La mode espagnole relooke le "Mah Jong" de Roche Bobois

Roche Bobois rencontre la mode espagnole. La marque de meubles haute-gamme a présenté sa première collaboration avec dix marques et créateurs espagnols dans le cadre de la fashion week de Barcelone « 080 Barcelona Fashion ». Après Kenzo, Missoni, Sonia Rykiel et Jean-Paul Gaultier, c’était au tour d’Agatha Ruiz de la Prada, Andrés Sardá, Avellaneda, Custo Barcelona, Devota & Lomba, Ion Fiz, Juana Martín, Purificación García, Rossy de Palma et Xevi Fernandez de relooker le célèbre canapé de la maison : le Mah Jong.

Il y a quelques temps, la marque française organisait des opérations similaires avec des artisans plasticiens du Mexique ou d’Angleterre et cette année, Roche Bobois a choisi de s’allier à la mode espagnole et de récolter des fonds pour l’ONG Orphan Aid Africa avec la vente aux enchères de ses modèles exclusifs.

La mode espagnole relooke le "Mah Jong" de Roche Bobois

”Nous rénovons nos gammes avec de vraies rencontres”

Pour Nicolas Roche, le fils de François Roche, fondateur de Roche Bobois, il est intéressant d’allier la mode à la décoration. Le directeur des collections de la Maison, explique que la marque travaille avec la mode depuis déjà 25 ans avec l’intervention de designers sur le modèle emblématique du Mah Jong, un gros coussin carré qui fait office de canapé et fabriqué dans la région de Bologne en Italie. « Le point de rencontre entre la mode et les sièges est le tissus. Avec ces nouvelles créations, il ne s’agit pas de fabriquer un siège plus solide avec des matières plus résistantes, mais plutôt de donner une pleine liberté aux artistes pour qu’ils puissent intégrer leur propre vision. Le défi de « comment faire sortir le Mah Jong de son écrin et le faire évoluer ?» est un travail très nourrissant, non seulement pour les créateurs mais aussi pour notre marque car nous pouvons, par ce biais, ajouter de nouveaux modèles à nos collections. Ces unités sont exceptionnelles et uniques. Les acheteurs de ces créations, qu’ils soient collectionneurs de mode, suiveurs de créateurs ou des gens qui tombent tout simplement amoureux d’une pièce, peuvent l’adapter à n’importe quelle composition, dans une chambre, un salon ou un hall d’entrée par exemple. Ce qui est intéressant c’est qu’il est facile de jouer avec ces coussins en les associant à d’autres styles et couleurs avec des tissus unis ou imprimés pour en faire un canapé plus complet ».

En tant qu’éditeur de meubles, Roche Bobois collabore avec des marques de mode d’une façon très exclusive. « Nous ne cherchons pas à enchaîner nos collaborations comme on enfilerait des perles à un collier », explique Nicolas Roche. « Nous sommes très ouverts et nous aimons rechercher des talents en dehors de notre propre structure, en France et à l’étranger pour rénover nos gammes avec de vraies rencontres », ajoute-t-il.

Lisa Lovatt-Smith aux commandes de l’ONG Orphan Aid Africa

La vente de chaque Mah Jong « espagnolisé » sera reversée dans son intégralité à l’ONG Orphan Aid Africa, une organisation fondée par l’ancienne directrice de Vogue Espagne à Paris et auteure d’ouvrages sur le design et la photographie, Lisa Lovatt-Smith. Cette femme barcelonaise et de parents anglais, habite aujourd’hui dans les îles Canaries. Elle travaille pour aider des enfants du Ghana en leur apportant les ressources nécessaires pour les alimenter et les éduquer. « Avec 30 euros par mois on peut aider un enfant africain », lance-t-elle.

