Le Mont Saint-Michel, un label de marque et d’hommes

C’est en mémoire de ses racines bretonnes que la marque Le Mont Saint-Michel puise dans ses archives familiales un patrimoine d’une grande richesse. Entre nature et culture, le style français de chaque époque, décliné en moleskine de coton et autres matières durables, est remis au goût du jour pour plus de fonctionnalité et de modernité. Rencontre avec Alexandre Milan, le successeur de la marque vintage.

Qui portrait Le Mont Saint-Michel à l’époque ?

Ce label est emblématique de notre région. Le Mont Saint-Michel habillait les gens du terroir, les artisans et leurs familles.

Enfant, j’avais l’habitude de les voir porter ces tenues parfois usées qui leur donnaient une vraie allure. C’est un label de légende. Ici, tout le monde se souvient de ses grand-parents ou oncles qui portaient nos vêtements, c’est trés motivant de poursuivre cette aventure de marque et d’hommes.

Mon projet était de préserver ce beau patrimoine, la qualité et la fonctionnalité, avec style et modernité.

Quelle est votre définition d’une « mode lente » et comment la marque s’inscrit-elle dans ces valeurs ?

Prendre son temps. Réfléchir et ressentir. Choisir un vêtement dans lequel on se sent bien et avec lequel on vivra des moments forts.

Nous utilisons des matières durables, solides. Notre moleskine (tissu de nos iconiques vêtements de travail) est un bon exemple. Elle est quasiment inusable et se patinera avec élégance et confort. Consommer moins pour consommer mieux !

Le Mont Saint-Michel, un label de marque et d’hommes

De quelle façon mettez-vous en lumière le patrimoine stylistique français ?

En puisant dans nos propres archives et en faisant appel a notre mémoire du style français. Chez nous c’est une culture qui se transmet de mère en fils.

Nos collections de mailles sont entièrement réalisées à partir de nos archives familiales. Ce sont des témoignages du style de chaque époque, d’un savoir faire très ancien parfois. Les remettre au goût du jour c’est un plaisir de découverte, partagé par toute notre équipe, à chaque nouvelle saison.

Quels produits et tissus composent vos collections ?

La Moleskine de coton est le tissu emblématique de nos labels depuis 1913. C’est un tissu rare et difficile à maitriser mais d’une solidité incomparable. Méfiez vous des imitations ! Pour la maille, nous utilisons beaucoup de laine mérinos extrafine, de Mohair d’Afrique du Sud et d’Alpaga du Perou.

De plus, nous utilisons des matériaux recyclés et organiques, comme c’est le cas du pull en fil recyclé. Il a été tricoté avec un fil français, cent pour cent recyclé et réalisé avec des fibres majoritairement naturelles issues des déchets de l’industrie textile. Nous diminuons donc l’impact environnemental de la fabrication de ce pull à 98 pour cent. C’est aussi un choix qui influe sur la qualité : ces fibres ont déjà été utilisées et lavées de nombreuses fois: de ce fait, elles ne peuvent pas déteindre, boulocher ou se briser.

Le Mont Saint-Michel, un label de marque et d’hommes

Dans quelle mesure Le Mont Saint-Michel représente-t-il l’art de vivre français ?

Nos vêtements on traversés 105 ans d’histoire française, c’est assez unique. Nous attachons beaucoup d’importance à la culture française, ce sont nos racines. Nous dessinons et concevons nos collections dans un lieu unique, familial, plein d’histoire et de moments de vie, dans la campagne Bretonne.

Travailler ici, c’est vivre en pleine nature au quotidien, un peu loin de tout. Notre style s ‘inspire aussi des rythmes de la nature, de cette culture. Entre la Bretagne et Paris, les moments entre amis et le travail passionné.

Quels avantages offrez-vous à vos consommateurs concernant le respect de l’environnement?

Notre objectif premier est de sauvegarder un patrimoine français textile : celui de la maille et du vêtement de travail, celui de notre famille, des archives textiles que nous conservons depuis 100 ans dans notre studio. Cela passe également par la sauvegarde de filières françaises spécifiques comme celui de la laine mérinos d’Arles avec laquelle nous avons travaillé pour lancer un pull en laine française.

Par ailleurs, nous lançons des recherches sur les matériaux recyclés qui ont déjà abouti dans le développement d’un pull réalisé à partir de chutes de l’industrie textile ce qui limite à 90 pour cent l’impact lié à la fabrication du pull. C’est une piste que nous considérons très intéressante et souhaitons poursuivre activement.

