Imane Ayissi : « L’Afrique n’est plus la seule région du monde à être exclue de la mode internationale »

Imane Ayissi, artiste pluridisciplinaire inspiré par la danse et l’architecture, définit la mode comme un « savoir vivre ». Il vient d’être élu « membre invité » par la Fédération de la Haute-Couture et de la Mode (FHCM) et défilera le 23 janvier dans le calendrier officiel de la Semaine de la Haute-Couture. Une consécration extraordinaire pour cet originaire du Cameroun qui se fait valoir la place de premier créateur d’Afrique sub-saharienne en rejoignant le rang des meilleurs au monde. Ses créations s’imprègnent de l’artisanat africain, utilisent des matières précieuses et organiques et se combinent aux tendances actuelles dans une démarche de production éthique et durable.

Comment définiriez-vous votre style ?

Je ne suis sans doute pas le mieux placé pour le définir. Je dirais que c’est de la couture contemporaine, qui mélange des inspirations africaines avec une allure parisienne, et qui reste simple même sur des silhouettes qui peuvent être très ornementées.

Comment votre double culture influence-t-elle votre travail?

Elle définit mes créations je pense. J’ai envie de raconter des histoires africaines, d’intégrer des savoir-faire africains, en particulier textiles, mais je suis en même temps complètement perméable à l’environnement parisien dans lequel je vis la plupart du temps, donc je crée des vêtements pour aujourd’hui et qui peuvent se porter dans n’importe quelle partie du monde.

Vous venez d'être élu « membre invité » à la FHCM. Que cela représente-t-il pour vous et quels avantages cela suppose-t-il ?

C’est tout d’abord une reconnaissance de mon travail par la profession puisque, pour être inscrit, il faut être accepté par une comission qui regroupe les représentants des plus grandes Maisons de Haute Couture, des marques les plus prestigieuses (Dior, Chanel…etc), c’est donc assez gratifiant personnellement. Par ailleurs, ma candidature à été parrainée par Francesca Bellettini de la Maison Saint Laurent: Yves Saint Laurent est une référence absolue pour moi et j’admire la façon dont Franccesca Bellettini a su maintenir l’esprit de la Maison tout en la ramenant dans le monde contemporain. Le fait que je suis le premier créateur originaire d’un pays d’Afrique sub-saharienne est aussi important symboliquement, cela montre que cette partie du monde n’est plus la seule région à être exclue de la mode internationale. Enfin, j’espère que cela va permettre une plus grande visibilité et plus de notoriété à ma marque.

Selon vous, quelle est aujourd’hui la place de l’Afrique dans la Haute-Couture ?

L’Afrique est depuis longtemps présente dans la Haute Couture comme inspiration. Mais jusqu’aujourd’hui, l’Afrique sub-saharienne en était complètement absente en termes de savoir-faire, de textiles et surtout de créateurs. L’Afrique est présente dans la Haute Couture, mais jusqu’à présent toujours racontée par des non-africains.

Imane Ayissi : « L’Afrique n’est plus la seule région du monde à être exclue de la mode internationale »

Vous défilerez dans quelques jours à Paris. Quel sera le thème de votre collection ?

Cette collection sera intitulée « Akouma » ce qui signifie « la richesse » en langue Ewondo du Cameroun.

Où vos collections sont-elles distribuées ?

Mes pièces de prêt-a-porter sont distribuées principalement à Paris chez « Front de Mode », à Lagos chez Alara, en ligne sur , et dans diverses boutiques à Rabat, Nairobi, Yaoundé… etc.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

J’ai divers projets pour ma ligne de prêt-à-porter, mais je ne peux pas vraiment en parler à ce stade, un projet d’exposition à Stockholm au Printemps et puis, bien sûr, continuer à créer.

Photos : Imane Ayissi

 

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