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Fashion Week de New York: une première journée très politique

La première Fashion Week new-yorkaise de l'ère Trump s'est ouverte sous le signe très politique de bandanas blancs, adoptés par Calvin Klein, Thakoon ou Shoji comme symbole d'unité et de tolérance dans un pays plus polarisé que jamais.

Comme Tommy Hilfiger à Los Angeles mercredi, les trois marques de prêt-à-porter ont clairement revendiqué leur adhésion à ce bandana, dont l'idée est partie du site spécialisé Business of Fashion, accompagné du hashtag #TiedTogether (LiésEnsemble). Les éditeurs du site basé à Londres affirment par cette action vouloir "prendre position clairement en faveur de la solidarité, de l'unité humaine et de l'inclusion, face à l'incertitude croissante et au discours dangereux qui alimente les divisions", non seulement à New York mais aux autres semaines de la mode de Londres, Paris ou Milan.

Les invités du très attendu défilé de Calvin Klein vendredi - qui portera pour la première fois la signature du créateur belge Raf Simons - ont ainsi reçu un bandana blanc imprimé noir, accompagné d'un carton les appelant à le porter en signe "d'unité, d'inclusion, d'espoir et de tolérance".

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Et dès jeudi soir, le créateur Thakoon Panichgul, d'origine thaïlandaise, arborait le bandana blanc au poignet, tout comme le designer d'origine japonaise Tadashi Shoji, tous deux représentants d'un monde de la mode éminemment mondialisé où les frontières n'existent plus, et où le récent décret sur l'immigration de Donald Trump a fait l'effet d'une douche glaciale. "C'est un sujet très sensible", a expliqué Thakoon. "Pour moi, (le bandana) est vraiment le côté positif qu'on ressent lorsque tout le monde se rassemble et se sent plus fort en pensant à la diversité, à la relation qu'on a les uns avec les autres, surtout à New York"

"Je suis un créateur immigré", a-t-il aussi souligné. "Je suis né et j'ai été élevé en Thaïlande, je suis venu ici avec l'idée que l'Amérique est vraiment l'endroit où on peut être libre non seulement de vivre, mais de penser, et cela a stimulé ma créativité". "Quand je dis liberté de penser, je pense qu'il y a quelque chose en Amérique qui vous rend un peu plus rebelle et non-conformiste, et c'est quelque chose d'important quand on est créatif", a-t-il ajouté. Une partie de l'équipe du couturier d'origine japonaise Tadashi Shoji, arrivé aux Etats-Unis en 1973, portait elle aussi jeudi soir le fameux bandana, de même que la mannequin ouvrant son défilé.

Pour Shoji aussi, l'important était de montrer que nous ne sommes "pas divisés", mais "ensemble". "Je suis un immigré et 50 pour cent de mes employés le sont aussi", a-t-il souligné. Preuve une fois encore que la mode reflète son temps, tant Thakoon que Shoji ont insisté sur l'incertitude et les bouleversements de la période actuelle. Shoji a ainsi expliqué avoir trouvé l'inspiration pour les fleurs brodées omniprésentes dans sa nouvelle collection dans le mouvement d'émancipation des années 60, à un moment où la "révolution de la jeunesse" était "partout dans le monde", a-t-il expliqué à l'AFP.

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Marcus Wainwright, créateur et patron de la marque Rag and Bone, a, lui, décidé de traduire les changements actuels en renonçant à faire un défilé. Il a préféré montrer sa nouvelle collection via une exposition de photos aux allures de rétrospective sur ses 15 ans d'existence, mettant en évidence ses "classiques" comme la veste aviateur, le jean ou des pulls unis en cachemire tout en confort. "Franchement, je me suis réveillé après l'élection (de Donald Trump, ndlr), et je me suis dit, +on ne peut pas faire de défilé+. Je ne savais pas pourquoi, mais ca paraissait juste une mauvaise idée", a expliqué le designer d'origine britannique dans une brochure accompagnant l'exposition.

