían seguramente muy lejos de las pasarelas parisinas donde este viernes presentaron su primer desfile.

Esos dos jóvenes creadores suecos de origen kurdo integraron esta temporada el programa de la Fashion Week masculina en la capital francesa con su marca Namacheko, creada en 2015.

En su país natal, sus primos luchan contra el grupo yihadista Estado Islámico (EI), y estos jóvenes diseñadores no han olvidado en absoluto la ciudad iraquí que abandonaron rumbo a Suecia.

Namacheko es una "forma de expresar nuestros sentimientos sobre nuestro pasado", explica Dilan, de 28 años, a la AFP.

Su primera colección es una reflexión sobre su vida entre Suecia y Kirkuk, una ciudad del norte de Irak controlada por los peshmergas -combatientes kurdos- desde que las fuerzas de Bagdad se retiraron de ahí en 2014 ante el avance del EI.

"Hablamos mucho con nuestros primos ahí, están asombrados por la forma en la que vivimos", dice Dilan. "No hemos dejado de viajar entre Suecia, Bélgica y París por nuestra colección, y no se pueden creer que uno pueda circular así de un país a otro".

La marca Namacheko, de Irak a Suecia pasando por las pasarelas de París

Itinerario personal

Su primo Herresh, al que hicieron posar como modelo en un vídeo grabado por Dilan en medio de los campos petrolíferos que rodean Kirkuk, lucha ahora contra el EI.

"Nos damos cuenta de nuestra enorme libertad al hablar con nuestros primos", dice el joven modisto. "Cuando nos acercamos al frente, nos sorprendió ver el número de hombres de 50 años y más que combatían", recuerda.

"Uno se imagina unos peshmergas muy en forma, muy entrenados, pero hay muchos padres y abuelos que van ahí durante tres días y luego regresan a su casa durante una semana".

Su colección incluye cazadoras inspiradas en las que visten los peshmergas, pero no son verde oliva sino blancas.

Los Lurr señalan, no obstante, que sus creaciones, en seda y cachemir, son sobre todo la expresión de su itinerario personal, de la forma en que "se adaptaron a Suecia".

Lezan recuerda el momento en el que, recién llegada al país nórdico, sus padres la enviaron a una escuela cristiana, donde la Biblia se convirtió en su "libro favorito". "Era la única musulmana ahí y, sin embargo, me encantaban esas historias. Mis padres estaban muy contentos e incluso me la leían. Eran muy abiertos y liberales con nosotros".

A pesar de sus inquietudes sobre el exilio y la identidad, las influencias kurdas sólo aparecen como pequeños toques en la ropa de Namacheko. "Algunas personas las ven, otros no", asegura Dilan. "No quiero que sea una colección de Oriente Medio", zanja. (AFP)

La marca Namacheko, de Irak a Suecia pasando por las pasarelas de París FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici.

Foto's:Namacheko. Credit: Catwalkpictures.com

Fashion Week parisienne: des hommes en jambes

Chemises hawaïennes, shorts et chaussettes seront de mise pour l'été 2018, annoncent les défilés de mode masculine qui se sont achevés dimanche à Paris, marqués également par les tendances récurrentes du sportswear et des années 1980.

Jambes à l'air

Au moment où, en pleine canicule, des conducteurs de bus français et des écoliers anglais protestaient, en jupes, contre l'interdiction de porter bermudas ou shorts, les mannequins ont pu sereinement aérer leurs jambes sur les podiums parisiens.

Thom Browne a même fait défiler des hommes d'affaires en vestes de costume portant jupes et talons hauts.

"Pourquoi est-ce que ce ne serait pas pour les hommes?", a lancé le créateur américain, interrogé après le show. "Ils ont l'air presque plus masculins que s'ils portaient des vêtements classiques".

