À Milan, la frénésie des JO laisse place à celle de la Fashion Week
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Le monde de la mode fait son retour à Milan cette semaine, ramenant le glamour des podiums dans la grande ville du nord de l'Italie, quelques heures seulement après le départ des athlètes et spectateurs des Jeux olympiques d'hiver.
Des centaines d'acheteurs et de journalistes vont déferler sur la capitale de la mode à partir de mardi pour la Fashion Week automne-hiver 2026-2027. Au programme : plus de 50 défilés signés par les plus grands noms du luxe italien, parmi lesquels Dolce & Gabbana, Prada et Giorgio Armani.
Ces défilés, prévus jusqu'au 2 mars, arrivent à un « moment de visibilité extraordinaire pour Milan », entre les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 et les Jeux paralympiques, a déclaré le maire Giuseppe Sala aux journalistes plus tôt ce mois-ci.
Mercato de la mode : des débuts très attendus
Les aficionados de la mode attendent avec impatience la première collection de Maria Grazia Chiuri pour Fendi. La créatrice chevronnée, passée par Dior et Valentino, revient ainsi dans la maison de luxe romaine où elle a débuté sa carrière il y a 35 ans, aujourd'hui propriété du géant français LVMH.
Tous les regards se tourneront aussi vers le podium de Gucci. Le public scrutera les silhouettes inaugurales présentées par le nouveau directeur artistique Demna Gvasalia, anciennement chez Balenciaga. L'enjeu est de taille : voir si sa vision sera suffisamment convaincante pour aider à renverser une longue période de déclin des ventes au sein de la marque phare du groupe Kering.
Un secteur du luxe en quête de second souffle
Les festivités de la semaine offriront une distraction bienvenue face à la myriade de défis auxquels est confrontée l'industrie du luxe. Le secteur lutte contre un ralentissement mondial de la demande depuis deux ans, alimenté par une inflation élevée, des turbulences économiques et des incertitudes géopolitiques.
L'avertissement lancé le mois dernier par le PDG de LVMH, Bernard Arnault, selon lequel « 2026 ne sera pas simple non plus », illustre la difficulté d'un redressement immédiat. De son côté, Carla Capasa, présidente de la Chambre nationale de la mode italienne, a précisé que le chiffre d'affaires de l'industrie en Italie ne devrait augmenter que de 1 % en 2026.
Le secteur a également été récemment endeuillé par la disparition de deux créateurs légendaires qui ont incarné l'art de la couture italienne : Giorgio Armani, décédé en septembre à 91 ans, et Valentino Garavani, mort en janvier à l'âge de 93 ans.
Vert, blanc, rouge : l'héritage olympique sur les podiums
Le 6 février dernier, la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver avait rendu un vibrant hommage à Armani, dont la marque Emporio Armani habille les athlètes italiens depuis 2012. Des mannequins vêtus de costumes de satin verts, blancs et rouges y avaient défilé pour reproduire le drapeau tricolore. Le top model Vittoria Ceretti portait d'ailleurs une robe blanche à col montant signée Armani, rappelant celle de Carla Bruni lors des Jeux de Turin en 2006.
La communication officielle de cette Fashion Week surfe elle aussi sur la fièvre olympique. Les affiches présentent des mannequins dans un paysage alpin, arborant des équipements sportifs vintage (patins, skis) provenant du Musée olympique de Lausanne.
Si les JO d'hiver devaient rapporter 320 millions d'euros de chiffre d'affaires à la ville, la Fashion Week de février génère généralement autour de 200 millions d'euros, selon Alessia Cappello, conseillère municipale. « Les deux événements s'influencent mutuellement. Certains viennent pour la mode et restent pour les Jeux, ou inversement », a-t-elle souligné.