Pas de bandanas, mais de vrais vedettes en revanche au défilé La Perla, avec en ouverture la célébrissime mannequin britannique Naomi Campbell, 46 ans, et en clôture Kendall Jenner, 21 ans, en robe transparente. Pour la première collection du géant italien de la lingerie dans le prêt à porter, la créatrice Julia Haart a fait valoir que son engagement à elle était la cause des femmes.

"Je veux détruire l'idée selon laquelle vous devez être soit belle soit à l'aise (dans ses vêtements). Je veux les deux, je veux tout", a-t-elle déclaré à l'AFP. Ses vêtements intègrent tous des éléments empruntés au monde de la lingerie, mêlant dentelles ou soutiens-gorge bien en évidence. (AFP)

Photo: La Perla: Dimitrios Kambouris / Getty Images North America / AFP

Le couturier Tadashi Shoji a présenté jeudi, à New York, une collection très inspirée du grand mouvement d'émancipation des années 1960, que lui rappelle la période actuelle et les grandes manifestations contre Donald Trump.

Le créateur de 69 ans a voulu célébrer une époque, "la fin des années 60 et le début des années 70", où la "révolution de la jeunesse" était "partout dans le monde", a-t-il expliqué à l'AFP. Et aujourd'hui, "une vague de changement envahit le monde", explique Tadashi Shoji dans ses notes de collection, au sujet de ce qu'il qualifie de "soulèvement". "Le temps de vous exprimer est venu", ajoute-t-il.

Pour l'un des premiers défilés de la semaine de la mode de New York, entamée jeudi, le designer d'origine japonaise a puisé dans le "flower power", avec des fleurs brodées un peu partout sur des pantalons ou des robes. Les couleurs aussi rappellent les outrances des années 60, du violet, du vert éclatant, du rouge vermillon, avec quelques notes plus sages de vieux rose et de gris. Du côté des matières, le velours est très présent, lui aussi réminiscence des années 60 et 70. Quant à la musique, le couturier s'en est remis aux classiques avec Jimi Hendrix, Nancy Sinatra ou David Bowie.

Une partie de l'équipe de Tadashi Shoji et la première mannequin à ouvrir le défilé portaient le désormais fameux bandana blanc, symbole de solidarité et d'inclusion qui a déjà été aperçu aux défilés de Tommy Hilfiger et Thakoon. Pour Tadashi Shoji, il est important de montrer que nous ne sommes "pas divisés", mais "ensemble".

A travers sa collection et les bandanas blancs, il voulait envoyer un message de "rassemblement", a-t-il expliqué. "Je suis un immigré et 50% de mes employés le sont aussi", a-t-il souligné. "Et la philosophie de ma maison est d'habiller toutes les femmes", a-t-il ajouté. "De tous les pays, toutes les religions, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, nous pouvons les rendre belles." (AFP)

Galeries Lafayette : une femme atteinte d'un cancer forcée de retirer son bonnet

Voici ce qu’on appellera pudiquement un décalage. Décalage entre l’intention et l’exécution, entre l’esprit et la lettre. La semaine dernière, le service de presse des Galeries Lafayette nous envoyait un dossier débordant de positivité concernant la nouvelle collection Printemps-été 2017 Galeries Lafayette signée par Laetitia Ivanez. Une collection imaginée, dixit le communiqué, pour une femme moderne, joyeuse, curieuse, toujours en mouvement.

Laetitia Ivanez, qualifiée de « souffle neuf » du célèbre grand magasin parisien résumait ainsi ses intentions créatives : Je souhaite l’élégance pour tous. Les habits font parfois le bonheur. Les couleurs doivent faire monter le rose aux joues. Ma mode est contente, elle a le moral et elle essaie de le donner à celle qui la porte ». En somme, une mode qui rassemble, « une mode à laquelle on a accès et qui rend plus fort ». La créatrice concluait ainsi sa démonstration : « Aujourd’hui les femmes ont trente ans pendant trente ans. Elles ont besoin de vêtements qui les accompagnent. Les Galeries Lafayette c’est comme emporter un petit bout de Tour Eiffel sur soi. La collection que j’ai créée pour les Galeries Lafayette est bienveillante ».