Fashion Week parisienne: des hommes en jambes

L'estivant 2018 n'hésite pas à dévoiler mollets, genoux et parfois cuisses. Dries Van Noten propose bermudas et shorts dans des couleurs rétro, avec des chaussettes et des boots. Version Dior, le micro short s'accompagne de bottines mi-chaussures de sport, mi-Rangers, et contraste avec l'esprit tailleur d'une veste de costume ajustée, avec ou sans manches.

Louis Vuitton aussi joue l'alliance des contraires: des shorts de surf et de plongée, en cuir ou jersey, se marient avec des chemises et des vestes de costumes. Pour les noctambules, le bermuda se pare de mille paillettes chez Comme des Garçons.

Fashion Week parisienne: des hommes en jambes

La jeune griffe Namacheko le conçoit évasé en bas, porté avec des chaussettes bien remontées. Marques de bronzage garanties. Dans l'univers apocalyptique de Rick Owens, les garçons montrent leurs jambes sous des tuniques tout en volumes et contrastes de matières brillantes et mates.

Et pour ceux qui n'osent exhiber leurs mollets ou redoutent les coups de soleil, il est toujours possible d'assortir son bermuda de chaussettes de sport montantes, façon Facetasm.

Fashion Week parisienne: des hommes en jambes

Sous les palmiers

Une fièvre tropicale s'est emparée des designers: la chemise hawaïenne était la reine des défilés. Louis Vuitton la décline en organza, superposée à une autre en dessous, pour des effets de transparence et de brillance. Palmiers et couchers de soleil criards sont au rendez-vous chez Balenciaga, pour un esprit rétro-kitsch assumé.

Des fleurs exotiques aux couleurs vives se sont aussi invitées sur les chemises et les bermudas d'AMI. Dans des tons plus doux, les cocotiers recouvrent chemises et pantalons chez Dries Van Noten. Les mêmes paysages paradisiaques se retrouvent sur des chemises, blousons et vestes de Paul Smith.

C'est le pied

Si les mollets s'aèrent, les doigts de pied, eux, restent à l'abri. Les chaussettes ne se cachent plus, elles ont souvent l'allure sportive et ne rechignent pas à accompagner des claquettes ou des sandales, façon footballeur au vestiaire ou caricature de touriste allemand.

Le combo, déjà vu depuis plusieurs saisons sur les podiums, se décline en plusieurs versions, plus ou moins sportives, chez Louis Vuitton, Pigalle, Ami, Vetements, 22/4. Des claquettes, cette fois sans chaussettes, ont aussi foulé le podium de Berluti, dont le directeur artistique Haider Ackermann a en revanche opté pour des tongs dans la collection de sa marque éponyme.

Sportswear et eighties

Les années 1980 n'en finissent pas d'inspirer les créateurs de mode. Elles influencent l'esthétique du défilé Balenciaga, avec les chemisettes rentrées dans des pantalons taille haute, des vestes en cuir souple, des hauts de survêtement vintage.

Fashion Week parisienne: des hommes en jambes

Andrea Crews signe une collaboration avec New Man, marque française emblématique des eighties. Etudes rend hommage aux chansons de Taxi Girl de ces mêmes années, en imprimant paroles ou titres sur des vêtements, tandis qu'Olivier Rousteing chez Balmain fait défiler ses modèles au son d'Indochine.

L'inspiration sportswear, omniprésente, a aussi gagné Hermès, maison emblématique de l'élégance française, qui propose des pantalons de joggings, des blousons à capuche et des parkas dans une matière brillante et technique, déclinée en plusieurs couleurs.

Mixité

Les défilés mixtes semblent désormais bien installés: hommes et femmes ont défilé sur les podiums de Balmain, Lucien Pellat Finet, Etudes, Sacai, Berluti, Paul Smith, Andrea Crews, Enfants riches déprimés, Avoc, Juun J, Pigalle. Kenzo a présenté l'une à la suite de l'autre ses collections homme et femme, riches en couleurs, slogans et imprimés, dans un show spectaculaire entrecoupé d'acrobaties.