En 2002, Lisa Lovatt-Smith travaillait encore pour Condé Nast (Vogue) et cette année-là, elle décidait de changer de vie pour se dédier aux autres. « J’ai vu tellement de problèmes et de souffrance en Afrique que j’ai voulu contribuer à changer les choses », dit-elle. En parallèle de l’ONG, elle poursuit sa carrière de journaliste en mode et décoration et écrit des livres. « Je reviens juste de Sardaigne de chez les Missoni. Je vais collaborer dans la publication d’un nouveau livre de Francesco Missoni sur l’art de vivre », raconte-t-elle à son arrivée à la 080 Barcelona Fashion.

Le projet de créer un « canapé nomade » l’a tout de suite plu. « J’ai toujours rêvé de pouvoir allier mes trois passions : la mode, la décoration et l’humanitaire », ajoute-t-elle. « En plus, je n’aime pas demander de l’argent pour l’ONG, je préfère des actions comme celle-ci où la mode et la charité vont de pair. On crée et on apporte quelque chose. » La créatrice espagnole Rossy de Palma est la marraine de l’évènement et la totalité des fonds sera reversé à l’ONG. Après Barcelone, Madrid prendra la relève et accueillera à son tour l’exposition pendant la Mercedes Fashion Week de Madrid. Celle-ci sera suivie d’une vente aux enchères des dix créations, du 20 octobre au 3 novembre.

La mode espagnole relooke le "Mah Jong" de Roche Bobois

Près de 2 000 euros sont estimés pour la vente de chaque Mah Jong

La maison d’enchères Ward House sera chargée de vendre en ligne les dix fauteuils. « Le prix de départ des modules du Mah Jong est de 600 euros », explique Grégory Dias, directeur commercial de Roche Bobois Espagne et Portugal. «Cependant nous espérons atteindre un prix moyen de 2.000 euros sur chaque pièce vendue. Dans d’autres ventes aux enchères, comme celle que nous avons réalisée à Mexico l’an dernier, les pièces se sont vendues au dernier moment », dit-il. Pendant la vente, il y aura un module blanc avec l’autographe de chaque participant au projet –qui ne sera pas mis en vente- où les gens pourront envoyer leurs dons. C’est un moyen de récolter des fonds en faisant en sorte que chaque personne puisse participer en toute liberté en donnant ce qu’ils veulent ». Le directeur raconte qu’à Mexico, Roche Bobois a pu récolter sur ce même genre d’opération un total de près de 40.000 dollars aux enchères.

Le monstre gentil de Xevi Fernandez

Un des créateurs présents à l’évènement, Xevi Fernandez, a imaginé le Mah Jong comme le « MAE : Monstrum post octo », un montre gentil qui vit dans des espaces domestiques. « J’ai choisi le néoprène et la couleur vert menthe avec de petites taches noires pour représenter cette grande mâchoire où les gens allaient s’assoir en toute confiance car ce monstre est affectueux et inoffensif », explique-t-il. « Il s’alimente du contact humain quand les gens se relaxent dans sa mâchoire inférieure ». Xevi Fernandez raconte qu’il n’a eu que deux semaines pour créer ce fauteuil. « Au début je ne savais pas quoi faire, on m’a appelé pour remplacer un créateur qui ne pouvait pas participer au projet. J’étais indécis et j’ai finalement choisi ce thème de bouche ouverte (qui puisse dévorer les gens…). « Roche Bobois est une marque prestigieuse et participer à ce projet me donne une visibilité internationale que je n’ai pas car je suis encore jeune et j’ai présenté mon premier défilé l’an dernier. Le design en général me fascine, je suis donc ouvert à toute autre proposition, que ce soit en mode ou en décoration ». En septembre, Xevi Fernandez présentera sa collection de mode féminine à Madrid, « une collection inspirée des erreurs graphiques avec des imprimés et des coutures mal définies », décrit-il. Le plus beau reste à venir.

Photos: FashionUnited. Vue de l'exposition, Lisa Lovatt-Smith, le Mah Jong de Xevi Fernandez.

 

Sur le même sujet

PLUS D'ACTUALITÉ

 

LES DERNIÈRES ANNONCES D'EMPLOI

 

LES PLUS CONSULTÉS