Excès de zèle ou absence de consigne claire ?

Hélas, le calendrier des évènements est parfois bien cruel, et cette merveilleuse ôde à la bienveillance exprimée par le prisme des vêtements a été mise en défaut par un incident pour le moins consternant. Cela s’est déroulé à Toulouse, lundi dernier. Une mère de famille porte un bonnet sur la tête, elle souffre d’un cancer. Au moment de pénétrer dans les galeries Lafayette, un vigile lui demande d’ôter son couvre-chef. Consigne de sécurité. « La mise en place du plan Vigipirate, indique le porte-parole de l’enseigne, autorise certains vigiles à demander aux visiteurs d’enlever ce qui pourrait couvrir leurs visages ». Jusque là, on peut affirmer que la demande du vigile se justifie.

La mère de famille s’exécute, offrant ainsi aux regards de tous son crane dégarni par la chimiothérapie. Cet acte de bonne volonté lui semblant suffisant, elle indique vouloir remettre son bonnet. Et c’est là où l’affaire prend une tournure déplaisante : le vigile refuse qu’elle se recouvre le crane pour effectuer ses achats. Cette mère de famille était accompagnée par sa fille. Celle-ci prendra plus tard la parole sur les réseaux sociaux, Facebook en l’occurrence : « «Maman, tu voulais juste faire plaisir, en t'achetant une broche pour mettre à ton bonnet pour avoir l'air plus joyeuse, mais au lieu de ça tu es partie de cette enseigne effondrée, humiliée… J'ai honte, honte pour eux ! ».

Comme on pouvait s’y attendre, ce message poignant a largement été relayé. 18000 partages en moins de 48 heures. L’enseigne a réagi tout d’abord pour prendre contact avec les victimes de cet incident, et enfin pour s’excuser publiquement : « Cet acte choquant ne représente en rien nos valeurs. Le directeur du magasin est en contact avec cette cliente » indique le compte twitter de l’enseigne. Contacté par l’AFP, le directeur du magasin ne souhaite pas donner à cette affaire un caractère excessif qui impliquerait un licenciement du vigile : « L'important est de redonner des consignes claires et que cela ne se renouvelle pas. Chacun peut faire des erreurs ». La collection bienveillante créée par Laetitia Ivanez sera mise en scène par Marine de Bouchony et Camille de Laurens à la Galerie des Galeries à Paris., en vitrine du boulevard Hausmman du 10 février au 4 mars, dans les 56 magasins en région, Galeries Lafayette Berlin, au BHV Marais et sur galerieslafayette.com.

Crédit photo: collection Printemps-été 2017 Galeries Lafayette signée par Laetitia Ivanez, mise en scène par Marine de Bouchony et Camille de Laurens

Oscar de la Renta défile avec Monse

Oscar de la Renta défilera avec Monse. Les fondateurs de la marque, Laura Kim et Fernando Garcia, ont choisi de présenter ensemble la collection de leur marque et celle de la grande maison américaine.

Au Skylight Clarkson Square à New York, le duo créatif présentera les deux collections Automne-Hiver 2017, l'un après l’autre, le 13 février, en commençant pas Monse qui avait organisé son premier défilé à la Fashion week, en septembre 2015.

« Présenter consécutivement les deux collections ne signifie pas que les idées créatives se confondront », a expliqué Fernando Garcia. « L'accessoirisation sera différente pour chacun des défilés et on verra clairement la transition entre les deux. Les vêtements sont très différents ».