(AFP)

Fashion Week parisienne: des hommes en jambes FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici.

Foto: Dries van Noten Spring Summer 2018. Credit: Catwalkpictures.com

Foto's: Louis Vuitton Mens Spring Summer 2018. Courtesy: Louis Vuitton

Foto: Balenciaga Mens Spring Summer 2018. Credit: Catwalkpictures.com

Emporio Armani s’associe à Shawn Mendes

Les millenials ont pris le pouvoir dans la mode, reléguant parfois les directeurs artistiques au second plan. Les millenials, c’est cette génération d’influenceurs – moyenne d’âge 18 ans - qui a connu la gloire grâce aux réseaux sociaux dont elle s’est emparée avec constance et professionnalisme pour en faire un véritable outil de travail en phase avec le ton, le vocabulaire et l’esthétique de l’époque.

Les grandes maisons de mode convoitent avec appétit ces stars du web, piochant sans compter, en ce qui concerne la mode féminine, dans le vivier des vedettes d’Instagram. La mode masculine n’est pas en reste : elle regarde plutôt du coté de feu Vine ou de Snapchat, des réseaux à l’écriture visuelle moins statique qu’Instagram, plus spontanée. Ainsi, Calvin Klein et Pull & Bear ont choisi Cameron Dallas, Zayn Malik est mis en lumière dans la prochaine campagne Versus Versace et – men fashion week oblige - Emporio Armani vient d’annoncer sa « collaboration » avec Shawn Mendes pour le lancement de sa première collection de montres intelligentes à écran tactile.

Snapchat : un vivier de stars potentielles pour la mode masculine

Il y a peu de chances que vous connaissiez Shawn Mendes si vous avez plus de 25 ans, sachez pourtant que ce jeune chanteur et auteur-compositeur canadien est depuis plusieurs années, l’une des plus grandes idoles du net. Son album « Illuminate » a décroché la première place au Billboard 200 américain et s’est classé n°1 sur iTunes dans plus de 65 pays. Sa carrière internationale a véritablement débuté en 2014. Il s’était fait connaître un an auparavant en publiant des vidéos de 6 secondes sur l’application Vine puis en faisant des tournées avec le « Magcon Tour qui réunit les vedettes masculines des réseaux sociaux du moment. Quelques noms de ce réseau « Magcon » : Cameron Dallas, Nash Grier, Jack & Jack, Matthew Espinosa, Carter Reynolds, Taylor Caniff, Aaron Carpenter, tous immensément populaires auprès d’un jeune public féminin. Et désormais stars potentielles des campagnes de communication des grandes marques de mode qui ont flairé le filon.

Le canadien aura la plaisante tache de promouvoir les montres connectés d’Emporio Armani, des montres intelligentes à écran tactile et hybrides, sous licence pour Fossil. Les montres sont fidèles aux designs de la marque et dotés des technologies portables d'aujourd'hui. Les utilisateurs seront informés par des messages et des notifications livrés directement sur leur montre, et ce toujours avec style grâce aux cadrans personnalisables et aux bracelets interchangeables assortis à leur look. La campagne a été lancée à Milan à l’occasion de la Fashion Week et du défilé Emporio Armani Homme. Les images et vidéos de la campagne ont été réalisées à Toronto, dans la ville natale du chanteur, par la photographe Sabine Villiard et le réalisateur Alex Courtes. Les nouvelles montres seront disponibles le 14 septembre sur armani.com, dans tous les magasins Emporio Armani ainsi que dans certains grands magasins et magasins spécialisés à travers le monde.

Emporio Armani s’associe à Shawn Mendes FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici.

Credit photo: Emporio Armani

Le premier défilé d'Arthur Avellano

Un nouveau est arrivé dans le paysage de la Fashion week parisienne. Arthur Avellano a en effet organisé son premier défilé pour sa collection Printemps-Eté 218.

