Le styliste et directeur de la création Karl Templer a répondu aux accusations faisant suite à la publication de l'article de l'équipe d'investigation du Boston Globe, publié le vendredi 16 février 2018, sur les comportements inappropriés, l'exploitation et les abus sexuels dans l'industrie de la mode et dans lequel son nom était cité.

Niant les allégations de tout mauvais comportement de sa part, le styliste déclare dans un communiqué : "La semaine dernière, j'ai été cité dans une enquête du Boston Globe sur l'exploitation sexuelle des mannequins dans l'industrie de la mode. Cette industrie, comme d'autres, est loin d'être parfaite. Je soutiens pleinement le mouvement Me Too dans sa détermination à faire la lumière sur les mauvais comportements et à appeler tout homme qui utilise son pouvoir et sa position pour profiter de ceux avec qui il travaille. Mais je crois aussi que toute personne accusée de ce genre de comportement inapproprié mérite le droit d'être entendue - et que la transparence et la justice doivent s'appliquer à l'accusé aussi bien qu'aux accusateurs."

Le styliste poursuit : "Si j'ai déjà traité par inadvertance un modèle de façon irrespectueuse ou sans le moindre soin, je suis vraiment désolé. Mon travail en tant que styliste comprend l'ajustement des vêtements sur un modèle. Si j'ai déjà fait des ajustements trop rapides ou brusques, et que ma conduite a été mal interprétée, alors je m'excuse sincèrement. Mais je nie catégoriquement avoir jamais agi avec une intention injuste." Il ajoute : "Le changement de vêtements à plusieurs reprises par un styliste - sur trois décennies et peut-être des dizaines de milliers d'interactions - n'est pas la même chose que la prédation sexuelle, le harcèlement sexuel ou le fait de toucher avec l'intention de se satisfaire soi-même."

Le créatif ajoute : "Il m'est impossible de me défendre car je n'ai obtenu aucune information à laquelle je puisse répondre. Je comprends la politique du Boston Globe mais, dans ce cas, comment puis-je me défendre quand on a refusé de me communiquer des dates (même des années approximatives) ou des lieux, ce qui m'aurait donné la chance d'offrir d'autres témoins pour donner leur point de vue. On ne m'a pas dit si cela était censé avoir eu lieu il y a 25 ou 10 ou 5 ans ou l'année dernière. Cela rend presque impossible pour moi la réhabilitation de mon nom, de plus, je m'en trouve publiquement jugé et honteux.

Soutenu par certains professionnels du secteur, il témoigne : "Au cours des derniers jours, depuis l'apparition de l'article du Boston Globe, j'ai été submergé de messages de soutien de la part de nombreuses personnes qui ont travaillé avec moi pendant de nombreuses années, à plusieurs reprises et qui ont une connaissance et une expérience personnelles de mon travail, clients, photographes, agents, coiffeurs et maquilleurs, qui disent tous que je n'agirais jamais sans professionnalisme, que la personne décrite dans ces histoires ne ressemble en rien à la réalité, que je montre un profond respect pour les modèles et que les allégations sont invraisemblable étant donné les réalités des pousses à grande échelle." Le créatif conclu : "J'adore mon travail. J'aime la mode. Je suis fier de mon travail et j'ai la chance d'avoir eu l'occasion de travailler avec plusieurs de mes héros. Malheureusement, il y a des individus sans scrupules dans notre industrie qui exploitent abusivement leur position de pouvoir, comme c'est le cas dans de nombreuses industries. Ces personnes méritent d'être exposées, de faire face à la justice et d'être empêchées de travailler. Mais je ne suis pas l'un d'entre eux. […]"

Né à Londres, Karl Templer a bâti sa carrière dans la mode grâce à son travail, notamment pour Arena Homme Plus, W et les éditions française et italienne de Vogue. En 1998, le styliste s'est s'installé à New York. Il a collaboré avec des photographes de renom, comme David Sims et Mikael Jansson, avant de devenir le directeur artistique du magazine Interview en 2008. Le styliste entretient des relations avec des grands noms de la mode tels Calvin Klein , Dior, Coach , Tommy Hilfiger et Moncler. Les représentants de Dior et Moncler ont refusé de commenter l'article du Boston Globe. Les marques Calvin Klein, Coach et Tommy Hilfiger n'ont pas pu être joints par le titre au moment de la publication. Aux côtés du styliste star, l'article du Boston Globe a également cité Patrick Demarchelier, l'un des photographes les plus célèbres au monde pour ses couvertures de Vogue ou les portraits de la princesse Diana. Le Boston Globe a cité aussi David Bellemere, Greg Kadel, André Passos ou Seth Saba. L'article du journal fait suite à l'enquête du New York Times sur des allégations de mauvais comportements de Mario Testino et Bruce Weber. Condé Nast, Burberry et Michael Kors font partie des entreprises qui ont cessé depuis "l'affaire" de travailler avec ces deux photographes.

Plus de 50 mannequins ont parlé au Globe de nombreux mauvais comportements à caractère sexuel qu'ils avaient vécus au travail, depuis des attouchements non souhaités jusqu'à l'agression pure et simple. Karl Templer a été accusé par des modèles féminins pour des comportements inappropriés, y compris pour avoir "toucher leurs seins, toucher leur sexe ou retirer agressivement leurs sous-vêtements sans le leur consentement pendant les pauses." Les mannequins ont parlé sous la condition de l'anonymat par crainte de représailles.