La collection Oscar de la Renta est la première créée par le duo de directeurs artistiques depuis son arrivée dans la maison en septembre, suite au départ de Peter Copping. Le Britannique avait quitté son poste au sein de la marque new-yorkaise en juillet 2016 après deux ans de service. Il souhaitait rentrer en Europe pour des raisons personnelles. En faisant appel à Kim et à Garcia, la marque n'a pas exactement employé de nouveaux visages puisque ces créateurs ont respectivement travaillé pour la maison 12 et 6 ans avant de lancer leur propre marque.

Laura Kim en procès avec Carolina Herrera

Carolina Herrera avait intenté un procès contre Oscar de la Renta, dans la cour de l'État de New York, en décembre dernier, dans une tentative d'appliquer une clause de non-concurrence de six mois, dans le contrat de l'ancienne designer senior de la maison, Laura Kim. Selon un plan mis en œuvre par le directeur général François Kress, la styslite, qui a rejoint l'équipe de Carolina Herrera en octobre 2015, devait commencer sa transition pour remplacer la fondatrice de la maison, à la fin février 2016. Chose qu’ignorait Carolina Herrera, âgée de 77 ans.

Laura Kim, qui a fondé la marque basée à New York, Monse, aux côtés de Fernando Garcia, a finalement démissionné de son rôle à Caroline Herrera, le 8 juillet et, début septembre, ils ont tous deux ont annoncé qu'ils rejoignaient Oscar de la Renta comme directeurs de la création.

Laura Kim avait déjà travaillé sous Oscar de la Renta lui-même, en tant que directrice de studio pendant 12 ans. Fernando Garcia a passé six ans là-bas, en tant que designer senior.

Photo : Oscar de la Renta campagne AW15

H&M lance sa collection en plastique jeté

Le géant H&M a annoncé que sa nouvelle collection Conscious Exclusive comprendra un nouveau matériau durable Bionic, un polyester recyclé, fabriqué à partir de déchets en plastique jetés sur les côtes.

Le nouveau tissu a été utilisé pour créer une robe plissée de couleur rose poudré, portée par le nouveau visage russe de la collection, la top model Natalia Vodianova, une première pour la marque de mode suédoise.

« Pour l'équipe de design d'H&M, cette année, Conscious Exclusive offre l’opportunité de rêver et de créer des pièces à la fois bizarres et belles », a déclaré Pernilla Wohlfahrt, responsable du design et de la création de H&M. Cela est génial de pouvoir montrer ce qu’il est possible de faire avec des matériaux durables, comme nous l'avons fait avec la robe plissée, délicate faite de Bionic. »

H&M lance sa collection en plastique jeté

En plus du prêt-à-porter féminis, la marque suédoise a également confirmé qu'elle élargirait Conscious Exclusive, cette année, au prêt-à-porter hommes, ainsi que pour la première fois aux vêtements pour enfants et un parfum fait à partir d'huiles essentielles biologiques. Des sacs en résine pastel ont également été dévoilés.

La collection sera lancée dans environ 160 magasins à travers le monde et en ligne, à partir du 20 avril.

H&M lance sa collection en plastique jeté

H&M met en valeur les déchets riverains avec la nouvelle collection Conscious Exclusive

Pour promouvoir la nouvelle collection, H&M a publié une vidéo, « Le Voyage d'une robe », présenté par Natalia Vodianova, qui parle de la « question globale » de la pollution plastique et comment un « système circulaire » à la mode pourrait résoudre le problème de la fin des déchets dans les cours d'eau.

H&M lance sa collection en plastique jeté

« Grâce au recyclage, les déchets peuvent renaître comme quelque chose de beau », dit Natalia Vodianova dans la vidéo. « Imaginez un monde où une robe peut avoir un impact positif sur la planète ».

La collection H&M Conscious Exclusive a été lancée en 2011 en tant que plateforme d'utilisation de matériaux recyclés et organiques, pour créer des looks de mode plus durables, dans le cadre de l’engagement des distributeurs, vers un avenir de la mode plus durable.