Avec son thème « Chute Libre », le créateur s'inspire du film culte de Joël Schumacher racontant l’histoire « d’un homme en rupture avec les faux-semblants de la société moderne, fasciné par les dérapages inhérents à la pression du masque social qui muselle nos pulsions. Le point de non retour face à l’absurde », selon la marque.

Le premier défilé d'Arthur Avellano

Arthur Avellano veut apporter une nuance au vestiaire masculin, en marge de la mouvance androgyne, il s’applique à faire cohabiter élégance et virilité. Inspirés par l'étude des sociotypes, l'attitude, la personnalité deviennent le point central de la silhouette en insufflant du réel à ses créations.

Le premier défilé d'Arthur Avellano

Il enrichit son panel textile par l’utilisation de latex de cuir et de néoprène toutes associées à l’univers fétichiste

Avec sa collection, Arthur met en perspective les matières associées au fétichisme : latex, cuir, spandex et les transpose dans un vestiaire classique masculin dont il reprend les basiques de l’univers sportswear et tayloring.

Le premier défilé d'Arthur Avellano

Arthur Avellano travaille principalement le latex. En collaboration avec des laboratoires spécialisés, il inscrit l’originalité de sa marque dans une recherche textile innovante en développant sa propre matière, un latex hybride, aux propriétés d’utilisation proche du cuir mais qui en conserve sa texture, son tombé et sa réflexion unique.

Arthur Avellano a 25 ans. Après avoir étudié à l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Toulouse et fait une formation à l'école de la Chambre Syndicale , il intègre l'Atelier Chardon Savard.

Le premier défilé d'Arthur Avellano

En 2015, sa collection de fin d'étude « The Feast Of Trimalchio » retient l’attention et remporte le prix de la Best graduate collection du Who's Next. Les succès s’enchaînent, il sera invité à la Fashion week du Vietnam, de New York et ainsi qu'au salon White à Milan. En 2016 Arthur crée son atelier, lance sa marque éponyme et collabore avec d’autres labels, notamment Neith Nyer.

Le premier défilé d'Arthur Avellano FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici.

Photo : Arthur Avellano

Fashion Week homme: la claquette-chaussette fait recette

La vogue des claquettes-chaussettes, qui sévit déjà auprès des lycéens, pourrait encore durer un moment, à en croire les défilés de mode masculine pour l'été 2018: elles ont foulé jeudi plusieurs podiums parisiens, des griffes Pigalle et AMI à Louis Vuitton en passant par Dries Van Noten.

Au défilé Louis Vuitton, devant un public accablé par la canicule qui s'éventait vigoureusement, le directeur artistique Kim Jones a proposé un vestiaire inspiré de Hawaï pour vacanciers sportifs. Ces estivants des îles portent des shorts de plongée, mais en cuir, des pantalons ou des hauts en jersey de surfeur. Ainsi que des chemisettes à fleurs en organza, qui jouent les transparences et les superpositions.

Bijoux, bobs et volumineux sacs à dos complètent les silhouettes de cette collection, présentée au son d'une chanson du rappeur canadien Drake. Et aux pieds, des mules sportives à brides épaisses et siglées Louis Vuitton, s'accompagnent de fines chaussettes, en partie transparentes. Ce combo hautement controversé -fashion faux pas ou symbole de coolitude?- a connu une vague de popularité ces dernières semaines dans les cours des lycées en France à la suite d'une chanson du rappeur Alrima à la gloire des "claquettes-chaussettes".

Fashion Week homme: la claquette-chaussette fait recette

Le look n'est pas réservé aux hommes: il a déjà été adopté par Rihanna, avec un survêtement. Le mannequin Kendall Jenner en a offert une variation sur tapis rouge lors du dernier festival de Cannes: pour aller avec sa robe à longue traîne Giambattisa Valli, elle avait choisi d'accompagner de fines socquettes ses sandales à talons.

Cette association n'est toutefois pas une première sur les podiums et Louis Vuitton n'a pas été le seul jeudi à la proposer: Alexandre Mattiussi, de la griffe AMI, a assorti ses sandales à velcro de chaussettes de sport qui jouaient les contrastes noir/blanc.

