Jason Wu va mettre la laine merinos en avant dans sa prochaine collection

La mode cherche des solutions pour pallier à l’absence de dynamisme auquel elle doit faire face depuis la crise de 2008. L’une de ces solutions sera peut être de faire redécouvrir la matière à ses clientes.

L’avènement du prêt à porter à la fin de la seconde guerre mondiale a été un réel progrès qui permit de démocratiser la mode à toutes les couches de la population. Ce processus de démocratisation a connu son point culminant avec l’essor des géants comme H&M et Zara qui proposent de remarquables produits mode à des prix accessibles à tous. Pourtant ce progrès s’est accompagné d’une perte de connaissance dans le domaine du textile.

Jusqu'à la fin des années 60, pratiquement une femme sur deux faisait ses vêtements elle-même ou les faisaient faire chez la couturière du quartier. Ce système imposait de connaître les qualités et les défauts de chaque tissu. C’était une connaissance réelle, nos grands mères connaissaient véritablement le vêtement « sous toutes les coutures » : elles savaient distinguer une bonne ou une mauvaise façon, elles savaient expertiser un tombé à l’avance rien qu’en examinant les fibres d’une étoffe. Les magazines de mode de l’époque suggéraient non seulement à leurs lectrices des modèles – parfois accompagnés de patrons - mais aussi des fabricants de tissus qui étaient alors les principaux « annonciers » (on ne disait pas annonceurs) des revues. Les lectrices examinaient scrupuleusement le style des tenues mais aussi la provenance de leurs étoffes. Le crêpe de chine, le crêpe Georgette, la Rayonne, la faille Giralda étaient des mots du vocabulaire courant. Cette connaissance s’est perdue dans des proportions inimaginables. Bien peu de monde connaît encore la différence entre un jacquard et un imprimé.

Jason Wu va mettre la laine merinos en avant dans sa prochaine collection

« Fibre naturelle, recyclable et biodégradable »

Jason Wu utilisera de la laine mérinos dans sa prochaine collection ; la collection printemps-été 2017 qui sera présentée à New York dans quelques semaines. C’est une association entre le créateur new-yorkais et la Woolmark Company qui a envoyé un communiqué de presse pour annoncer la nouvelle. On y apprend que Jason Wu s’est rendu en Australie sur les terres où est produite la laine mérinos, « fibre naturelle, recyclable et biodégradable ». Ce voyage s’inscrivait dans le cadre du récent partenariat noué entre la Woolmark Company et Jason Wu, nommé ambassadeur de l’autorité mondiale de la laine. « La laine mérinos a toujours fait partie intégrante de mes créations », explique le créateur. Mais ce partenariat avec The Woolmark Company m'a vraiment permis d’explorer davantage les qualités de cette fibre pour une utilisation estivale. Ma collection printemps-été 2017 fait tomber les barrières conventionnelles entre les différentes saisons. Grâce à la laine, j'ai pu concevoir des créations luxueuses à porter toute l'année. »

« Désireux de dessiner une collection sophistiquée, intemporelle et libérée de toute saisonnalité, Jason Wu a mis à l’honneur la laine dans sa collection printemps-été 2017, composée de nombreuses pièces certifiées Woolmark, indique le communiqué. Naturelle, ‘respirante’ et ultra-douce, la laine mérinos offre également un maniement et un drapé excellents. Elle était donc de fait le matériau de base idéal pour sa collection. En choisissant d’y faire figurer un grand nombre de pièces en laine mérinos, le couturier témoigne de son désir de créer des vêtements trans-saisonniers, sans contraintes liées aux quatre saisons ».

« Les pièces en mailles de la collection sont faites à partir de fils de laine mérinos fine dans une combinaison de teintes profondes, vives et saturées. Pour ses pièces tissées, Jason Wu a utilisé la technique du dévoré pour imprimer dans le tissu un motif en pointillés délicat et subtil. Il a également eu recours à un tissu ultra-léger, doux et moderne ainsi qu’à un autre tissu de laine tissée : une gaze en tissage ouvert très douce, imprimée dans une coloration pastel du motif choisi pour cette saison ».

Jason Wu va mettre la laine merinos en avant dans sa prochaine collection

Il s’agit donc ici d’une opération de promotion d’un acteur important du textile. The Woolmark Company appartient à l’Australian Wool Innovation, une société à but non lucratif détenue par plus de 24 000 producteurs de laine. La société travaille tout au long de la chaîne d’approvisionnement mondiale et investit dans la recherche, le développement et le marketing de la laine australienne.

Cette opération de promotion nous semble importante, non pas seulement pour les informations de style qu’elle contient, mais aussi parce qu’elle est le signe d’une tentative de positionner la matière au cœur des réflexions du consommateur, de les sensibiliser sur les avantages de la fibre, et in fine d’orienter à terme, et en connaissance de cause, leurs achats.

Crédit photo: The Woolmark Company DR ; archives L’Officiel 1949.