H&M lance sa collection en plastique jeté

Dans toutes les gammes de produits de H&M, 20 pour cent sont maintenant fabriqués à partir de matériaux plus durables (2015), avec pour objectif chaque année d'augmenter cette part. Le détaillant suédois est l'un des plus grands utilisateurs mondiaux de polyester recyclé et l'un des plus gros acheteurs de coton biologique. Dans le cadre de leur plan d'action, ils espèrent que l'ensemble de leur coton sera approvisionné de façon durable à 100 pour cent, d'ici 2020.

Photo : Courtoisie de H&M

Voilée, designer de grandes marques, elle rêve d'une autre mode

Fille d'une Coréenne et d'un Palestinien, élevée dans l'Ohio, Sarah Musa a surpris ses parents en décidant de se voiler à 17 ans. Aujourd'hui, elle travaille pour des grands du prêt-à-porter avant de, peut-être, créer sa mode, pudique mais universelle.

Chez Ralph Lauren, Anna Sui, Carolina Herrera ou Club Monaco, où elle est aujourd'hui designer technique senior, la jeune femme s'est accommodée des codes du monde de la mode, quelles que soient les pièces sur lesquelles elle travaille. "Je réalise de beaux vêtements", ajoute-t-elle, "et les femmes peuvent choisir de les porter comme elles le veulent". Elle-même superpose régulièrement les éléments des créateurs pour couvrir son corps. "Je préfère porter un haut à manches longues Uniqlo plutôt que de la mauvaise +modest fashion+", dit-elle, en référence à la "mode pudique", parfois aussi appelée "mode islamique".

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Quand elle a fait le choix du voile à 17 ans, sa mère, coréenne d'origine et chrétienne, a mis trois ans à accepter sa décision. D'habitude, à cet âge, "les gens veulent seulement se fondre dans la masse", dit-elle d'une voix douce mais déterminée. En se couvrant, elle allait donc "à l'encontre de tout ce que disait notre société". "Toutes ces marques vous expliquent que vous devez vous maquiller, montrer de la chair, vous teindre les cheveux", dénonce-t-elle. "L'industrie vous dit que vous ne serez jamais assez bien".

"Si je me couvre, je prends le pouvoir, je décide qui je veux être", dit-elle. Et quelle que soit la controverse que peut susciter ce type de décision, elle est certaine que "pour la majorité des femmes musulmanes dans le monde, c'est un choix".

Travailler encore plus dur

A 20 ans, Sarah lance sa marque de "modest fashion", Haya, mais la met vite en sommeil pour "étudier". D'abord à la prestigieuse Fashion Institute of Technology de New York, puis dans les ateliers de grandes marques. Mais l'idée de proposer sa propre mode reste bien présente chez celle qui a remporté un concours national de création de voile islamique il y a trois ans. "Mon message ne sera pas religieux", prévient-elle, citant en exemple la créatrice américaine Ryan Roche, adepte des pantalons et des manches, et The Row, la maison des soeurs Olsen, dont beaucoup de pièces sont longues et amples.

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"Elle sont extrêmement pudiques, mais comme elles ne sont pas liées à la religion, les gens ne le voient pas comme ça", souligne la jeune femme, aujourd'hui âgée de 33 ans, dont le voile étudié rappelle les turbans des années folles. Depuis dix ans qu'elle a intégré l'industrie, Sarah dit n'avoir eu vent que d'une autre femme voilée dans le milieu des grandes marques américaines de prêt-à-porter.

Si ce milieu est plus ouvert que le reste de la société américaine, elle se souvient d'un entretien d'embauche où le recruteur l'a ouvertement écartée parce qu'elle portait le voile. "Les gens me jugeront toujours différemment", admet-elle. "Je dois travailler encore plus dur, mais c'est pour ça que j'ai signé quand j'ai fait ce choix". Sa différence, Sarah l'a toujours sentie davantage lorsqu'elle quitte le microcosme new-yorkais pour retourner dans son Midwest natal. Et depuis l'élection de Donald Trump, la fracture est encore plus marquée. "Dès que je suis arrivée en Ohio, j'ai senti les regards appuyés. Et je ne suis pas parano", dit-elle.

