Faire de la pub sur Instagram : pertinent ou pas?

La mode et Instagram ont entamé une relation d’amour passionnel dès les premières heures de l’application en octobre 2010 et ce n’est que justice: avec son mode de fonctionnement focalisé sur le partage de photos et de vidéos, l’application disponible sur quasiment toutes les plates formes mobiles correspond en tout point aux besoins insatiables qu’a la mode de s'accaparer sans cesse de nouveaux contenus et autant de nouveaux désirs. Dès 2011, Apple l’avait désigné comme « application de l’année » et selon une étude parue en décembre 2013, par SumAll, Instagram serait le meilleur réseau social pour générer des ventes. La France est désormais le premier pays non anglo-saxon à s'ouvrir à la publicité sur l’application.

Un raz-de-marée donc. Faut-il pour autant voir en l’application qui a rendu accros la planète mode (au point que celle ci délaisse désormais massivement facebook) comme la panacée pour les marques de mode? A priori, on aurait tendance à répondre oui et trois fois oui, tant le réseau social attire d’annonceurs mais aussi des marques , comme par exemple Etam, qui font appels aux instagramers influents et qui rémunèrent leurs photographies.

Instagram : une viralité limitée ?

Certains spécialistes des réseaux sociaux sont cependant moins affirmatifs. C’est le cas de Cédric Deniaud, directeur conseil du cabinet The Persuaders. Dans une analyse publiée ce jour par le site e-marketing.fr, le spécialiste des réseaux sociaux pointe du doigt les faiblesses de l’application. Tout d’abord son audience. 10 fois inférieure à celle de Facebook (2,6 millions de visiteurs uniques contre 26 millions d'utilisateurs actifs en France. Cette donnée est cependant largement contrebalancée par le fait qu’Instagram affiche un taux d’engagement 60 fois supérieur à celui de facebook.

L’autre défaut d’Instagram, c’est que son audience vieillit déjà au fur et à mesure que son audience progresse, contrairement à Line ou Snapchat qui s’adressent aux 16-18 ans. Un autre inconvénient, plus important celui là, est qu’Instagram ne permet pas de recruter de nouveaux inscrits car « il n'est pas possible de mettre un lien dans un post pour rediriger le trafic vers son site Web, contrairement à d'autres réseaux sociaux comme Pinterest par exemple". Ce « défaut » pourrait cependant bientôt etre supprimé puisqu’aux Etats-Unis, Instagram a lancé Carousel, un nouveau format qui permet de voir plus d'images et d'information sur les publicités, ainsi qu'un lien vers un site web choisi par l'annonceur en faisait défiler l’image vers la gauche.

L’autre limite du réseau concerne également sa viralité réelle ou supposée : "Les utilisateurs vont liker les images publiées par la marque, mais sans logique d'amplification derrière », note Cédric Deniaud toujours cité par e-marketing.fr. La raison qui empeche cette amplification reside qu’il n’existe pas de bouton natif dans l’application pour partager la photo sur Instagram, contrairement à Tumblr ou Facebook par exemple.

Ces bémols apportés par le spécialiste, il n’en reste pas moins qu’Instagram reste un outil superbe pour les marques. Toujours sur e-marketing.fr, Alaistair Cotterill, responsable du développement créatif d’Instagram note que « Faire de la publicité sur Instagram correspond parfaitement aux modes de consommation actuels des médias - sur mobile et en mobilité ». A l’heure actuelle, l’application sert 70 millions d’images quotidiennement dans le monde entier.

 

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