Afin de proposer des pulls respectueux de l’environnement et du consommateur, nous introduisons progressivement les fils portant le label RWS (Responsible Wool Standard) et bientôt les laines GOTS (bio) mais cela nécessite que nos fournisseurs en amont en assure une plus grande disponibilité.

Nos emballages cartons sont entièrement réalisés en carton recyclé et nos trajets à Paris sont réalisés en véhicules électriques ou en transports en commun y compris pour les livraisons express que nous faisons en vélo.

Enfin, 20 pour cent de nos vêtements sont des permanents, ce qui nous permet de limiter les allers/retours liés au développement des produits, et de travailler sur ces pièces afin d’améliorer leur processus de fabrication et limiter année après année leur empreinte écologique. La vitesse de l’industrie de la mode étant irréconciliable avec une attitude réellement écologique, nous sommes des fervents supporteurs de la slow-fashion. Le vêtement de travail en est un exemple parfait. L’idéal serait un ralentissement des collections saisonnières, ou une augmentation de la part des permanents dans notre gamme, qui permettrait, un jour, de généraliser ces efforts.

Le Mont Saint-Michel, un label de marque et d’hommes

Où sont distribuées vos collections ?

Dans notre flagship de Paris, au 96 rue vieille du temple dans le 3 ème et sur notre site marchand.

Quels sont vos projets pour 2020 ?

Gravir de nouveaux échelons sur le retail et le digital notamment.

Une histoire passionnante et unique en son genre...

« En 1913, tandis que Mademoiselle Chanel réinvente la marinière, que la Joconde dérobée au Louvre est retrouvée à Florence et que Proust publie « Du côté de chez Swann », on fabrique les vêtements de travail en moleskine Le Mont Saint-Michel à quelques kilomètres de la célèbre abbaye », explique la marque.

« Réputés pour leur qualité exceptionnelle, ces vêtements se reconnaissent à leur logo très graphique représentant le célèbre monument. Un logo unique décliné en grandes fresques sur les murs des fermes et des vieilles bâtisses dans tout l’Ouest de la France.

En 1919, Caroline Lesaffre, romancière à ses heures sous le nom de Caro Kyno, est émancipée et très en avance sur son temps. Elle décide de fonder une usine textile, les Tricotages de l’Aa, qui sert à la fois de fabrique et d’école aux nombreuses jeunes femmes dont les pères, frères et maris ne sont pas revenus de la guerre.

Le Mont Saint-Michel, un label de marque et d’hommes

Les vêtements de maille qu’elles créent sont très appréciés aussi bien par la grande distribution que par les créateurs de l’époque, et la légende des Tricotages de l’Aa se construit peu à peu tout au long du XXème siècle, tandis que les filles de la fondatrice lui succèdent.

En 1964, Patrice Milan, le petit-fils de Caroline, prends les rênes de l’entreprise et lui donne une ampleur inégalée en la dotant des premières machines de tissage ultra-performantes. Amoureux du patrimoine français, il décide d’acheter le château de Monthorin situé dans la Manche, dans la chapelle duquel repose le général de Lariboisière, et d’y installer les Tricotages de l’Aa.

L'entrée est marquée par un grand portail en fer forgé encadré de deux piliers en granit : un fronton curviligne, supporté par deux colonnes, surmonte la porte d'entrée. Les ateliers de fabrication, anciennes écuries, se situent dans un très long bâtiment construit en brique, dont les larges baies donnent sur un authentique jardin à la française : ce n’est décidément une usine pas comme les autres. Les Tricotages de l’Aa continuent de prospérer en produisant notamment pour de grands créateurs comme Agnès b., Gérard Darel ou encore Joseph.

En 1998, Alexandre Milan succède à son père à la tête de la fabrique, rachète le nom Le Mont Saint-Michel, (dont la fabrication a cessé d’exister) et en fusionnant deux des piliers de la maille de qualité française du XXème siècle, pose de nouvelles bases pour le XXIème: il s’agit de faire de la toute nouvelle marque Le Mont Saint-Michel la digne héritière de ses illustres ancêtres en mêlant savoir-faire et expertise, valeurs traditionnelles, qualité Made In France et design contemporain, pour une griffe tout à fait unique en son genre. L’héritage vintage authentique s'allie à la vision rock, chic et moderne d’Alexandre Milan, donnant vie à une French Touch à la fois rétro et avant-gardiste que les hipsters s’arrachent de New York à Tokyo. »

Photos : Le Mont Saint-Michel

 

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