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Leonard entre dans l’ère du digital avec Christine Phung

By Céline Vautard

4 oct. 2016

Mode |INTERVIEW

Introduction de pièces plus casual, tissus à l'aspect « holoïdale» et ambiance « Tropiques numériques », la griffe entame un doux renouveau stylistique. Objectif : rajeunir la clientèle et la distribution.

A la veille de ses 60 ans, la maison Leonard pourrait bien connaître une seconde jeunesse. Sous l’impulsion de sa nouvelle directrice artistique, Christine Phung, le défilé de la collection printemps/été 2017 a vu les fameux imprimés floraux, si chers à la griffe, prendre un accent plus casual. « L’idée est de proposer des vêtements adaptés à une garde robe plus contemporaine, plus jeune, et prochainement de développer de nouvelles lignes telles que le Swimwear, des robes de cocktails, des sacs à mains ou encore le créneau des pièces à manches avec de beaux manteaux », explique la créatrice de 37 ans.

Un vestiaire dans l’air du temps

Sur le podium, bombers et parkas se mêlent à de longues robes plissées-imprimées qui font partie de l’ADN maison. Les codes Leonard fusionnent avec des éléments issus de l'identité du sportswear, tout en conservant cette idée du luxe et de la villégiature inhérents à l'identité de la griffe. Cela donne des jeux de bords côtes colorés très graphiques, des tissus techniques à l'aspect « holoïdale », des nouveaux volumes de teddy et de pièces oversize qui apportent une dégaine plus actuelle. « Le mot d’ordre est Tropical digital sensuel », note Christine Phung. « J’ai imaginé une jungle moderne en remaniant les motifs fleuris chers à la maison de façon digitale, les inscrivant dans une nouvelle contemporanéité. J’ai également trouvé dans les archives un imprimé de palmes vertes magnifiques et j’ai demandé à la graphiste Leslie David de collaborer avec moi sur un print exclusif et de le recoloriser de façon à donner des taches de couleurs abstraites et débordantes ».

Une des dernières maisons françaises indépendantes

En parallèle des collections, Christine Phung imagine déjà pouvoir installer la marque sur le territoire du 3.0 avec le lancement dans un futur proche d’une première boutique en ligne. Il faut dire que la maison cent pour cent familiale n’est pas encore passée à l’heure du numérique. Très traditionnelle, celle-ci voit toujours le fondateur de la maison, Daniel Tribouillard, 81 ans, assister aux séances de travail dans les locaux de la très chic avenue Pierre 1er de Serbie à Paris (8e), aux côtés de ses filles Nathalie Tribouillard-Chassaing, directrice générale depuis 2011, et Virginie Tribouillard-Bienvenu, Directrice Générale déléguée. Ici, tout se fait encore à l’ancienne notamment pour les quatre dessinatrices qui composent à la main (sur de grandes feuilles de 1,40 mètre de côté) les délicats motifs fleuris, orchidée en tête. Des mélanges de couleurs uniques qui seront ensuite envoyés à l’impression en Italie. Dans les ateliers sont aussi conservées les archives de la maison (5 000 esquisses, dont 4 000 jamais utilisées encore !) depuis la présentation de la première collection de robes en jersey de soie par Daniel Tribouillard en 1968.

Redynamiser les ventes

Et c’est au Japon que s’est construite la réputation de la griffe française. Là-bas, Daniel Tribouillard est le seul Occidental à avoir pu créer des kimonos pour la famille impériale. Unique, sur les 110 boutiques dans le monde que compte la marque, 90 sont implantées au pays du Soleil Levant ! Mais aujourd’hui Leonard souhaite reconquérir un public plus jeune et international. « J’espère aider la maison à prendre le tournant du XXIème siècle, confie Christine Phung. Un tournant digital, avec des collections adaptées aux millennials (comprenez le génération née après l’an 2000). »

Photos: Silhouettes Leonard P/E 2017.