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La mode cherche de nouvelles passerelles. Quelques exemples de cross-over

By Herve Dewintre

27 janv. 2016

Mode

L’art de vivre n’a jamais autant eu la cote. Parfois même au détriment de la mode. Les chiffes l’attestent : si les français ont toujours envie de se faire plaisir, il n’en reste pas moins vrai que dans le budget des consommateurs, les arbitraires se font désormais au détriment des vêtements. La mode doit donc chercher de nouvelles pistes, créer des passerelles avec d’autres univers pour exalter des envies inédites.

Cette fashion week parisienne a démontré que les principaux influenceurs étaient à la recherche de nouveaux catalyseurs. Au salon Tranoï homme et preview (pré-collections femme) qui avait pris place à la Cité de la Mode et du Design ce week end, Armand Hadida a par exemple, pour la première fois, fait une large place au parfum. Le salon ne s’est pas contenté de proposer une sélection de marques choisies mais a essayé de tisser, grâce à un concept de cabine d’essayage à parfum mis en scène par le designer Philippe Di Méo, des liens sensitifs entre le textile et la fragrance en essayant de retranscrire par le biais de l’odeur, l’essence du tissu (le lin ancestral, le cuir végétal, le néoprène etc.). Un véritable exhausteur de sensations insoupçonnées.

Fidèle à sa tradition d’exploratrice, la couture parisienne a elle aussi manifesté sur les podiums cette envie de défricher de nouveaux sentiers. On pense à l’utilisation de drones sur le défilé du collectif On Aura Tout Vu qui a proposé une expérience proche du programme « The Beautiful Dress » mis en place par intel (pour rappel, le constructeur américain de microprocesseur a développé des applications pour le textile qui permettent par exemple à certains éléments d’une tenue de s’envoler. Effet scénique assuré) ou encore à Julien Fournié qui associe depuis plusieurs saisons entre la Haute Couture et les nouvelles technologies par le biais d’une collaboration étroite avec le fashion lab de Dassault Systèmes.

« La mode dans l’assiette »

L’exemple la plus frappant de cette volonté de construire des passerelles inattendues se déroule pour quelques jours encore rue de Berri à l’hôtel Lancester. L’élégant établissement parisien a tout d’abord réuni quatre créateurs (Conny Gronewegen pour son projet Electric Co. ; Ralph Vaessen pour sa collection de lunettes réalisées en corne, Bettina Vermillon et ses chaussures « archi-designées » ; Neith Nyer avec son installation « best of »). Non seulement pour permettre à ces quatre créateurs de présenter leurs collections automne-hiver 2016-2017 dans la luxueuse suite Marlene Dietrich, mais aussi pour proposer un cross-over singulier mais bienvenu entre la mode et la gastronomie.

Julien Roucheteau, le chef étoilé de la Table du Lancaster (deux étoiles au Guide Michelin) a en effet souhaité traduire « la mode dans l’assiette » en créant de fil en cuisine un menu différent en collaboration chacun des designers. Il est possible de réserver une table chaque soir pour savourer cette cuisine couture en présence des créateurs. Et pour parachever cette pulsion de respirer de nouvelles inspirations, l’établissement a également invité l’Ecole Esmod Roubaix, à présenter une sélection des collections de fin d'année des élèves de la promotion de Juin 2015 dans tout l’hôtel.

en photo : 1: Tenues Esmod Roubaix présentées dans l'ensemble de l’hôtel Lancaster; 2: défilé Haute Couture été 2016 "jet lag yourself" par On Aura Tout Vu