Mais son voile suscite aussi parfois des réactions positives, comme le jour où "une femme m'a abordée dans la rue pour me dire: votre foulard est magnifique", se souvient-elle. "Je pourrais retirer mon voile et me fondre dans la masse. Mais mes amis noirs, eux, ne peuvent pas changer", explique la jeune femme. Sarah préfère voir dans ce défi une opportunité. Pour les musulmans, dit-elle, "la mode peut être un moyen (...) de nous unir et trouver des moyens de faire front au sectarisme et à la haine". (AFP)

Photo:Instagram/Anniesa Hasibuan/NYFW

En image : Gucci réalise une grande fresque à New York

Gucci a créé une grande fresque sur un mur de New York. En partenariat avec Colossal Media, un leader de la peinture murale publicitaire faite main, l’œuvre sur le mur de 230 mètres carrés se situe au cœur de Soho, sur Lafayette Street, entre Prince Street et Spring Street.

En image : Gucci réalise une grande fresque à New York

« Cette « toile vierge » est idéale pour mettre en valeur la beauté unique de la peinture publicitaire murale, une forme d’art presque oubliée », explique Gucci.

En image : Gucci réalise une grande fresque à New York

Le mur présentera d’abord une œuvre de Jayde Fish, illustratrice basée à San Francisco, avant d’accueillir d’autres collaborations tout au long de l’année. Après qu’Alessandro Michele, directeur de la création de Gucci, ait découvert le travail de Jayde Fish sur Instagram, il a intégré plusieurs de ses illustrations dans la collection femme Printemps-Eté 2017.

En image : Gucci réalise une grande fresque à New York

Cette première fresque peinte en six jours a été dévoilée le 6 février lors de l’ouverture de la Fashion week de New York et restera visible jusqu’au 31 mars.

En image : Gucci réalise une grande fresque à New York

Pour marquer l’événement, un géofiltre Snapchat exclusif créé par Jayde Fish sera disponible à proximité de la fresque.

En image : Gucci réalise une grande fresque à New YorkEn image : Gucci réalise une grande fresque à New YorkEn image : Gucci réalise une grande fresque à New York

Photo : Gucci

Matières clés pour le Printemps/Eté 2018

L'équipe des matières de Trendstop apporte aux lecteurs de FashionUnited les dernières tendances en matière de tissus qui inspireront les collections de vêtements de la saison Printemps-Eté 2018. D'abord identifiés par nos experts des salons internationaux du tissu, ces tendances émergent désormais sur les podium internationaux. Ces matières auront des répercussions sur les secteurs des femmes, des hommes et des enfants pour l’été 2018 et au-delà. Nos prévisions saisonnières sont soigneusement organisées afin d'évaluer la valeur commerciale, de la directionnalité et de la longévité des tendances afin de vous aider à prendre vos décisions.

Cette semaine Trendstop révèle trois thèmes de matières inspirantes pour le Printemps / Été 2018. « Doux Conforts » s'inspire de la tendance intersaison et du développement des vêtements loungewear avec des textures confortables, réconfortantes et retravaillées pour l'été. « Jeux Primaires » introduit des hybrides de vêtements de sport avec un accent sur la performance et l'innovation, et « Fleurs de Forêt » se tourne vers le monde naturel avec des textures organiques raffinées et rafraîchies ainsi que des motifs de printemps.

Doux Conforts

Matières clés pour le Printemps/Eté 2018

Les tissus doux au toucher apportent un aspect réconfortant à la garde-robe d'été, renforcés par des volumes gonflés. Les textures à double tricot et les fils lisses créent des finitions propres, tandis que les textures rustiques sont adoucies avec des techniques d'empilage et d'essuyage. Des surfaces rembourrées imitent les nervures en velours côtelé pour créer un intérêt de surface supplémentaire.

