Seul le bruit sec des bouchons de champagne qui sautent vient perturber le martèlement des sabots : au Prix de Diane, rendez-vous incontournable de la jet-set hippique au château de Chantilly, près de Paris, le "concours d'élégance" est aussi disputé que la course de chevaux.

Panier à pique-nique, bouteille de rosé bien frais et, dans de nombreux cas, chapeau tantôt raffiné, tantôt excentrique: un peu plus de la moitié des 40.000 spectateurs venus dimanche au "Prix de Diane" avaient enfilé leur plus élégante tenue.

Baptisé "French Oaks" par les Britanniques, en référence à la fameuse course anglaise d'Epsom Oaks, le Prix de Diane voit défiler les plus belles pouliches d'Europe depuis 1843, mais également les plus belles démonstrations de "l'élégance à la française", dans le cadre idyllique du château de Chantilly, à une heure au nord de Paris.

"Le Prix de Diane, c'est l'élégance avant toute chose, c'est un événement unique au monde", assure André Berteau, un ancien jockey habitué du Prix Diane, même si d'autres courses dans le monde mettent l'accent sur l'élégance, comme le célébrissime "Ladies Day" à Ascott, en Angleterre.

"Parce que déjà, il n'y a qu'un hippodrome avec vue sur un château, entouré de forêts. On a vraiment beaucoup de chance à Chantilly", ajoute le connaisseur, son haut-de-forme posé selon un angle soigneusement recherché.

Si beaucoup viennent pour la course, ils sont encore plus nombreux à n'être là que pour voir et être vus, en particulier les quelque 300 participants au Concours d'élégance, qui n'ont accordé qu'une importance relative à la victoire de la pouliche anglaise Laurens, donnée à 7 contre 1.

Parmi les dix premiers de la compétition, qui ont défilé devant un jury incluant la Miss France 1998 Sophie Thalmann, figuraient un gigantesque couvre-chef noir et rouge aux allures de fleur tropicale, un chapeau cloche doré des plus chics et une variation d'une coiffe de matador.

Une bonne partie des candidats au seul trophée qui comptait était des modistes professionnels voulant saisir l'occasion de montrer leurs plus beaux chefs-d'oeuvre.

Certains ont puisé leur inspiration dans l'événement lui-même, ornant leur chapeau de chevaux ou de flutes de champagne. D'autres ont été plus originaux, comme ces jeunes diplômés d'une école de chapellerie ayant choisi pour thème "Alice au pays des merveilles": l'un était déguisé en Reine de coeur, l'autre en service à thé du Chapelier fou.

"Je voulais quelque chose de très grand et de très féminin", se justifie Nadège Monett, 23 ans, se penchant légèrement pour montrer la théière et les soucoupes perchées sur sa tête, tout en coinçant sous son bras un parapluie en forme de flamant rose.

Non loin de là, une femme tenait fermement une vague chose rose et dorée fragilement posée sur sa tête. "Ca va si je ne tourne pas ma tête vers la droite", se rassure-t-elle.

Johanna Contremoulins, une responsable des ressources humaines de 27 ans venue de Normandie, a décroché cette année le titre très convoité de "Mademoiselle Diane", pour une confection en spirale rose agrémentée de feuilles pointues.

Sara Rose, elle, n'a pas réussi à se classer dans le tiercé de tête, mais l'Irlandaise se consolait en rappelant que son élégante tenue blanc immaculé, surmontée d'un chapeau noir style torero, venait des marques de prêt-à-porter bon marché Primark et New Look.

"Ca ne rime à rien si on gagne en ayant dépensé 3.000 balles pour sa tenue", estime Rose, qui travaille pour la course hippique de Newmarket, en Angleterre.

Pour elle, le concours d'élégance de Chantilly se place nettement au-dessus de son équivalent anglais, le "Ladies Day" (jour des dames) à Ascot où, après une bouteille ou deux de champagne, l'élégance est largement dissoute dans les bulles. "Mais nous ne sommes pas encore à la fin de la journée", dit-elle dans un rire. (AFP)

 

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