Le petit monde du grand Jacquemus

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage », Joaquim du Bellay. Un vent du sud (du Lubéron) souffle sur Paris et déconcerte ses confrères. Il interpelle par sa simplicité et sa tenacité. Simon Porte Jacquemus porte en lui son amour pour sa mère, pour ses terres, et incarnerait même le renouveau de la scène parisienne.

Sur Instagram, le chemisier blanc à gros pois noirs et manches ballon est devenu «la » pièce mode de l’été. Du moins, dans la garde-robe des influencers les plus en vue comme Lindatol ou Jeanne Damas.

Simon Porte a eu le nez creux en le réinventant dans sa collection « Les Santons de Provence » puisqu’il s’agit du célèbre chemisier de Lady Di porté par la Princesse de Gales en 1983, qui a refait surface sur les podiums. Avec lui, la silhouette T -qui met l’accent sur les épaules- revient à la charge...

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À tout juste 27 ans, le chouchou de Rei Kawabuko, la fondatrice de Comme des Garçons, est devenu en peu de temps l’un des nouveaux talents de l’industrie. Ce fils d’agriculteurs, qui a « grandit dans les champs, pieds nus et libre de jouer avec les vêtements », dit-il, entamait un cursus scolaire à Esmod Paris qu’il abandonna quelques mois plus tard pour devenir, le temps d’un soupir, assistant du directeur artistique de Citizen K puis de lancer son propre label. Dans son élan, il remportait, il y a deux ans, le Prix LVMH. Ses collections minimalistes aux silhouettes innovantes et destructurées rendent hommage aux pièces classiques et à la campagne française du sud de la France où il y puise ses souvenirs d’enfance.

Une marque sérieuse qui ne se prend pas au sérieux

....MARSEILLE JE T'AIME....

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Une jeune homme simple et sans prétention qui plait aux celebrities telles que Solange ou Rihanna. Voilà ce que projette Simon Porte. En bon insider autodidacte, au début on le traitait d’amateur car ses vêtements étaient « mal construits ». « Beaucoup croyaient que Jacquemus était une blague. Que ce n’était pas une marque sérieuse car je ne me prends pas au sérieux », disait-il à Business of Fashion il y a quelques semaines.

De la douleur nait souvent la force de continuer à aller de l’avant. Simon Porte perdait sa mère à l’âge de 18 ans et en 2009, il se lançait à l’aventure et baptisait sa marque, « Jacquemus », en son honneur. Guidé par sa bonne étoile, l’un des plus jeunes créateurs de la fashion week de Paris a réussi à convaincre Net-a-Porter, Selfridges et Nordstrom de lui dédier un espace de vente.

Et même si le talent ne se transforme pas toujours en succès commercial, Simon Porte semble pouvoir équilibrer les deux et vise les six millions de dollars de chiffre d’affaires pour cette année. Sa stratégie est simple : créer des pièces faciles à porter et à des prix raisonnables. Pour environ 350 euros, Jacquemus propose des tops originaux « couture » à combiner sur des jeans, pantalons ou jupes de marques de la fast fashion.

Photo : Jacquemus, Collection FW2017 « L’Amour d’un Gitan ».

 

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