Pas question d'avoir les doigts de pied en éventail: les chaussettes sont omniprésentes, portées mi-mollet, à rayures sportives, avec des mocassins. Dans ce vestiaire estival où alternent bermudas, pantalons, trenchs ou combinaisons, les imprimés à fleurs, les carreaux et les rayures s'imposent, parfois portés en total look. Ces estivants à la plage défilent sur du sable rose et des airs tropicaux.

Sportswear futuriste

Chez Pigalle, dans une collection unisexe réalisée en collaboration avec Nike, dont la palette est dominée par le rose, les claquettes de sport portées avec chaussettes sont légion. Elles accompagnent une silhouette résolument sportswear et futuriste, qui joue avec les matières. Vainqueur en 2015 du prix de l'Andam, Stéphane Ashpool, designer autodidacte à la tête de la marque qui porte le nom du quartier où il a toujours vécu, organisait cette fois son défilé au Musée d'art moderne de la ville de Paris.

Fashion Week homme: la claquette-chaussette fait recette

Dries Van Noten avait quant à lui choisi d'investir les anciens locaux du journal Libération pour présenter une collection aux tons pastels à l'influence rétro. L'esprit vintage marque aussi les imprimés végétaux ou à carreaux. Les hommes arborent fièrement leurs chaussettes, remontées jusqu'à mi-mollet, portées avec un bermuda ou un short. Elles s'accompagnent là encore de sandales, en cuir, mais aussi de boots ou de chaussures de sport.

Chez Issey Miyake, l'homme imaginé par Yusuke Takahashi est confronté à l'immensité du désert. Il adopte des pantalons bouffants façon sarouel et des pantalons resserrés sur les mollets à la manière de pantacourts, parfois relevés d'une petite fermeture-éclair. Les couleurs sont neutres, évoquant la terre ou le sable. Pour faire face aux éléments, l'homme porte des baskets souples. C'était un parcours du combattant pour les mannequins de Rick Owens qui ont dû descendre une gigantesque plateforme en échafaudage à l'extérieur du palais de Tokyo.

Parfois torse nu, sous un soleil de plomb, les mannequins au look androgyne portent des sacs en bandoulière intégrés à leur tenue, des débardeurs superposés semblant avoir été arrachés et des pantalons taille haute, larges et interminables. (AFP)

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Photos: Catwalkpictures

Un créateur à suivre : Gosha Rubchinskiy

Le créateur russe pour hommes Gosha Rubchinskiy est bien connu pour sa capacité à secouer le monde de la mode. Originaire de la banlieue, il a utilisé au fil des années, son expérience pour créer une nouvelle sous-culture, se tailler une place bien méritée parmi les grands noms street comme Supreme et Palace. Il travaille maintenant en collaboration avec de grands noms comme Stephen Jones, Adidas et Burberry.

« Son défilé était magnifique - dans un bâtiment étonnant, à minuit, avec un public très restreint, des gens extraordinaires et des tonnes d'énergie comme des skateboarders, et des musiciens - mais une étrange tension », avoue le pdg de Burberry Christopher Bailey, à propos du show de Gosha Rubchinskiy, la semaine dernière. Gosha Rubchinskiy a présenté sa dernière collection en collaboration avec la grande maison britannique, dans une présentation à Saint-Pétersbourg, avec Christopher Bailey au premier rang.

Gosha Rubchinskiy crée une collection pour Burberry

Le créateur de 33 ans Gosha Rubchinskiy a créé une collection de vêtements pour hommes de huit pièces au style plus streetwear que les collections habituelles deBurberry. La ligne comprend une nouvelle interprétation du célèbre trench Burberry, surdimensionné, une paire de shorts et des casquettes de football. La collection sera disponible dans les magasins d’ici janvier 2018.