Jeux Primaires

Matières clés pour le Printemps/Eté 2018

Les tissus s'inspirent du marché des vêtements de sport en mettant l'accent sur les aspects de haute performance, les caractéristiques techniques et les innovations hybrides. Les couleurs primaires audacieuses gagnent la profondeur, les surfaces brillent et le gauffrage donne un air rétro texturisé aux articles de sport. La haute technologie intervient dans les matières transpirantes et la maille.

Proche de la Nature

Matières clés pour le Printemps/Eté 2018

Les matières Printemps/Eté 2018 se rapprochent de la nature avec un concept qui embrasse les textures organiques enchevêtrées et les qualités de sous-bois terreuses dans les feuilles vertes et les tons de menthe fanée pour rafraîchir la palette. S'inspirant du feuillage des forêts, les broderies et les dentelles recourbées utilisent des motifs de verdure et des formes enchevêtrées qui mélangent des sensations lourdes et délicates.

Offre Exclusive

Les lecteurs de FashionUnited peuvent obtenir un accès gratuit au Rapport de Tendances « Preview » de Trendstop Printemps/Eté 2018, contenant l’essentiel de la saison. Cliquez sur la bannière pour découvrir ces nouveautés.

Matières clés pour le Printemps/Eté 2018

Trendstop.com est l'un des principaux bureaux de tendances du monde pour les professionnels de la mode et de la création, réputé pour son analyse et ses prévisions de tendances perspicaces. Parmi ses clients on retrouve H&M, Primark, Forever21, Zalando, Geox, Evisu, Hugo Boss, L'Oréal et MTV.

Photos : courtoisie de Trendstop, de gauche à droite : Kadet, Christian Dada, Les Benjamins, Rajesh Pratap Singh, Alex Mullins, Schnayderman's, Mooyul Vlades, Liam Hodges, Angelos Frentzos, Automne-Hiver 2017-18.

Des absents, une belle recrue, la Fashion Week de New York poursuit sa mue

La semaine de la mode démarre jeudi à New York sans plusieurs de ses grands noms, partis à Paris ou à Los Angeles, mais avec la belle recrue Raf Simons chez Calvin Klein, sur fond de mutations continues. Attraction de la saison dernière, avec son défilé dans une fête foraine, Tommy Hilfiger a ainsi préféré cette année le soleil de la Californie aux frimas de New York. Tom Ford, Rebecca Minkoff et Rachel Zoe en ont fait de même, tandis que Rodarte, Hood by Air et Fenty, la marque de la chanteuse Rihanna avec Puma, mettent le cap sur Paris pour profiter du "buzz" de la semaine de la haute couture en juillet.

"C'est intéressant parce que jusque très récemment, Los Angeles était un peu en retrait pour les designers", commente Christina Binkley, qui couvrait la mode pour le Wall Street Journal jusqu'en décembre et prépare un livre. Pour elle, ces déplacements relèvent d'une stratégie marketing pour faire des défilés des événements planétaires, plus seulement destinés aux professionnels. "Los Angeles est un endroit sexy. C'est facile d'avoir des célébrités (aux défilés)", souligne-t-elle. "Cela vous permet de générer plus de trafic sur internet quand vous montrez" une collection. "C'est la ville parfaite pour les défilés orientés vers le consommateur."

Mais New York n'a pas dit son dernier mot. Elle pourra compter, lors de cette semaine qui démarre jeudi pour s'achever le 16 février, sur un nouveau poids lourd, le Belge Raf Simons, transfert à sensation de la haute couture et Dior vers le prêt-à-porter et Calvin Klein. Sa première collection, présentée vendredi, pour la marque devenue célèbre pour ses jeans et ses sous-vêtements sera l'événement de la Fashion Week. L'autre sensation sera, comme les saisons précédentes, le rappeur et créateur Kanye West, qui va présenter la cinquième collection Yeezy, en collaboration avec l'équipementier sportif Adidas. "Les vêtements n'auront probablement rien d'excitant mais c'est un phénomène avec son grain de folie", observe Christina Binkley. En toile de fond, quelques historiques animeront le calendrier, tels Marc Jacobs, Ralph Lauren, Oscar de la Renta, Michael Kors, Carolina Herrera ou Alexander Wang.

