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Burberry renoue avec les défilés physiques après deux ans d'absence

By AFP

14 mars 2022

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Image: Burberry

Londres - « Retour à la réalité, retour aux émotions » : Burberry a renoué vendredi à Londres avec les défilés physiques pour la première fois depuis le début de la pandémie, l'Italien Riccardo Tisci y célébrant, en dehors de la Fashion Week, sa vision de l'identité britannique.

Prenant possession de l'imposant Central Hall de Westminster, une ancienne église située au cœur de la capitale britannique, les mannequins de la marque au célèbre imprimé quadrillé ont défilé au rythme de l'orchestre contemporain de Londres, qui jouait sur place accompagné d'une centaine de choristes. Pour ce défilé, Burberry avait décidé de son propre calendrier, boudant la Fashion Week de Londres (18/22 février) où la marque est généralement l'une des plus attendues.

« Je pense qu'on doit défiler quand on est prêt », a expliqué à des journalistes le directeur artistique de la marque, Riccardo Tisci. Or, le styliste italien « a eu le Covid trois, quatre fois » et Burberry « a eu des gros changements cette saison, entre le départ de Marco (Gobbetti, ex-directeur général), l'arrivée de Jonathan (Akeroyd), les nombreux cas de Covid. »

Après deux ans sans public, celui-ci faisait quasiment partie du défilé. Debout, les quelque 300 invités sont d'abord restés dans l'obscurité avant de voir les mannequins descendre les escaliers de l'ancienne église et se faufiler dans la foule, montant et descendant sur des tables qui avaient été disposées --avec assiettes et couverts-- au milieu des convives.

« C'était important pour moi d'explorer ce que ça signifie d'appartenir, comment nos racines influencent notre identité et comment le pouvoir de la communauté et du sentiment d'être ensemble sont vraiment ce qui donne du sens au monde », a expliqué Riccardo Tisci à l'issue du show.

Identité britannique

Pandémie oblige, Burberry n'avait pas organisé de défilés avec public depuis deux ans. Et même si la marque avait réinventé le rendez-vous en s'adaptant au contexte sanitaire, organisant par exemple en 2020 un défilé en pleine forêt retransmis en direct sur la plateforme Twitch, « ça fait du bien » de revenir sur une présentation plus classique, assure Riccardo Tisci.

De nombreuses célébrités avaient répondu présentes. Parmi elles, la mannequin Kate Moss, égérie de longue date de la marque, mais aussi Naomi Campbell, Carla Bruni, ou encore l'acteur américain Adam Driver. Pour sa collection automne/hiver 2022, l'Italien, arrivé chez Burberry en 2018 après des années chez Givenchy, a revisité les classiques de la maison fondée en 1856. L'incontournable trench, pièce iconique de la marque, a été agrémenté de chaînes, porté en robe ou encore imprimé avec des motifs en trompe-l'œil.

L'occasion pour lui de célébrer « l'essence intangible de l'identité britannique », dans un pays « où vous avez des skinheads, vous avez des punks et un passif de briser les codes, mais en même temps vous avez la réalité de l'élégance de l'aristocratie anglaise ».

À son arrivée, l'Italien avait pour mission de donner un nouveau souffle à la marque et la rapprocher des « millenials ». Burberry a d'ailleurs lancé cette semaine une collaboration avec le label new-yorkais de vêtements streetwear Supreme, poussant des centaines de jeunes à se précipiter aux portes de l'enseigne londonienne jeudi.

Le défilé a eu lieu quelques semaines avant que le Britannique Jonathan Akeroyd, ancien directeur général de Versace, ne prenne les rênes du groupe britannique. En juin dernier, l'annonce du départ de Marco Gobbetti avait inquiété les investisseurs. Mais le groupe de luxe a publié en janvier des ventes en hausse de 5 pour cent sur un an pour les trois mois terminés à Noël ainsi que des prévisions de résultats encourageantes.

À la suite de l'invasion russe de l'Ukraine, le groupe britannique a suspendu ses livraisons en Russie, invoquant des « difficultés opérationnelles ». Si la Russie peut apparaître comme une terre de prédilection pour le luxe, elle ne représenterait en réalité qu'une part réduite de leur chiffre d'affaires : à peine 1 pour cent selon Kering ou Burberry, 2 pour cent d'après LVMH. (AFP)