« Gosha est entré en contact avec moi et a demandé si je voulais travailler avec lui. Et parce que j'aime ce qu'il fait, j'ai dit oui. Cela n’était pas stratégique ni planifié », a révélé Christopher Bailey au sujet de la collaboration. « Mais cela s’est fait sans effort. »

Gosha Rubchinskiy : créateur de sous-culture

Gosha Rubchinskiy a commencé sa carrière il y a neuf ans, avec son premier défilé dans un stade sportif à Moscou. Le défilé, intitulé vêtements de sport en vedette «Evil Empire » (Empire du Mal) été présenté sur fond de musique rave des années 90. Les modèles – des jeunes garçons - portaient des masques avec des pointes et des sweat-shirts, avec inscrit des slogans inspirés par le death metal. Certains détails du défilé faisaient référence à la guerre froide. Gosha Rubchinskiy a réussi à développer cette culture au fil des années, auprès des jeunes de New York, Tokyo ou Paris, qui ont désormais l’air russe.

Même à l’époque, Gosha Rubchinskiy avait un talent pour faire des déclarations politiques complexes et artististiques, selon Pavel Milyakov à Highsnobiety - qui à l'époque a créé les visuels pour Evil Empire. Tous les aspects de la collection étaient importants : du lieu à la bande son ou encore aux images. « Pour moi, l'événement était spécial parce qu'il était nouveau, frais et sérieux. Et après toutes ces années, il l’est encore. Non seulement dans le contexte de Moscou, mais dans le monde, et c'est sa grande force », conclut Milvakov.

Un créateur à suivre : Gosha Rubchinskiy

Cela était évident pour tout ceux qui ont travaillé avec Gosha Rubchinskiy au moment du lancement de la collection qu’elle offrait un réel changement culturel au sein de la nouvelle génération en Russie. « J’ai rencontré Gosha en 2007 ou 2008 lors d'une fête », explique Kirill Savchenkov, le créateur qui a aidé à organiser son défilé à Highsnobiety. « Nous avons parlé de la crise de la culture et de l'identité. Qu’il l’ait exprimé à travers les vêtements était unique, et nous avons travaillé avec des jeunes qui faisaient partie de ce changement. »

Adidas a collaboré avec Gosha Rubchinskiy

De nombreuses marques semblent aimer le fait que Gosha Rubchinskiy, qui a grandi dans la société soviétique, puise son inspiration dans la chute du rideau de fer et de la culture de la rue russe. Cela a conduit à un certain nombre de collaborations, de Comme des Garçons, Palace et Supreme, à Burberry aujourd’hui. L'année dernière, il était le créateur invité de la 90ème édition du Pitti Uomo, où il a présenté une collection dans une usine de tabac abandonné. Des marques comme Fila, Kappa et Superga ont contribué à la collection.

Un créateur à suivre : Gosha Rubchinskiy

De plus, cette semaine, il a été annoncé que Gosha Rubchinskiy collaborerait de nouveau avec Adidas. La nouvelle fait suite à la première collaboration avec Adidas, lancée plus tôt cette année, lors du défilé de Gosha Rubchinskiy à Kaliningrad, en Russie. La nouvelle collection, intitulée « Adidas Football x Gosha Rubchinskiy » est inspirée par la culture de la jeunesse russe dans les années 80 et 90, avec un accent particulier sur la scène rave.

« Travailler avec Adidas me permet de célébrer la jeunesse russe. En combinant la création mode qui exprime ma vision, avec la meilleure marque de vêtements de sport dans le monde », explique Gosha Rubchinskiy.

La collection comprend, entre autres, une veste de survêtement surdimensionné, des pantalons de survêtement tissés et des hauts sans manches. Quelques articles comportent le mot « football » en cyrillique. La ligne comprend des chaussures et des accessoires comme des sacs de sport et des bouteilles d'eau.

En plus de ses collaborations, Gosha Rubchinskiy possède également une marque de vêtements pour hommes éponyme. Il est vendu dans le monde dans de nombreuses boutiques. Les collections sont aussi disponibles en ligne.