Politique ou pas?

New York conserve aussi sa légitimité par sa propension à ouvrir son espace à de jeunes créateurs prometteurs. Certains commencent à s'établir comme Monse, Sies Marjan ou Brandon Maxwell. La capitale culturelle des Etats-Unis est aussi ouverte aux expérimentations en matière de format. C'est à New York qu'a démarré, il y a un an, la vague des collections disponibles immédiatement à la vente après leur présentation, un mouvement qui doit encore être confirmé. Certains créateurs y ont aussi tenté, depuis un an, de montrer des vêtements de saison et de supprimer le traditionnel décalage de six mois que les consommateurs comprennent de moins en moins. "Nous sommes probablement au commencement d'une révolution. Il y a eu quelques prémices, mais aucune bataille n'a encore été gagnée", prévient Christina Binkley.

La semaine de la mode de New York sera aussi la première de l'ère Trump, ce qui pourrait constituer un thème d'inspiration. Après l'élection présidentielle, plusieurs designers avaient affiché leur refus d'habiller la Première dame, Melania Trump. Mais depuis la promulgation du décret migratoire du nouveau président, très peu de voix issues de la mode se sont fait entendre. "C'est une industrie globale", rappelle Christina Binkley. "Il est certain que chaque marque est affectée d'une façon ou d'une autre, que ce soit ses employés, ses clients ou ses sous-traitants." La semaine de la mode hommes, il y a quelques jours, a été marquée par les initiatives de plusieurs créateurs, notamment Robert James, qui a fait défiler ses modèles avec des pancartes hostiles à l'administration Trump. Pour la semaine de la mode femmes, le puissant syndicat américain de la mode (CFDA) a lancé une opération de soutien au planning familial, dont le financement fédéral est menacé, par le biais de badges distribués durant les défilés.

Plusieurs des designers au programme ont fait le déplacement à Washington, le 21 janvier, pour la marches des femmes, parmi eux Mara Hoffman, la créatrice de Creatures of Comfort ou Maria Cornejo. Elles ont, pour quelques jours, l'occasion de s'exprimer sur une scène observée par le monde entier.(AFP)

Photo: Jonathan Simkhai, September 2016, NYFW Facebook

American Vintage partenaire du Festival de Hyères

American Vintage a annoncé son partenariat du 32ème Festival International de la Mode et de la Photographie de Hyères. La marque marseillaise crée ainsi le Prix de la photographie American Vintage.

Chacun des 10 candidats présélectionnés par les membres du jury devra réaliser un tirage unique à partir d’une sélection de pièces American Vintage. Les 10 tirages seront exposés pendant toute la durée du festival au sein de la villa Noailles.

La dotation, d’une valeur totale de 15 000 euros, dont 5 000 euros destinés au photographe lauréat, consiste en une commande d’une série mode. Le lauréat sera désigné par le jury parmi les dix photographes sélectionnés. La 32ème édition du Festival de la Mode et de la Photographie à Hyères aura lieu du 27 avril au 1er mai 2017.

Désireuse de donner du sens à ses projets, la marque prend depuis quelques années une orientation résolument artistique. À l’occasion de ses 10 ans, American Vintage a offert un tremplin à 10 jeunes talents. Depuis, les collaborations se multiplient allant de Margaux Keller, jeune designer, à Inès Longevial, artiste contemporaine, mais également Baliboa et La Pantoufle à Pépère. American vintage multiplie les partenariats culturels avec le Festival de Cannes, les Nuits de la Guitare en Corse, On Air à Marseille.

Photo : American Vintage