De la lumière et des stars : les temps forts de la semaine de la haute couture
Paris - De la mini-robe lumineuse aux pièces entièrement réversibles, en passant par la présence de stars comme Bad Bunny ou Pedro Pascal, voici cinq éléments marquants de la semaine de la haute couture à Paris qui s'achève jeudi.
Habit de lumière
Avec ses tons de vert incrustés de fines ramifications lumineuses, la créatrice néerlandaise Iris Van Herpen a présenté une mini-robe étincelante.
Ce look surprenant, baptisé Fractal Universe, ne comportait ni LED, ni autre dispositif lumineux, mais a été "chargé" dans un accélérateur de particules qui, dans les jours précédant le défilé, a transformé la robe en un réservoir d'énergie avec des milliards d'électrons piégés, a expliqué l'artiste.
Avant le show, le vêtement a commencé à se décharger et les ramifications lumineuses se sont peu à peu étendues à sa surface. "Depuis des années, l'idée de créer un vêtement tissé uniquement à partir d'énergie m'attire. Nous avons façonné la haute couture à partir de solides, de liquides, de matière vivante et même de gaz. C'est la première fois que nous travaillons avec le quatrième état de la matière, le plasma", a-t-elle commenté sur les réseaux sociaux.
Inspiration végétale
Les deux maisons les plus scrutées de la semaine, Chanel et Dior, ont présenté des collections largement inspirées par la nature, avec des silhouettes remplies de détails végétaux.
Chez Chanel, Matthieu Blazy a fait référence à des contes célèbres comme "Jack et le haricot magique" dans ses looks, parmi lesquels une robe ornée de plantes grimpantes brodées ou un ensemble recouvert de papillons noirs. La proposition de Jonathan Anderson, directeur artistique chez Dior, incluait également des motifs naturels, comme des fleurs brodées sur un look plissé vert.
"Toutes ces allusions végétales sont très liées à la passion de Christian Dior, à l'époque déjà, pour les jardins", a expliqué à l'AFP Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.
Vice-versa
"Pourquoi le vêtement devrait-il rester figé? Comment le rendre plus vivant? Et si chaque création contenait sa propre métamorphose?": Alexis Mabille continue d'interroger les codes de la mode. Mardi, le créateur français a présenté sa collection "Dual", qui joue sur les retournements et les inversions.
De lourds manteaux ou fourreaux de velours noir se sont changés en un instant en des robes or ou argent. Parfois, tirer un simple fil a suffi pour passer de l'endroit à l'envers, de l'ombre à la lumière, avec tous les modèles qui étaient réversibles.
Tradition indienne
Rahul Mishra s'est inspiré des grottes d'Ajanta, des cavernes artificielles bouddhistes situées dans l'État du Maharashtra, pour sa collection, où se distinguaient des silhouettes sculpturales richement ornées dans des tonalités de gris.
Manish Malhotra a rendu hommage à la maternité avec des robes comprenant des figures en relief de mères et d'enfants. Ces créateurs apportent une vision venue d'ailleurs, explique Pierre Groppo. "Ils ont chacun des univers qui sont très imprégnés de leur culture indienne."
Bad Bunny, Pedro Pascal...
De nombreuses stars féminines assistent généralement aux défilés de haute couture, de la rappeuse Cardi B à l'actrice Cate Blanchett. Mais, cette fois, de grands noms masculins ont été aperçus dans le public. Le chanteur Bad Bunny se trouvait ainsi au premier rang du show de Schiaparelli, vêtu d'un costume jaune pastel et d'une cravate dorée en forme de tresse.
Au défilé Chanel, l'acteur Pedro Pascal a été vu dans un ensemble blanc et un pull marinière. Et, chez Dior, Josh O'Connor est apparu dans un tailleur fluide de la maison, présenté à Paris quelques jours auparavant.
"La haute couture s'intéresse, regarde vers les hommes", souligne Pierre Groppo, en notant la présence jusqu'ici peu habituelle de ces personnalités. Il existe peut-être "une volonté de parler aussi à un public qui va au-delà des clientes traditionnelles".