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Mode |INTERVIEW

Angel Sanchez: "J'ai la chance de pouvoir habiller deux générations de mariées"

By Anne-Sophie Castro

29 avr. 2017

Pour la première fois en Europe, le créateur vénézuélien installé à New York a présenté ses modèles il y a quelques jours au Palau de Pedralbes, dans le cadre de la Barcelona Bridal Night.

“Je ne suis pas nerveux mais très excité de défiler ici », a expliqué Angel Sanchez quelques heures avant son show à FashionUnited. « Je défile à New York depuis des années et c’est une ville que je connais bien, les clients, les boutiques et les journalistes sont mes amis. Mais ici tout est nouveau pour moi. Ça m’intrigue assez de savoir comment le public va recevoir mes créations, c’est pour cela que j’ai accepté l’invitation. Barcelone est une belle ville et la Barcelona Bridal Fashion Week (BBFW) est reconnue à l’international », a t-il dit.

Architecte de formation, Angel Sanchez se dédie à la mode depuis trente ans. « J’essaie de créer une mariée contemporaine et d’éviter les excès. Mes robes sont fraîches, féminine et dépurées. Je fais très attention aux détails pour que l’ensemble soit contemporain. Mon travail est sobre et les matières que j’utilise sont en général la gaze de soie ou l’organza et je construis les volumes sur plusieurs couches voluptueuses et sans tissus rigide. Je n’aime pas les robes de mariées trop lourdes ».

Pour cette nouvelle collection de 2018, la rose est le fil conducteur. Il utilise le blanc cassé rosé, « une couleur très pâle comme une option au blanc et quelques mouvements qui rappellent la fleur ». Il développe aussi une technique où la rose est la protagoniste afin de pouvoir interprêter cette fraîcheur qu’il aime tant.

“Je réalise de petites collections de 15 à 16 robes. Mais ici j’ai décidé d’en apporter 32, dont 16 nouvelles. Les autres robes sont des pièces iconiques ou robes du soir qui représentent bien mon style. Je veux que les gens connaissent mon travail. »

“Avec les mariées, je peux faire de la mode”

Pendant l’interview réalisée à Fira Barcelona Gran Via –où se trouvait momentanément le showroom du créateur- une jeune femme vénézuélienne nous interrompait, très enthousiaste de pouvoir saluer son coompatriote Angel Sanchez qui avait créé la robe de marié de sa mère quelques années auparavant. « J’ai la merveilleuse opportunité de pouvoir habiller deux générations de femmes, les filles de mes mariées. Je vis en évolution constante. En tant qu’artiste, je veux de la nouveauté et si je devais répéter les mêmes modèles, je me retirerais. Avec les mariées, je me suis rendu compte que je peux faire de la mode, voir l’évolution des codes des robes de mariées. Ce n’est pas la même chose d’habiller la mère de cette jeune fille que de l’habiller elle. Je ne peux pas les habiller pareil. Je deviens de plus en plus dépuré dans mon style. J’enlève au lieu d’ajouter. Cependant mes robes ont toujours un détail ou un mouvement dans les tissus qui impactent.

Il semblerait que la génération des Millénials s’habille avec moins de tissus et dénudent souvent plusieurs parties de leurs corps. « Sans être sexy –car je crois que le sexy est vulgaire- la mariée Millenial doit se voir sensuelle et porter une robe délicate. »

“Barcelone a beaucoup à enseigner à New-York”

Angel Sanchez avoue avoir été impressionné par le niveau d’organisation de la semaine. « Le groupe qui m’a accueilli est très professionnel. Le service est impécable. Barcelone de ce côté à beaucoup à enseigner à New York. Ce type d’évènement n’existe pas là-bas. Nous présentons des défilés indépendants car il n’y a pas de vraie coupole pour tous les regrouper. Avec le Bridal Council, dont je fais partie, nous avons tenté une édition spéciale mariées, mais cela n’a pas marché ».

Actuellement, Sanchez commercialise principalement ses robes aux Etats-Unis, son meilleur marché, puis au Japon et au Moyen-Orient. « Malgré que dans cette dernière région, je ne vend pas autant. Mes robes sont peut-être trop simples par rapport à ce que l’on me demande là-bas.

“Mon auto-critique me fait me questionner sans arrêt. J’aime évoluer et projeter dans le futur. Je vis dans le présent et je profite pleinement de mon travail. »

Photos: Défilé d’Angel Sanchez au Palau Pedralbes, Barcelone. Courtoisie: Ángel Sánchez.