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Maud Barrionuevo raconte la Fashion Week parisienne, automne-hiver 21/22

By Julia Garel

16 mars 2021

La Paris Fashion Week automne-hiver 21/22 s’est terminée mercredi dernier et laisse dans son sillage plusieurs gimmick appuyés, embryon de tendances futures. Mais au-delà de la grammaire stylistique, les collections presque exclusivement diffusées en ligne sur la plateforme de la FHCM ont, à nouveau, été une expérience peu habituelle pour les professionnels du secteur. Maud Barrionuevo, directrice des Achats chez 24S - le site e-commerce du groupe LVMH - raconte à FashionUnited ce qu’elle retient de cette dernière édition.

Quel est votre ressenti concernant Paris Fashion Week, prêt-à-porter femme AH21/22 ?

L’atmosphère de cette dernière Fashion Week de Paris est très différente de ce que nous avons pu connaître par le passé avec les défilés en physique. Ce contexte pousse les différentes maisons à devenir plus créatives en développant de nouveaux formats pour présenter les collections, le plus souvent digitales. C’est le cas par exemple de Olivier Rousteing cette saison chez Balmain qui rend hommage au voyage dans son défilé vidéo et fait défiler les mannequins sur les ailes d’un avion Air France. Les maisons continuent également d’innover toujours plus dans le format de leurs invitations. Loewe invite à découvrir la nouvelle collection de Jonathan Anderson à travers un kit contenant un journal papier intitulé « Show in the News ». Chez Isabel Marant, c’est la nostalgie d’une cassette glissée dans un walkman qui nous invite à découvrir une playlist musicale.

Des marques ou des collections qui vous ont tapé dans l'œil ?

Cette saison est marquée par l’arrivée de nouveaux designers. Gabriela Hearst fait son entrée avec une première collection très attendue chez Chloé. Elle présente une mode durable mêlant inspiration sud-américaine et esprit bohème, fidèle aux codes de la maison. Robes rayées multicolores ou à franges, ponchos avec col doudoune, vestes en patchwork ou encore robes en maille se déclinent dans des matières recyclées de grande qualité - notamment le cachemire recyclé - et constituent les pièces phares de ce nouveau vestiaire. La maison Chloé s’engage également et collabore avec des structures associatives. La fondation néerlandaise Sheltersuit fournit par exemple aux réfugiés et aux sans-abri des manteaux transformables en couvertures pour les protéger du froid. C’est par la vente de sacs à dos réalisés à partir d’anciens stocks de tissus que Chloé finance la production de ces manteaux-couvertures présents sur le défilé - aussi en chutes de matériaux Chloé - et distribués gratuitement.

L’arrivée de Kim Jones chez Fendi a également été un moment fort de cette saison. Après son défilé Couture en janvier il rend hommage aux légendes de la mode et notamment à Karl Lagerfeld son prédécesseur dans sa première collection prêt-à-porter. Il dévoile des silhouettes féminines et luxueuses alliant sa vision de la mode aux codes signatures de la maison. Les lignes sont épurées et les textures luxueuses font écho à la première collection Haute Couture.

Quel est votre ressenti global de cette dernière saison femme, automne-hiver 21/22, toutes Fashion Weeks confondues ?

Nous remarquons une certaine transversalité des tendances depuis plusieurs saisons centrée autour des valeurs et d’une mode engagée. 1/ L’éco responsabilité reste au cœur des préoccupations des designers et un défi majeur pour l’industrie de la mode dans sa globalité. 2/ La cause féministe (par exemple avec Maria Grazia Chiuri chez Dior qui met en valeur depuis plusieurs saisons une femme forte et indépendante). 3/ La tendance genderfluid avec le développement d’une mode unisexe qui s’affranchit des genres.

Crédit : Maud Barrionuevo, 24S