Le prix Woolmark se renforce d’année en année

Lancé ou plutôt ressuscité en 2012, l’International Woolmark Prize est l’ancêtre du « Concours du secrétariat international de la laine » organisé dès les années 50 par le secrétariat International de la Laine qui regroupait les syndicats d’éleveurs de mouton d’Australie, de Nouvelle-Zelande, d’Afrique du Sud et d’Uruguay. Le but de ce secrétariat était de promouvoir cette noble matière dans l’hémisphère Nord à une époque où la consommation textile s’envolait grâce au développement des synthétiques.

Dès sa première édition, ce concours annuel connut l’état de grâce et prouva la pertinence de son flair puisque son jury, composé de deux monstres sacrés - Christian Dior et Hubert de Givenchy - attribua son premier prix ex-æquo à deux inconnus qui devinrent par la suite, et en partie grâce à ce concours qui leur ouvrit toutes les portes, les deux plus grandes star de la mode de la fin du XXe siècle: ces deux inconnus étaient en effet Karl Lagerfeld, qui venait d’arriver en France et qui était alors agé de 21 ans, et du tout jeune Yves Saint Laurent qui venait d’avoir 18 ans.

Si bien lancé, et même si par la suite, le concours distingua des figures majeures de la mode, comme Ralph Lauren, Dolce & Gabbana, Donna Karan ou encore Romeo Gigli le concours s’enfonça pourtant dans une relative indifférence. Mais tout cela est du passé puisque depuis 2012, la Woolmark Company, qui remplace le feu secrétariat de la laine, a décidé de redonner à cet événement toute sa splendeur. Et pour cela, l’organisation à but non lucratif appartenant à l’Australian Wool Innovation, une société à but non lucratif détenue par plus de 25 000 producteurs de laine,
s’est donnée de luxueux moyens tant pas l’étendue de son organisation que par l’importance des prix discernés.

Un nombre croissant de partenaires et de distributeurs

Alors que l'édition 2015/2016 du Prix international Woolmark a déjà commencé, l’événement continue à prendre de l'ampleur. En effet, un nombre croissant de partenaires, distributeurs et créateurs sont prêts à y associer leur marque : cette année, il faut citer Czech Grand Design, l’association Dansk Mode & Textil, Fashion Council NL, l’Association des créateurs de mode de Turquie, le Flanders Fashion Institute, GQ France, la Fashion Week Mercedes-Benz de Madrid, Vogue Italie et Vogue Paris . L’International Woolmark Prize 2015/16 comprend six régions.

Les compétitions régionales auront lieu au mois de juillet à Shanghai (pour l’ Asie), Sydney (pour l’ Australie), Londres (pour le Royaume-Uni), Anvers (pour l’Europe), Dubaï (pour l’ Inde, le Pakistan et le Moyen-Orient tout confondu) et New York (pour les États-Unis). Un finaliste par catégorie sera sélectionné pour chaque région. Chacun recevra 50 000 dollars australiens afin de financer leur prochaine collection et sera invité à se rendre à la finale internationale. La finale régionale européenne qui aura lieu le 13 juillet prochain à Anvers sera organisée par le MoMu, Fashion Museum Province of Antwerp, et par le Fashion Department of the Royal Academy of Fine Arts Antwerp. Les six finalistes de la catégorie prêt-à-porter masculin se retrouveront au Pitti Uomo de Florence en janvier 2016. Les six finalistes de la catégorie prêt-à-porter féminin entreront quant à eux en lice à New York en février 2016.


Le concours accueille deux jurys afin de déterminer quels créateurs seront sélectionnés pour la finale mondiale dans les catégories prêt-à-porter masculin et féminin. Pour la finale régionale européene, le jury du prêt à porter masculin est composé de Walter Van Beirendonck, Simon Chilvers, Veerle Windels, James Sleaford, Fabrizio Servente. Le jury prêt à porter féminin comprend quant à lui An Vandevorst and Filip Arickx, Justin O’Shea, Christiane Arp, John de Greef et Colin McDowell. « Je suis très fier de faire partie du jury du Prix international Woolmark, dit Walter Van Beirendonck. Il s'agit de l'une des compétitions les plus anciennes du monde de la mode et elle a une valeur symbolique. Dans les années 1970, j'ai été sélectionné pour le Prix belge Woolmark avec Martin Margiela alors que nous étions tous les deux étudiants à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers. »
Deux marques françaises sont nominées pour la finale européeene : il s’agit de Harmony (catégorie homme) et de CristaSeya pour le prêt à porter féminin. Chaque lauréat recevra 150 000 dollars australiens (102 000 euros) et 100 000 dollars australien (68 000 euros) supplémentaires afin de soutenir leur production et le développement marketing nécessaires au développement de leurs collections.

 

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