Un créateur à suivre : Gosha Rubchinskiy FashionUnited prêtera attention sur la saison masculine des défilés durant le mois de Juin. Pour plus d'articles sur la mode masculine, cliquez ici. ici.

Photo: Burberry, Gosha Rubchinskiy Facebook

Fashion Week homme: des silhouettes eighties ou romantico-punk

Balenciaga a ouvert mercredi la Fashion Week homme à Paris avec un vestiaire aux influences années 1980, qui se veut "destiné aux promenades et à la randonnée" mais renvoie aussi à une actualité plus politique en évoquant l'Europe et le "pouvoir des rêves".

Au premier des cinq jours de présentations des collections printemps-été 2018, en pleine canicule, le show Balenciaga offrait un peu de fraîcheur sous les frondaisons du bois de Boulogne. Les mannequins y ont défilé tantôt accompagnés d'enfants comme des pères de famille, tantôt tenant une bicyclette à la main.

Le directeur artistique, Demna Gvasalia, après s'être intéressé à la silhouette de l'employé de bureau la saison dernière, a cette fois imaginé un vestiaire pour des hommes en week-end, "détendus et heureux". L'influent créateur géorgien, également à la tête de la marque branchée Vetements, a "conçu des polos, des chemises, des vêtements d'extérieur destinés aux promenades et à la randonnée, des jeans ayant vécu et des vestes indolentes", décrit la marque.

Fashion Week homme: des silhouettes eighties ou romantico-punk

L'allure rappelle les années 1980, avec des parkas vintage ou un jean neige porté avec des chaussures à boucles, des chemises hawaïennes à coucher de soleil criard, des vestes à larges épaules. Le directeur artistique, fidèle à son art du détournement, joue avec les limites du bon goût. L'une des pièces phares est un pantalon modulable, comme un patchwork de matières à trois étages: short, bermuda, pantalon.

La collection de ce designer qui a lui-même émigré en Allemagne dans son enfance, et vit désormais à Zurich, prend aussi des accents politiques, avec les mots "Europe", "Europa!", "The Power of Dreams" ou "Think Big!" sur des dossards ou des vestes plastifiées, qui peuvent évoquer le rêve de réfugiés arrivant en Europe.

Côté accessoires, le créateur s'inspire à nouveau du quotidien de l'homme de la rue: après son cabas multicolore, il décline le sac plastique de supermarché dans une version luxueuse en cuir.

Icosae: bad boy romantique

Du côté de la jeune marque française Icosae, qui présentait son deuxième défilé dans le calendrier officiel de la Fashion week homme à Paris, l'humeur était romantico-punk.

La marque, qui a été retenue pour représenter la France pour le prochain prix Woolmark, a été créée en 2014 par les frères Florentin et Valentin Glemarec, la petite vingtaine tous les deux. L'homme imaginé par ce duo est un "bad boy" qui porte une boucle d'oreille volumineuse, des lunettes fumées, des costumes ajustés à carreaux ou des jeans délavés.

Des zips, des clous argentés, des manches ouvertes à hauteur des épaules apportent la touche rebelle. Pour le côté romantique, des coeurs, qui reviennent en motifs récurrents, et du rose pâle, qui colore un jean, une chemise en soie ouverte sur le torse, un blouson. Des boots en strass, signées Christian Louboutin, complètent la silhouette.

Facetasm déconstruit

Les coeurs et les zips étaient aussi de mise chez Facetasm, marque du Japonais Hiromichi Ochiai, qui jouait la déconstruction et mêlait formes, matières et styles: kilts, chaussettes de sport, parka courte devant, ultra-longue à l'arrière... Dans ce défilé mixte, les hommes portent du rouge à lèvres et les femmes affichent autour de la bouche une fleur dessinée au crayon noir comme une fine moustache. (AFP)

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Photos: Balenciaga, Catwalkpictures