Garçon Français : Interview avec Vicky Caffet, fondateur de la marque de sous-vêtements

Garçon Français est une marque de sous-vêtements et de prêt-à-porter pour homme créée en 2012. Ses produits sont tricotés à Troyes, confectionnés à Troyes et étiquetés à Troyes, capitale du tricot et de la maille. Garçon français crée des boxers et des slips, marines, blancs ou bicolores, en apposant sa griffe sur l'élastique. La marque propose aussi des débardeurs unis ou des sweatshirts. Les modèles Garçon Français proviennent d'un savoir-faire ancestral et la marque s'emploie à garantir une fabrication de qualité cent pour cent Made in France, dans toutes ses gammes de produits. Rencontre avec Vicky Caffet, le fondateur de Garçon Français.

Comment est née la marque Garçon Français ?

En tant qu'étudiant à Miami, j'étais fan des sous-vêtements de la marque AussieBum (Australie). J'ai adoré son approche produit autant que sa manière de communiquer. De là est né le projet Garçon Français. De retour en France, après deux ans en tant que Chef de zone export, un matin j'ai eu le déclic. J'ai démissionné de l'entreprise. J'ai réfléchis sur un business model et j'ai travaillé le projet à fond en à partir de février 2012. En octobre la même année, la marque était lancée.

Garçon Français : Interview avec Vicky Caffet, fondateur de la marque de sous-vêtements

Votre marque était présente au Salon du Made in France, est-il important pour vous de revendiquer l'identité française dans vos créations ?

Oui, c'est important car la totalité de nos produits sont fabriqués en France. Cela fait partie d'une démarche globale qu'on revendique. La marque étant essentiellement commercialisée sur Internet, cela permet d'échanger avec les consommateurs qui viennent pour acheter français.

Quels sont les autres salons où la marque présente ses collections ?

Chaque année nous sommes présents au Salon de la lingerie, pendant Who's Next. Ce rendez-vous annuel permet d'étendre notre réseau de boutiques. Dans l'entreprise, on est cinq en commercialisation et distribution, en fabrication 10. Nos effectifs progressent chaque année.

Garçon Français : Interview avec Vicky Caffet, fondateur de la marque de sous-vêtements

Quelle est la matière de prédilection de vos créations et pourquoi ?

Les sous-vêtements Garçon Français sont en coton (93 pour cent) et élasthanne (7 pour cent). Nous avons effectué des tests, ce mélange est idéal assurer le confort et le maintien, on conserve également le touché du coton avec.

En marge des sous-vêtements et des maillots de bain, vous proposez des débardeurs, des t-shirts et des sweatshirts. Le prêt-à-porter représente-t-il un nouvel axe de développement pour Garçon Français ?

Les clients et les boutiques ont fait la demande de débardeurs et de t-shirts, car nos hauts peuvent être portés de jour (prêt-à-porter). Mais 80 pour cent de nos ventes proviennent des sous-vêtements. Nous souhaitons évoluer vers une proportion de 75 pour cent en sous-vêtements et 15 pour cent en prêt-à-porter. Parce que pour continuer à fabriquer en France il est impératif de se spécialiser.

Vos créations sont parfois colorées mais assez sobres, pensez-vous développer des imprimés ou utiliser des nouvelles matières ?

Notre identité, c'est le coloris uni et assez sobre. Cet été, on a lancé des tissus imprimés, mais ils sont tout de même discrets. On souhaite vraiment rester sur l'élégance à la française.

Garçon Français : Interview avec Vicky Caffet, fondateur de la marque de sous-vêtements

Aujourd'hui, dans quels pays la marque est-elle disponible physiquement ?

La marque est distribuée chez des détaillants en France et en Russie. 15 pour cent de notre chiffre d'affaires est réalisé en Europe. Pour l'instant nous souhaitons nous développer à l'international et sur l'Europe proche.

Quels est votre best-seller, slip ou boxer ?

Le boxer ! Le boxer touche tout type d'homme. De plus, les femmes sont réticentes sur le slip. C'est un modèle qui correspond aux plus de soixante ans ou à la communauté gay. On pensait toucher une clientèle citadine et jeune, de 25 ans à 45 ans. Aujourd'hui, on touche des clients de 30 à 60 ans. Ils viennent chez nous parce le nom plait et que la fabrication est française. Nous vendons 40 pour cent de shortys (boxer court), 40 pour cent de boxers et 20 pour cent de slips. Le boxer Garçon Français est disponible au prix de 34 euro environ (shorty), le modèle long est à 37 euro, le slip à 34 euro et les chaussettes coûtent 9,90 euro.

Qu'est-ce qui différencie vraiment un sous-vêtement Garçon Français d'un modèle d'une marque historique ?

La coupe ! Car les marques installées depuis très longtemps ne peuvent pas se permettre de s'éloigner leur clientèle.

Pourquoi ne pas produire vos modèles en Asie ou au Maghreb pour développer votre chiffre d'affaire ?

Si nous faisions fabriquer nos créations dans ces régions on pourrait obtenir un coût de production 10 fois moins cher, pour une qualité quatre fois moins chère. Mais nous essayons de cultiver une certaine éthique en évitant de vendre un produit qui a fait le tour du monde avant de revenir dans le pays où il est distribué. Un sous-vêtement Garçon Français parcours environ seulement cinquante kilomètres pour sa fabrication.

Comment parvenez-vous à vous imposer dans le sous-vêtement masculin face aux marques étrangères proches de votre univers ?

On essaie de jouer sur la qualité des produits. On mise sur l'art de vivre à la française, on met en avant le french lover, le côté sexy du Français à l'étranger. Nous avons misé sur la qualité des coupes et des matières premières et le confort. Nos étiquettes sont en satin et non imprimées. On met en avant le travail de nos ateliers. Le bouche à oreille fonctionne bien pour nous faire connaître, ainsi que notre présence sur les réseaux sociaux (10.000 followers environ).

Vos mannequins présentent des corps parfaits, n'avez-vous pas peur de freiner les consommateurs qui n'afficheraient pas une telle plastique ?

On pourrait prendre le parti de choisir des mannequins qui ressemblent à tous les hommes, mais même si les gens ne s'identifient pas, au niveau des ventes, ça se ressent. C'est une question d'image, pour mettre en avant le produit, le mec doit être "bien foutu".

Visuels : Garçon Français / © DR. (propos recueillis en février 2018)

 

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